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CHAPITRE IX

Moeuns BT COUTUMES,

Costamc des gt-us aa-dcnsas du commun. — Détention de» ’arroos à

feu prohibée par les lois. — Costumes d’été et d’hiver Rareté du

linge.» — Usage général des fourrures et des pcaui. — Uuiformilé des mode» qui sont réglées par un tribunal particulier. — Singuliers honneurs rendus aux magistrats «erlueux Barbiers-chinois.

— Habillements des femiiies. llabj,tatiuns. — Description-d'aqe

maison de plaisance. — Couverture des toiti, , — '^Jardins.

Meubles. — Goût des Chinois pour le» antiques. - — 'Voyages'par * terre — Postes du gouvernement. Itiqéraires» imprimé». — - Voyages par eau. — Bateaux de transport. — Passage d’une éçlme . sur le canal. — Les mêmes procédés en»{)loyés iUy 6co an». *

Un Chinois dont la toilette est faite a«tispendu autour de ses reins une foule d’objets qu’un franger, ‘à là pre-' mière vue, pourrait prendre pour des ustensiles de guerre^ - . . mais qui, après un examen plus attentif, se trouv’ent ■

être d’une nature extrêmement pacifique; ce sont, psr ^ exemple, un fourreau de soie renfermant un éventail , * un peüt sac de cuir, assez semblable à. une giberne, SUS' pendu au ceinturon, contenant une pierre à fçu et an briquet pour allumer la pipe; puis une bourse brodée renfermant du tabac. C’est ainsi du moins que le’ docteur . * .

Abel décrit l’aspect du premier Chijnois,, bien’ .vêtu,

LA CniKE»

I,A CMIMi.

qu’il aperçut eu niellant pied à terre sur le rivage de la mer Jaune. La vérité est qu’à l’exception des soldats à la parade , personne ne porte d’armes; les mandarins euxmômes n’en ont point dans les cérémonies ordinaires. On ne permet aux particuliers de s’armer que lorsqu’il s’agit de défendre leurs biens, en cas d’incendie, par exemple , de piraterie , et auties semblables.

Le port des armes à feu est prohibé, comme on peut le voir par l’extrait suivant de la Gazette de Péktng : « iT est contraire aUx lois que les citoyens soient détenteurs d’armes à feu ; des ordres ont déjà été transmis aux gouverneurs de chaqüe province pour que, passé un certain délai, tous les fusils à mèche appartenant à des particuliers soient achetés , après estimation faite Quant

aux armes à feu qui servent à la défense du pays , lesdits gouverneurs ont également reçu l’ordre de faire graver sur chaque fusil à mèche le nom de la personne à laquelle il appartient et de tenir un registre ouvert à cet effet. Que les susdits gouverneurs empêchent à l’avenir la vente illicite d’ainaes semblables; qu’ils surveillent les • armuriers, afin qu’ils ne puissent ni en débiter, oi en fabriquer clandestinement. C’est de celte manière que l’on peut arrêter les progrès du mal , etc. » On dit que les Chinois des environs de Canton qui tuent à coups de fusil des oiseaux pour les vendre, appartiennent presque . tous à la milice de la province.

Les extrêmes du chaud et du froid aux saisons opposées de l’année, et la coutume de vivre en plein air, sont cause de la différence tranchée qui existe entre le costume d’été et celui d’hiver; cette différence consiste principalement dans le bonnet. Le bonnet d’été, de forme conique ,. est fait avec des filaments de bambou ou une substance qui ressemble au copeau. Chez les individus qui occupent un rang distingué , il est surmonté d’une" boule rouge, bleue , blanche ou dorée, placée sur la

pointe du cône. De cette boule descend tout autour , sur le bonnet, une frange ou plutôt une touffe de soie cramoisie ou de crin de cheval rouge ; quelquefois on porte sur le devant du bonnet une seule grosse perle. .

Le bonnet d’hiver, au lieu d’être conique , prend davantage la forme de la tête, et a un bord en velours noir ou en fourrure retroussé tout autour et un peu plus élevé devant et derrière que sur les côtés ; il est aussi surîiuonté de la boule, signe distinctif des rangs et orné d’une touffe de belle soie cramoisie , laquelle couvre la calotte. Âu commencement de la saison d’été ou d’hiver, le Tsong-to ou vice-roi de chaque province prend sort bonnet d’été ou d’hiver } ce fait est mentionné dans la gazette officielle, et c’est un ordre à tous ses administrés d’opérer le même changement.

L’habillement d’été des classes aisées consiste en une longue robe lâche de soie, de gaze ou de toile, que l’on serre dans les grandes occasions par une ceinture de soie fortement tissue, laquelle s’attache au-dessous de la poitrine avec une agrafe d’agate ou de jade appelé ju par les Chinois. Dans un climat lourd , où le thermomètre marque 8o ou 90®, on est plus à l’aise avec des manches larges et le cou libre. Aussi les Européens, engoncés dans leurs collets montants et leurs manches étroites, sont-ils un objet de pitié , sinon de ridicule. C’est à la ceinture que sont suspendus les divers ustensiles mentionnés par le docteur Abel; on y ajoute souvent un petit couteau dans sa gaine et une paire de bâtonnets pour manger. Ceux qui ont une montre en sont très fiers , et ne manquent point de l’exposer aux regards, enveloppée dans une bourse de soie brodée.

Le costume d’hiver est presque aussi large que celui d’été; c’est pour cela qu’il ne vaut pas le costume européen, attendu qu’il ne tient pas le corps chaud et qu’il gêne les mouvements des bras et^des jambes. Par-dessus

* - , / Digilizec^by Gçoglc

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