IMPRESSION GÉNÉRALE ET FORMATION HISTORIQUE I
Nanling; à l'ouest, par les monts du Koeitcheo, du Sseu tchoan, du Chensi et du Chansi, que se développe l'histoire de Chine depuis les premiers âges de l'humanité. C'est à la fois le lieu géographique et historique du peuple chinois, un des plus anciennement organisés dans le monde, un des plus résistants aux poussées du dehors, un des plus solidement constitués, grâce aux tentatives de pénétration qui, loin de le désagréger, l'obligeaient à se cimenter solidement.
Dès les premières époques historiques, au temps de l'Empire féodal, on rapporte que l'empereur Yao l'Éminent fit pour la seconde fois, en 2346 avant notre ère, une tournée de chasse et d'inspection. Cette tournée était une institution gouvernementale qui dura jusque vers l'ère chrétienne. Périodiquement, l'empereur allait tenir des sortes de diètes nationales au pied des quatre montagnes de l'Empire, oii il convoquait les feudataires de la région. C'était, pour l'est, le Tai chan, dans l'actuelle province du Chantong; pour l'ouest, le Hoachan, dans le Honan; pour le nord, le Heng chan dans le Chansi; pour le sud, le Heung chan, dans le Hounan. Dans ces centres hiératiques et politiques, s'accomplissaient les sacrifices au souverain d'en haut, au soleil, à la lune, aux saisons, aux monts, aux fleuves et aux esprits : là aussi l'empereur validait les titres d'investiture des feudataires, régularisait et uniformisait le calendrier, les mesures, les rites, les vêtements, la musique, toutes institutions nationales. Dès ce moment, le bassin du fleuve Bleu était la limite méridionale extrême de la Chine, et il n'y avait dans la région du sud que des établissements clairsemés.
20 l'intérieur de la chine
Deux mille ans après, l'empereur Tsin Chehoangti avait sa capitale à Hienyang, dans le Chensi actuel, et des quarante préfectures que comptait l'Empire à cette époque, cinq seulement étaient au sud du bassin du Yangtse. Ce n'était pas, en effet, le sud, mais l'ouest qu'il était important de tenir. De ce côté, pour se défendre contre les Huns devenus très puissants, on construisait, dès 244 av. J.-C, la grande muraille par morceaux : les rois de Tsin, de Tchao et de Yen, dont les États étaient en bordure des Huns, protégeaient chacun leurs préfectures respectives par un mur de défense. Du pays de Tsin, on gagnait au sud le bassin du fleuve Bleu en descendant son affluent le Han et, à l'est, en suivant le fleuve Jaune, on atteignait les primitifs territoires chinois : le bassin de la Hoai, domaine de Fouyi le Dompteur, dont on place le règne de 4477 à 4363, et le Chan-tong au nord, domaine du rebelle Kong Kong. Tout ce qui est au delà des monts du sud, les peuplades du Foukien en lutte contre celles du Tchekiang, les peuplades des deux Koangs, à peine si l'on commence à en parler sous les empereurs de la dynastie des Han. En i38 av. J.-C, à la cour où ils demandent assistance, on n'a aucune considération pour eux ; c'est seulement après cette époque que, grâce aux explorations de Tangmong et de Seumasiangjou, les pays des deux Koangs, le Yunnan et le Koeitcheo devinrent les marches méridionale et occidentale de l'Empire.
Cependant, après la brillante expansion des Han au sud vers le Tonkin, au nord dans la Transbaïkalie; à l'ouest, vers la Caspienne en 3 17, les Huns et les Toungouses ayant pris leur revanche l'Empire chinois, réduit à vingt-six millions, se transportait momentané-