‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 108 sur 125 · I.A CIII^K · texte numérisé non relu

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un vêtement plus long en soie qui descend jusqu’à la cheville du pied, ils portent un grand spencer à manches appelé nia-A:t»«a (on redingote), lequel ne tombe pas plus bas que les hanches ; il est tantôt en fourrure et tantôt en soie op en- drap fin hordé de peain Le cou, qui", en été, est laissé à nu, est protégé, l’hiver, par un collier étroit en fourrure ou en soie. Les vêtements lâches se croisebt toujours sur le côté droit de la poitrine , où ils sont attachés du haut en bas, au moyen de boulons dorés (ou de cristal pour deuil), placés à quelques pouces de distance les uns des autres.

En été, le vêtement de dessous est ilottant, à peu près comme les anciennes culottes hollandaises ; mais en hiver on ajoute une paire de fourreaux, ajustés séparément à chaque jambe et attachés aux reins de manière à laisser pendre derrière la collection d’objets dont nous avons parlé , ce qui n’est rien moins que gracieux. Ceux qui en ont les moy ens portent des bas de soie ou do coton. En hiver , les gens de qualité ont des bottes de drap, 'de satin ou de velours à épaisses semelles blanches. On les nettoie^ contrairement à notre coutume, en les blanchissant au lieu de les noircir. Ils les portent épaisses, probablement parce qu’ils nè possèdent pas de cirir assez bien tanné, pour qu’un morceau mince préserve de l’humidité. Effectivement, les souliers que l’on fait aux Européens à Canton ne sont bons à rien par un temps plu-

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vieux ; ils sont gâtés dès qu’ils ont été atteints par l’humidité.

Les habits de cérémonie des Chinois sont aussi riches qu’élégants, et contrastent avantageusement avec les basques insignifiantes de nos habits. Le spencer est ordinairement bleu foncé ou pourpré, et le vêtement long de dessus est de couleur plus claire et plus gaie. Dans les grandes occasions, il est brodé de dragons et d’autres emblèmes en or et en soie , ce qui en porte le prix ù une somme considérable.

Le défaut capital du vêtement des Chinois, c’est le peu de linge blanc qui en fait partie; leur linge de corps même est en soie ; or, comme tout le reste de leur habillement est en fourrure , il s’ensuit qu’il y a proportion nellemcnt moins de demande de calicot blanc ou de toile que dans tout autre pays : ils ne mettent point de couvertures à leurs lits, ni de nappes sur lem’s tables, ce qui, joint au manque de propreté, tend à produire des maladies cutanées. Ils se servent, au lieu de savon, d’une pâte alcaline tirée d’une substance minérale quelque peu corrosive.

Les peaux de tous les animaux servent de préservatifs contre le froid. Les gens peu aisés emploient colles des moutons , des chats , des chiens , des boucs et des écureuils. On coud jusqu’à des peaux de rat et de souris pour en faire des habillements. Chez les individus favorisés de la fortune, les fourrures se lèguent de père en fils, et elles ne forment pas la partie la moins considérable de l’héritage des familles. En matière de peaux , ils ont un singulier raffinement : ils extraient les jeunes agneaux du ventre de leur mère , après un certain temps de gestation , et en préparent la peau et la toison pour en faire des habits. Mais comme ces peaux sont fort petites , on conçoit qu’il faut beaucoup d’agneaux « avant terme, » c que cette espèce de luxe doit revenir cher.

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Les Chinois sont exempts de ces perpétuelles et absurdes variations de mode qui, en Europe, gonflent un jour un individu à l’instar d’un ballon , et , un autre jour, le serrent comme une momie ; leurs modes durent en général aussi long-tempsque leurs habits; ce ne sont ni les tailleurs, ni les couturières qui les règlent, mais le conseil des rites et des cérémonies, et elles n’en sont pas plus mal réglées. A cause de la religion lamaîque, le rosaire de cent huit grains est devenu une partie essentielle de l’uniforme des neuf grades de fonctionnaires publics; il consiste en un collier de pierres et de grains de corail presque aussi gros qu’un œuf de pigeon et descendant jusqu’à la ceinture ; la variété des grains distingue la qualité de celui qui le porte. Il existe un petit rosaire de dix-buit grains, de moindre grosseur , à l’aide duquel les bonzes comptent le nombre de leurs prières et de leurs éjaculations. Les laïques en portent quelquefois qui descendent jusqu’à la ceinture et qui sont parfumés de musc : ils les appellent « grains odorants. »

Les divers ustensiles suspendus à la ceinture sont ordinairement ornés de broderies en soie. La confection de ces ornements est un des principaux talents des dames chinoises. Tous les beaux cbàles de crêpe importés en Angleterre, et dont quelques uns coûtent depuis soixante jusqu’à quatre-vingts dollars, sont fabriqués entièrement par des femmes qui gagnent plus de vingt dollars par mois à ce travail. Un Chinois marche rarement sans sa bouteille à tabac de forme ovale, longue de deux pouces tout au plus; elle est accompagnée d’une petite cuiller attachée au bouchon , semblable à celle dont on se sert pour le poivre de Cayenne et à l’aide de laquelle on pose le tabac sur la jointure inférieure du pouce pour l’approcher du nez. Ces bouteilles sont tantôt en verre , tantôt en cristal de roche, et tantôt en porcelaine.

Parmi les présents conférés aux souverains étrangers

Audience <lt- Kicn-long.

SaK

(pour nous senir de l’expression usitée par la diplomatie de Péking), se trouve une bourse de soie brodée qui a appartenu à l’empereur-Kien-long. Elle est de couleur jaune avec le dragon aux cinq grilTes. L’ornement que , faute d’un meilleur titre, on a appelé sceptre, n’est, en réalité, qu’un emblème d’amitié; il a la forme d’un S, quoiqu’un peu moins courbé’, et est de jnde ou de yn taillé : il a dix-huit pouces de longueur. Onl’appelleyoH-ï « comme vous le désirez , » et on l’écliaiige en signe de bonne intelligence. Cependant la fleur sacrée du lotus {Nymphœa neliunl/o) gravée au bout, semblerait indiquer q‘u’il a eu anciennement une destination religieuse.

Les Chinois ont une manière assez Ijizarre de témoigner leur respect et leur gratitude à un magistrat public dont l’administration les a satisfaits; au moment de son départ, ils lui envoient une députation avec «un habit de .plusieurs couleurs,» comme si tout le peuple avait contribué à le former. Ce vêtement ne se porte point, mais la famille*de celui auquel il a été donné le conserve comme une relique honorable. Lorsqu’il quitte le district, la foule escorte sa chaise ou s’agenouille sur son passage. De distance en distance, le long de la route qu’il doit suivre, on place des tables chargées de provisions et des bâtons d’encens allumes.

l n des derniers Fou-youen de Cantond'ut honoré des mêmes hommages; de plus, lorsqu’il arriva aux portes de-la ville et avant qu’il ne les franchit, on lui ôta en pompe ses bottes, qu’on remplaça par d’autres, afin de les conserver comme un précieux souvenir. Cette cérémonie se renouvela plusieurs fois durant la route; ox» gardait soigneusement les bottes qu’il avait eues aux pieds quelques instants. Un magistrat ne peut manquer certainement de désirer des honneurs populaires d’une nature aussi flatteuse, et ce désir fait que l’on trouve en Chine des juges aussi équitables que'partout ailleurs.

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