CHAPITRE VII
CARACTI^RE et MCeURS DES ÇIUNOIS.
Arrogance et roarbcric des Chinois à Canton. — Exemple de gratitude. — Leurs qna1iti‘s et leurs défaiils. — Orgueil cl ignor.mcc.
— Respect pour la rieilicssc elles hautes fonctions. — Amour du Chinois pour les lieux qui l’ont vu naître et pour sa progéniture. — Exagération du nombre des infanticides. — Caractères physiques.
— Physiououiic. — Caprices du goût national. — Traits primitifs.
— Dcsceodanls de la famille impériale. — Carrières brillantes ouvertes au talent et à la science. — Simplicité et modestie des fonctionnaires. — Condition des femmes. — Les Chinois ne prennent qu'une épouse. — Mariage. — Cérémonies qui l’accompagnent. — Enfants. — Éducation. — Rites fnuèbres. — Temps fixé pour le deuil.
On peut attribuer la plupart des traits , bons et mauvais , du caractère des Chinois-, aux avantages ou aux défauts de leur système social , aux lois et aux principes de gouvernement que nous avons indiqués. Si, d’une part, nous les trouvons imbus de quelques vices que nous blâmons particulièrement en Europe, vices qui, chez eux, proviennent de la timidité du caractère, il y aurait, d’un autre côté, dé l’injustice à méconnaître les qualités précieuses qu’ils possèdent. La vérité est que les Chinois ont
l.K CHINE.
été jugés trop sévèrement , et qu’on les a beaucoup rabaissés, sans doute parce qu’ils n’ont point paru sous un jour très favorable aux écrivains qui ont eu l’occasion de les observer à Canton; c’est absolument comme si l’on voulait décrire notre caractère national, en n’employant, pour celte description , d’autres matériaux que ceux que l’on aurait recueillis dans un de nos ports de mer.
En fait, c’est une chose extraordinaire que les Chinois ne soient pas plus méchants que nous ne les trouvons à Canton, car ils connaissent fort bien cette maxime en vertu de laquelle leurs autorités «gouvernent les barbares parle désordre, comme des animaux, et non comme des indigènes. » 11 s’ensuit que leur conduite vis-à-vis des étrangers est tout-à-fait différente de celle qu’ils tiennent vis-à-vis les uns des autres. Lorsque ni la crainte ni l’intérèlnelcs dominent, ils sont souvent arrogants, insolents et fourbes ; et telle est , chez eux, la force de l’opinion , que, si même l’intérêt les oblige à plier devant les étrangers, ils ont soin que leur servilité n’ait jamais un de leurs compatriotes pour témoin. On a vu un mendiant qui s’agenouillait volontiers pour demander l’aumône à des Européens , lorsqu’il croyait qu’on ne le voyait-pas , et qui s’en abstenait toujours, quand des Chinois passaient. Les coulis, la plus basse classe de domestiques, furent long-temps avant de consentir à précéder, le soir, lesEuropéens, une lanterne à la main, et plus long-temps encore à se décider, même pour de l’argent, à les porter en chaise dans les rues de Macao. Est-il donc surprenant qu’ils ne se fassent aùcun scrupule de maltraiter et de tromper ces créatures disgràciées qui viennent, comme dit leur gouvernement , « profiler des bienfaits de la civilisation chinoise? » Ne doit-on pas plutôt s’étonner que, dans leurs rapports avec nous, ils aient mis quelquefois autant de générosité , de bonne foi et de probité ?
L’anecdote suivante, extraite d’un volume de mélan-