‹ La chirurgie du sinus sph√ànoidalChapitre 12 sur 25 · Ziem, Berliner klinische Wochenschrift, 1888, n · texte numérisé non relu

Ziem, Berliner klinische Wochenschrift, 1888, n

je résume mes résultats comme il suit : dans les cas où on observe, en présence d'une tumeur de la cavité nasopharyngienne ou des fosses nasales, un rétrécissement temporal du champ visuel, cette tumeur s'est vraisemblablement propagée dans le sinus sphénoïdal et il faut tâcher de l'extirper, comme l'a fait M. P. Smith. Quand il se trouve en même temps de l'exophthalmie unilatérale ou bilatérale, ou des symptômes cérébraux, il est incontestable que l'on se trouve en présence d'une tumeur du sinus sphénoïdal et le prognostic devient défavorable.

Quant au rétrécissement du champ visuel dans le cas de M. Ziem, il faut remarquer qu'il n'est pas seulement temporal, mais qu'il s'agit d'un rétrécissement concentrique, où la partie temporale est la plus retrécie. Cette forme du champ visuel me rappelle un cas publié par moi dans les archives de Knapp et Schweigger (1).

Mme A. V., bourgeoise, âgée de 25 ans, avait été traitée par un médecin d'un petit village de Styrie en novembre 1885 pour cause d'un processus maladif chronique du nez. Le médecin tenta de provoquer l'oblitération du tissu caverneux des fosses nasales par la méthode de Hack, c'est-à-dire par l'application du galvanocautère.

La malade sentit à la suite une aggravation considérable de sa maladie, et s'adressa à un spécialiste très distingué pour les maladies du nez, M. le Dr Herzog à Gratz.

1. Berger E., Sehstorungen in Folge einer durch Trauma entstandenen Periostitis der Nasenhôhle.Archiv fur Augenheilkunde, 1887, p. 293.

La malade se plaignait de même à M. Herzog que des troubles oculaires s'étaient développés pendant le traitement par le galvano-cautère. C'est pourquoi M. le Dr Herzog invita la malade à me consulter.

Autant que me permettent de supposer les notes données à la malade par M. le Dr Herzog, une application inhabile du galvano-cautère avait vraisemblablement entraîné une nécrose de l'os nasal droit et de quelques parties du toit du nez.

Quelques petites parties osseuses s'étaient détachées. En même temps la malade observait que la vue de l'œil droit était plus faible que celle de l'œil gauche. Cet affaiblissement de la vision se manifestait aussi bien quand la malade regardait au loin que lorsqu'elle regardait tout près. Elle avait la sensation d'un brouillard répandu devant l'œil droit. En juillet 1886 la malade trouvait que la force visuellè de l'œil droit s'était augmentée considérablement.

L'examen des parties externes du nez présentait un gonflement de la peau qui recouvre l'os nasal droit. Dans une partie de la peau on pouvait reconnaître une petite fistule.

La fente palpébrale droite était un peu resserrée. En outre, on observait du larmoiement du côté droit et de la photophobie.

L'examen du fond de l'œil ne présentait pas la moindre altération. La force visuelle était normale des deux côtés.

Le champ visuel de l'œil gauche était normal.

Le champ visuel de l'œil droit était rétréci concentriquement de 10-15° : seulement, dans la région temporale il était rétréci de 5 degrés environ de plus.

J'ai expliqué dans ce cas les troubles oculaires comme étant des symptômes réflexes produits par l'irritation des organes terminaux dans la membrane muqueuse du nez, irritation qui aurait eu une influence sur la fonction du nerf optique. Le fait que l'irritation desorganes terminaux du nerf optique exercent une certaine influence (éternuement) sur la membrane muqueuse du nez est déjà connu depuis longtemps.

Le fait qui s'est manifesté dans le cas indiqué cidessus montre qu'il exisle un réflexe inverse du premier. Incontestablement les vaisseaux jouent un grand rôle dans la production de ce réflexe. Leurs parois sont ratatinées par l'influence de l'irritation du trijumeau.

Il est encore inexplicable, que la partie temporale du champ visuel soit plus souvent affectée que la partie nasale. Je crois que ce phénomène est dû au mode de distribution des vaisseaux dans la rétine. Les vaisseaux centraux de la rétine se dirigent immédiatement vers la partie temporale et dans cette partie se développent les branches pour la partie nasale de la rétine.

Par conséquent, un resserrement des vaisseaux aura plus d'influence sur la partie nasale que sur la partie temporale de la rétine, et la partie temporale du champ visuel est plus exposée à être rétrécie que la partie nasale.

M. Ziem a tort de nier la présence des symptômes réflexes produits par l'irritation de la membrane muqueuse du nez. Il s'agit de symptômes réflexes produits par l'irritation des organes terminaux du trijumeau qui agit

sur les vaisseaux et sur la respiration (François Franck, Bloch et d'autres auteurs). Ce réflexe se produit dans le plancher du quatrième ventricule, où se trouvent les noyaux du trijumeau et les origines de nerfs vasomoteurs. C'est ainsi que je m'explique le développement de la maladie de Basedow dans les maladies chroniques du nez (Hack, Stoker).

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