‹ La Chine moderneChapitre 7 sur 38 · IMPRESSION GÉNÉRALE ET FORMATION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

IMPRESSION GÉNÉRALE ET FORMATION HISTORIQUE

ment au sud du fleuve Bleu. Néanmoins, pendant cette période troublée, les foyers ne passèrent pas au sud; au sud, c'est un autre pays, un autre climat, c'est véritablement en dehors de l'Empire. Mais les Tang, grands comme les Han, ayant reconquis la suprématie, reculent les limites données à l'Empire par leurs devanciers et le Chensi reprend toute sa gloire avec Singanfou comme capitale d'un empire qui passe de 46 millions d'habitants en 606 à 70 millions en 754. Plus au sud qu'Hangtcheo, dans le Tchekiang, capitale des Song, l'Empire chinois, même en pleine prospérité, n'a pas eu de grand rayonnement. Le Sud a vécu longtemps sous des régimes indépendants et depuis plus d'un siècle, c'est surtout dans ces régions que naissent les troubles qui font l'insécurité de l'Empire.

On ne peut pas dire encore sûrement si les premiers Chinois venaient de l'ouest et abordèrent le pays par la steppe, à l'est ou à l'ouest du Koukounor ; ou s'ils partirent de Birmanie pour s'introduire par le sud-ouest dans le bassin du Yangtse. Mais il n'est pas douteux qu'historiquement le foyer, autour duquel se constitua la Chine, doit être cherché au nord, dans le bassin du fleuve Jaune.

Ce que l'histoire établit à travers les temps, l'observation des lieux le confirme encore aujourd'hui : les centres d'activité de la Chine ne sont pas au sud du Yangtse. Les provinces bordant actuellement l'Empire au sud et à l'ouest, non seulement ne font pas partie de la plus vieille Chine : elles ne la complètent même pas, surtout aujourd'hui que Changhai, né au siècle dernier, l'emporte de beaucoup sur Canton comme

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centre commercial. Tout ce qui fait la force et la richesse d'un pays, l'administration, le sol fertile, le sous-sol riche, l'agriculture, les écoles, les voies de communication, naturelles ou artificielles, fleuves, chemins de fer, grand canal, le commerce et l'industrie, tout a son siège dans le Nord.

Chacun de ces centres se trouvant assez nettement déterminé géographiquement, si l'on passe en revue les différentes provinces de cette partie de l'Empire, on les aura étudiés chacun séparément. Au pays des charrettes, dans les plaines du Tcheli et du Honan, dans une partie du Chantong, du Nganhoei et du Kiangsou jusqu'à la mer, c'est l'agriculture. Au pays des porteurs, dans les montagnes du Chansi et du Chensi, la richesse minière. Au pays des barques, sur les deux lacs Toungting et Poyang joints par le Yangtse, dans les trois provinces de Houpé, Hounan et Kiangsi, on rencontre le trafic, l'industrie et l'instruction. Surtout le cours du Yangtse jusqu'à Changhai, se concentrent le commerce et les manufactures. Enfin, au Chantong, mille traditions se heurtent à la civilisation apportée par l'étranger. La Mandchourie sert de champ d'expériences aux tentatives de réorganisation faites par le gouvernement, et de champ clos pour les luttes que se livrent les peuples sur les lieux d'origine des ancêtres de la dynastie.

La géographie confirme ce que toute l'histoire indique : la Chine se suffit à elle-même et forme un tout cohérent, indépendamment de sa frontière méridionale et occidentale. Au nord est la tête, le commandement qui se centralise peu à peu; au nord, les souvenirs, les traditions; au nord, la fertilité et la richesse du sol; au nord, le champ de bataille où se décidera

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