‹ La chirurgie du sinus sph√ànoidalChapitre 7 sur 25 · Jacobsohn, Centralblatt fur Augenheilkunde, 1887, p · texte numérisé non relu

Jacobsohn, Centralblatt fur Augenheilkunde, 1887, p

ANOMALIES DANS LA CROISSANCE DU CORPS DU SPHÉNOÏDE PENDANT LA VIE EXTRA-UTÉRINE

Il est bien regrettable que les analomistes n'aient pas eu égard aux anomalies qui se produisent dans la croissance du corps du sphénoïde pendant la vie extra-utérine. Ainsi que nous le verrons plus tard, il est absolument nécessaire d'admettre leur existence comme un postulat. Si en effet on ne l'admettait pas, les faits cliniques que nous relaterons ci-dessous seraient complètement inexplicables. D'autre part il existe un grand nombre d'analogies sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour conclure à l'existence des anomalies dans la croissance du corps du sphénoïde aux dépens du canal optique. M. Zuckerkandl a démontré que les cellules et.hmoidales peuvent être tellement développées qu'elles remplissent une grande partie des sinus maxillaire et frontal.

Avant d'aborder l'étude des altérations que subit le nerf optique par la compression de son canal, il est bon d'expliquer celles que subit le tissu nerveux par la compression .

Les expériences faites par MM. Adamkiewicz (1) et

1. Adamkiewicz, Die Lchre vom Hirndruck uncl die Pathologie der Hirncompression. Wiener Silzungsberichte, 1883, t. 88.

Kahler (1) ont prouvé que la compression du tissu nerveux avait des conséquences différentes selon que la compression était exécutée rapidement ou bien lentement. Si la compression est exécutée rapidement, la fonction du tissu nerveux affecté perd subitement sa fonction.

Si au contraire la compression est exécutée très lentement, le tissu nerveux s'accoutume petit à petit à cette compression ainsi que le prouvent les observations cliniques dans les tumeurs de la moelle épinière et du cerveau à croissance lente.

M. Kahler a trouvé après la compression sur une partie de la moelle épinière d'une durée de 6-13 heures (chez le chien) : des altérations dont les foyers se trouvaient dans les cordons postérieurs et latéraux, lesquels correspondaient à la partie qui avait été la plus pressée. Dans les foyers apparaissant comme des taches M. Kahler observait un gonflement considérable de la plupart des cylindres-axes ; la disparition presque complète de la gaine moelleuse ; pas d'altérations dans les vaisseaux et dans le tissu intersticiel; autour des foyers le tissu était quelquefois normal.

Les expérimentateurs trouvaient que lorsque la compression était augmentée, il se produisait des troubles fonctionnels passagers, et que lorsque la compression était encore augmentée, les troubles fonctionnels étaient persistants. Dans ce dernier cas on observe un processus encéphalitique dans le tissu comprimé.

Page 1