I.IEOÜ-TSONC-CHEN , LI-CHI
Lieod Le Tsing-ming commence aujourd’hui, et
nous venons visiter les tombeaux de nos pères. Femme, notre fille et son mari ne sont-ils pas partis avant nous?
Li-cm. — Ils nous ont précédés depuis long-temps. Déjà la tente doit être dressée , les moutons doivent être tués; les gâteaux, les jambons, toutes les offrandes sont sans doute préparées, et le vin est chauffé. Les ombres de nos ancêtres et de nos parents n’attendent plus que nous. Nous allons brûler lepapier parfumé, et nous mangerons ensuite le reste des offrandes.
(1) On trouve dans ce volume, page i 3 i et suivantes, l’analyse de celle intéressante comédie , qui a été traduite , en 1817, par M. J. K. Davis, Il est hon toutefois d’avertir le lecteur que le nom du vieillard est I.icou-lsong-chcn ; celui de sa femme légitime, Li-chi ; le neveu s'appelle ln-sun.
A.VALECTES. 579
Lieou. — Je crains que nos enfans ne soient pas encore
Li-chi. — Je vous répète qu’ils sont partis avant nous. Lieou. — Mais croyez-vous qu’ils soient en effetarrivés ? Li-chi. — Depuis long-temps, sans doute.
Lieou. — Marchons donc. Ah! ne vous apercevez-vous pas que, dans le feu de notre conversation , nous avons déjà dépassé les tombeaux? Les voilà certainement; approchons-nous.
Li-chi. — C’est vrai, il faut revenir sur nos pas.
Lieou. — Nous y voici. Mais je n’aperçois aucune tente ! Je ne vois ni moutons, ni gâteaux, ni vin! Aucune offrande n’est prête ! Ah ! quel sera donc le sort des ombres de nos pères?
Li-chi. — Je crains que nos enfants ne se soient arrêtés en chemin.
Lieou. — Femme , autrefois vous n’auriez pas été si confiante.
Li-chi. — En .vérité, ils m’ont bien trompée.
Lieou. — Hélas, l’aspect de ces tombeaux est fait pour affliger ! « Voyez les épines et les ronces sortir de ces
• murs de briques et de terre , couvrir les cercueils eUen-
• valiir le lieu des offrandes. Où sont les arbres Lo-yang
• et Pé-yang?» Mais il me semble que quelqu’un a visité récemment cet endroit. «Qui peut y être venu? Est-ce
• mon gendre, ma fille, mon neveu, ou quelque parent » plus éloigné? Quelle désolation règne ici ! La terre ma- » récageuse n’a reçu ni la saveur des offrandes , ni les » parfums du thé ou du vin! A peine a-t-elle été remuée. » On n’y a point brûlé de papier , ni versé seulement une » tasse de vin chaud. » Cependant quelqu’un est venu ici il y a peu d’instans, et en est reparti.
Li-chi. — Oh! si quelqu’un y est venu, ce ne peut être qu’un pauvre misérable.
« Lieou. — Lui et moi le sommes donc également ! Les