Observation de Ziembicki
Il s'agit d'une jeune femme de 'M ans, entrée le 17 mai 1894 à l'hôpital de Lemberg, et qui, en mangeant du gruau, le malin, sentit une douleur vive dans un mouvement de déglutition. Le médecin consulté passa à plusieurs ]-eprises une sonde œsophagienne, et, à un moment donné, la malade eut nettement la sensation d'un déchirement profond.
Deux jours après, Ziembicki examine la malade : trois symptômes le frappent : la fièvre, très prononcée avec exacerbation vespérale, atteignant H>, le 21 au soir; la fétidité horrible de l'haleine; la forme particulière du cou, gonflé en masse, dans tous ses diamètres, sans rien qui rappelle, par exemple, un phlegmon ganglionnaire.
Le diagnostic posé est : phlegmon prévertébral du cou, consécutif à une perforation de l'œsophage par un corps étranger.
L'opération est immédiatement pratiquée, suivant le manuel opératoire de l'œsophagotomie externe. Un flot de pus est évacué, et le corps étranger, un petit os plat, triangulaire, est ramené à l'aide d'une pince. La cavité phlegmoneuse descend profondément dans le médiastin postérieur, et une sonde n'en touche le fond qu'à 12 centimètres dans le thorax.
Grâce à l'emploi de la position de Trkndelknburg pour favoriser le drainage, puis, d'un drain syphon, lorsque cette position fut devenue intolérable, les suites opératoires lurent très favorables; la lièvre tomba, la cavité purulente, quotidiennement évacuée, se rétrécit et se
(1) Ziembicki. Du phlegmon du médiastin postérieur et de son traitement. Bull, el Mém. de la Soc. de Chirurgie, 1895, p. 190,
lernui prcsciue c-oinplètcMiienl. I.a niiilade lut présentée comme guérie le 24 juillet :ui Congrès des Chirurgiens polonais.
Une ibis sortie, In nuihule, à (pii on iiviiit retiré la sonde œsophagienne, s'obslina, malgré la défense laite, à manger des aliments solides, et dut rentrer, (pieUpies joui-s après à l'hôpital, dans l'état le ])lus inquiétant, porteuse d'un nouveau phlegmon du médiastin |)ostérieur.
Devant l'imminence du danger, Zikmhic.ki lui pro|)osa l'opération de Nassilow qu'elle rclusa ; elle mourut quelques jours après.
L'auteur regrette beaucoup de n'avoir pas l'ait sur cette malade l'einpijènu' inlramédiasliiml poslérieiir, d"i\\)rèii\c procédé de Nassilow, et il conclut de son observation que :
En face d'un phlegmon médiastinal, périœsophagien, le devoir du chirurgien est d'aller à la recherche du pus, et de pratiquer non seulement l'incision cervicale paraœsophagicnne, mais la contre ouverture en attaquant le médiastin par le procédé de Nassilow.