‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 39 sur 125 · I.A ClllA'B · texte numérisé non relu

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laquelle on s’agenouille trois fois et l'on frappe neuf fois de la tète contre le sol. Que les nations d’Europe qui se considèrent comme tributaires et relevant de la Chine exécutent celte cérémonie , rien de mieux; mais que celles qui ne se considèrent pas comme telles ne s’y soumettent point.

L’ambassadeur anglais , lord Macartney , parait avoir très bien compris la signification de cette cérémonie ; il proposa les conditions qui, si elles eussent été acceptées, pouvaient seules le décider à l’exécuter , savoir : qu’un Chinois, égalé lui en rang, l’exécuterait pareillement devant le portrait du roi d’Angleterre.

Ces remarques convaincront probablement le lecteur que le gouvernement anglais agit comme le doit tout gouvernement civilisé , lorsqu’il s’efforce de se maintenir avec la Chine sur un pied de bonne harmonie et de relations indépendantes ; mais jamais il n’a voulu , pour cela , rendre hommage à la Chine. Il persiste donc à refuser d’exécuter, par son ambassadeur, cette cérémonie qui est l’expression de la dépendance. » Cet argument place la question sur un terrain plus élevé que celui, si âordidc, d’un profit ou d’une perte mercantile; même, en la ramenant à ce point , nous croyons avoir montré que baiser la poussière devant l’empereur de la Chine est une très mauvaise spéculation. La cérémonie de prostration exécutée par l’ambassadeur d’un pays met ce pays au niveau de Lou-tchou et des États tributaires dont les souverains ne régnent que par la sanction de la cour de Pèking; tandis que le refus de l’exécuter ( refus qui a été fait par tous les ambassadeurs chinois en pays étrangers ) prouve son indépendance , et vaut à son représentant un traitement infiniment plus respectueux qu’en suivant la méthode opposée. L’expérience l’a du moins suffisamment démontré.

11 est de fait que la conduite des personnes députées

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de Péking pour négocier les points du cérémonial et les renseignements subséquemment obtenus, prouvèrent que le rejet de la mission de lord Amherst ne fut pas entièrement motivé par le ko-teou, et que lors même que l’ambassade aurait été reçue de la manière humiliante à laquelle elle ne voulut point se soumettre , elle aurait été renvoyée au bout de peu de jours , contrairement à la règle qui limite la durée de la résidence à quarante jours. Le gouvernement provincial de Canton savait bien que l’un des principaux objets de l’ambassade était de former desplaintes au sujetdu traitement qu’avait éprouvé notre commerce ; aussi employa-t-il toute son influence pour la faire échouer. Lord Macartney , qui refusa de se soumettre à la prostration, a peut-être été de tous les ambassadeurs qui sont entrés en Chine celui que l’on a le plus honorablement accueilli, et l’on a remarqué que s’il y avait eu quelque différence dans le traitement de l’ambassade de lord Amherst , avant et après son retour, cette différence avait été en faveur du retour. Mais il fut clairement démontré, plus tard, que les agents du gouvernement provincial avaient travaillé activement; même durant le cours des négociations, le bruit courut qu’un des commissaires avait acheté son emploi, auquel il n’avait aucun titre ; qu’il avait amassé une immense fortune dans le commerce, etc., etc., et autres calomnies du même genre qui, jointes à la manière dont on traitait l’ambassade, prouvaient assez l’influence du vice-roi do Canton et de ses collègues.

Pendant ce temps, ces derniers ne laissaient échapper aucune occasion de déployer leur mauvais vouloir contre l'Alceste, la Lyra et le Heivett, bâtiment indien qui était arrivé à Canton quelque temps avant l’ambassade. Le hoppo refusa une cargaison au Ilewelt, sous le prétexte que c’était «un vaisseau sujet à tribut.» 11 s’attendait, sans doute, à ce que les marchands hong, pour ob-

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