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QUARANTIÈME LEÇON

THAITEMENT DE l'iIYDROCÈLE ACQUISE DE LA TUNIQUE VAGINALE

Sommaire. — Ponction et injection iodée. — Accidents de l'opération.

L'hydrocèle de la lunique vaginale, qui est la plus commune, est une îiydrocèle simple qui est la conséquence d'une ancienne orchite, de contusions et de froissement du testicule chez les individus qui montent à cheval ou qui ont des professions où ils sont obligés de frapper avec le pied sur la pédale d'une machine-outil. Il y a une hydrocèle syraptomatique d'orchite chronique et de testicule tuberculeux.

La première variété d'Iiydrocèle peut être radicalement guérie par une ■opération. La seconde, qui a été opérée quelquefois par inadvertance parce que l'hydrocèle symptomatique était très-volumineuse et masquait la lésion primitive de l'épididyme, a toujours été améliorée par l'opération.

Il y a des hydrocèles qui sont compliquées d"hémorrhagies dans leur cavité et qui sont quelquefois opérées. Ces hydrocèles et les hydrocèles symptomatiques sont les seules qui ne guérissent pas radicalement par l'opération adoptée généralement partout, et dont le temps a consacré l'effet ^curatif.

Vous voyez tous les ans dans le service, en moyenne, dix opérations ^d'hydrocèle par la ponction et l'injection iodée. Depuis six ans, soixante opérations ont toujours réussi de la même façon, et jusqu'à ce jour nous •n'avons pas encore constaté de récidive. L'opération pratiquée est celle que Yelpeau avait adoptée ; nous nous tenions à cette manière de faire et nous nous y étions décidé parce qu'aucune des opérations proposées depuis n'avait donné un meilleur résultat avec moins de dangers. La réin- .jection du liquide de l'hydrocèle au lieu de teinture d'iode; la caulénsalion de la tunique vaginale avec un crayon de nitrate d'argent porté sur une

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lige passant par la canule d'un trocart, coiame le faisaient M. Maisonneuve après Defcr, de Metz; la caulérisation avec le précipité rouge, à l'aide du même procédé, vanté par Lloyd ; l'électro-punctnre appliquée par Uodolpho Rodolphi; l'injection de quelques gouttes d'alcool dans l'hydrocèle à moitié vidée, et la répétition de ces opérations, suivant la méthode de M. Monod : toutes ces opérations ont donné lieu à des accidents, ont été suivies de récidive immédiate, ou ont demandé un temps très-long pour donner la guérison ; c'est l'objection capitale à faire, en particulier, à la méthode de M. Monod.

Voici la meilleure méthode d'obtenir la guérison radicale de l'hydrocèle ; c'est le traitement préconisé et mis en usage par Velpeau, à part la quantité et le titre du liquide qu'il employait pour ses injections.

Les malades doivent être opérés à leur lit; il est absolument inutile de les chloroformer.

Avant d'opérer une hydrocèledu volume moyen d'un œuf de dinde (c'est le volume auquel il convient d'opérer, quaml on le peut, les hydrocèles, et cela leur suppose une durée de six mois), on doit explorer préalablement la tumeur à trois points de vue : la transparence, la position du testicule et la possibilité de la réductibilité du liquide dans le péritoine.

La transparence indique déjà la position du testicule, car en explorant la partie antérieure de la tumeur, on constate partout de la transparence parfaite, et cela indique déjà qu'il n'y a pas d'inversion du testicule et qu'on peut faire en toute sécurité la ponction sur la partie saillante de la tumeur. Pour savoir où est le testicule, on presse entre le pouce et l'index successivement tous les points de la tumeur. Au moment où le malade éprouve une douleur qu'il compare à la pression exercée sur l'autre testicule, un des deux doigts est sur le testicule; c'est celui qui fait éprouver le plus de douleur aux malades, et là où il est, là est le testicule.

Ces recherches ont pour but de permettre d'éviter de piquer le testicule pendant l'opération.

Quant à la réductibilité du liquide, elle n'existe que très-exceptionnellement dans les hydrocèles acquises. Ce sont alors d'anciennes hernies et les souvenirs des malades éclairent le chirurgien, car ils disent que la tumeur se réduisait à son début. Cette recherche a pour but d'indiquer ou de contre-indiquer les injections iodées; dans les hydrocèles qui se réduisent en partie, ne faites jamais d'injections iodées. Jarjavay a produit une péritonite suraiguë en injectant de l'iode dans une hydrocèle réductible.

Un trocart du calibre 10 de la filière Charrière avec un robinet est le meilleur trocart à employer. Vous éviterez bien des accidents en ne vous

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servant pas d'im trocarl Irop gros. On emplit d'iode une seringue en ivoire

ou en buis, ou même en élain, mais l'iode abîme ce métal et les seringues ne tardent pas à être hors de service. Charrière a imaginé une seringue très-appropriée à l'opération, une seringue à piston creux, se chargeant de manière <à éviter qu'il y ait la moindre bulle d'air dans la seringue (fig, 32).

La teinture d'iode que vous voyez employer est de la teinture d'iode du Codex pure. Velpeau employait de la teinture d'iode mélangée à trois parties d'eau et y avaitajouté de l'iodure de potassium, pour empêcher l'iode de précipiter, suivant l'indication de M. Boinet. La teinture d'iode pure n'offre pas de dangers, et Velpeau lui-même, à la fin ,de sa carrière, l'avait remarqué, car il faisait des injections de teinture d'iode pure.

Pour ponctionner l'hydrocèle, on prend à pleine main gauche la tumeur, on la fait glisser et on serre avec le pouce et deux doigts le pédicule de la tumeur, c'est-à-dire le cordon. De la sorte, la tumeur, dans la peau du scrotum distendue, fait saillie et offre le maximum de résistance. Le trocart est tenu à pleine main droite, le doigt indicateur appliqué sur la canule, la pulpe cà deux centimètres de la pointe du poinçon. Le chirurgien pose la pointe du trocart sur le scrotum en un point où il n'y a pointde veinules(cela est toujours facileàfaire quand la tumeur est bien tendue), puis d'un seul coup le chirurgien pénètre dans la poche ; il n'y a pas de danger qu'il aille trop loin, la pulpe du doigt indicateur arrête le trocart. Vous vous demanderez, sans doute, quel est rigoureusement le lieu d'élection pour faire la ponction; il n'y a pas

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