PAR LA MARCHE ET LA STATION DEBOUT
La malade avait eu des rhumatismes, elle disait avoir eu à plusieurs reprises des douleurs dans les bras et dans les jambes.
Le traitement consista en un appareil ouaté silicaté, qui embrassait le pied (moins les orteils) et la partie inférieure de la jambe ; deux appareils semblables furent delà sorte appliqués, et immobilisèrent le pied pendant six semaines; au bout de quinze jours, la malade se tenait debout avec ses appareils et marchait sans souffrir. Après le traitement, je conseillai à la malade de porter des bottines fortes, lacées, à semelle un peu épaisse. J'ai su depuis que la malade se trouvait bien, mais qu'elle s'était observée, quant à la prolongation du travail debout, ainsi que je lui avais recommandé.
J'ai observé une troisième malade, âgée de cinquante ans, journalière, qui avait depuis un an un aplatissement de la voûte d'un pied, mais sans déformation; ce n'était pas, à proprement parler, un pied plat, douloureux, accidentel, c'était une fatigue du pied, depuis longtemps déformé; dix-neuf jours de repos ont guéri la malade, qui, d'ailleurs, était rhumatisante.
Aiusi donc, voilà deux malades qui ont un pied plat accidentel qui se développe rapidement et chez lesquels on trouve de la manière la plus manifeste un antécédent positif : le rhumatisme. L'interprétation du mode d'action du rhumatisme est plus douteuse. La cause de la déformation du pied est-elle duc à une altération des ligaments du pied ou aux muscles. Ce que nous savons de la tarsalgie des adolescents nous porterait à conclure que des muscles ont été touchés par le rhumatisme et ont une action inégale, qui cause un défaut d'antagonisme entre ces muscles. Mais on objectera que les rhumatismes musculaires, si communs dans d'autres régions, ne sont pas suivis de déformations. Cette objection est très-juste, mais il faut considérer que le muscle long péronier latéral est un muscle qui a un tendon excessivement long et que, indépendamment d'altération de ses fibres musculaires, il peut présenter des altérations de son tendon. Je ne voudrais pas pourtant me prononcer, car il se pourrait faire que les ligaments des articulations du scaphoïde, avec l'astragale, le cuboïde et les cunéiformes, se relâchassent avant le tendon du long péronier latéral, comme l'on voit les articulations se déformer à la suite de rhumatismes chroniques, et je fais allusion ici au ganu valgim.
Quoi qu'il en soit, l'antécédent rhumatismal est tellement positif que 'l'on ne saurait faire autrement que lui attribuer une part dans la production de la larsalgie.
Y a-t-il une arthrite sèche qui entraine l'allongement des ligaments et