PAR LA MARCHE ET LA STATION DEBOUT. 60;J
En combien de temps une larsalgie arrive-t-elle à la dernière période? Cela varie beaucoup avec l'exercice el le repos que prennent les malades. Cependant on peut dire que dans les conditions ordinaires de la vie, en un mois la larsalgie peut arriver à la seconde période. IMus le sujet est jeune, plus la déformation arrive avec rapidité.
Vous guérirez les tarsalgies principalement par le repos et le changement de profession et par l'usage d'une chaussure solide à hauts contreforts et à semelles épaisses.
Au premier degré, il faut électriser les muscles de la jambe, le long péronier en particulier ; il n'est pas nécessaire de faire cesser entièrement la marche, mais il faut la restreindre beaucoup. L'électrisation par les appareils d'induction est tout à fait efficace; elle doit être renouvelée au moins deux fois par semaine pendant huit à dix minutes chaque fois. L'un des pôles de la pile doit être appliqué sous la plante du pied, l'autre doit être placé sur le corps du long péronier latéral.
Il est toujours bon de faire faire aux enfants un peu de gymnastique au trapèze. Une bonne nourriture et les bains sulfureux sont toujours utiles. Il est bien entendu que s'il existe une déviation du rachis, on la traitera en même temps que la tarsalgie.
Au deuxième degré, on doit avoir recours encore à l'électricité et il est bon d'électriser le jambier antérieur en même temps que le long péronier latéral. A ce degré, les malades doivent rester couchés ou étendus sur une chaise longue ou au lit le plus possible. Lorsqu'ils marchent, ils doivent avoir de fortes bottines à talon peu élevé et à semelles épaisses et à empeigne solide.
Au troisième degré, les indications sont les suivantes :
Combattre la douleur au niveau des articulations par les révulsifs ;
Obtenir la formation d'une ankylose ou une immobilisation relative, dans les articulations déplacées par l'application d'un appareil inamovible ouaté silicaté, qui sera renouvelé jusqu'à l'entière cessation des douleurs. Les malades auront un pied plat définitif, et quand l'on, aura obtenu que les malades ne souffrent plus, on les laissera dans les conditions des malades qui ont un pied plat congénital.
Pioil plat accidentel ou fnrsnigic des adultes.
Il y a chez les adultes une tarsalgie acquise, un pied plat accidentel, qui reproduit tous les traits de la tarsalgie ou pied plat accidentel des enfants et adolescents. J'en ai observé jusqu'ici deux cas. Je ne parle pas
des altérations de la voùle du pied chez des malades atteints d'aillirites ou de tumeurs blanches des articulations du tarse.
Le premier malade était un cuisinier âgé de trente-cinq ans, chez lequel le mal était apparu depuis quatorze mois. Le pied gauche s'était aplati en même temps que le malade y éprouvait des douleurs vives qui empêchaient la marche. Ce malade était buveur et avait eu des douleurs rhumatismales à plusieurs reprises.
Le 17 juin, le malade entra à l'hôpital; le pied gauche présentait le troisième degré de la tarsalgie, le pied était aplati, relevé par son bord externe et les tendons des extenseurs des orteils étaient tendus sous la peau. La défoi'mation au niveau des articulations du scaphoïde était relativement peu marquée. Le malade souffrait pendant la station debout, il ne pouvait marcher longtemps.
Au repos au lit, le malade ne souffrait pas, même aux changements de temps. Il n'y avait pas de douleur à la pression sur les articulations de l'astragale avec le scaphoïde, ni sur les articulations du scaphoïde avec les cunéiformes. La douleur accusée par le malade pendant la marche existait à la cheville et sur le bas de la jambe. La jambe du côté gauche avait le même volume que la jambe du côté opposé.
Le malade fut soumis d'abord au repos au lit; puis, au bout de quelques jours, lorsque je m'aperçus que les douleurs reparaissaient aussitôt que le malade mettait le pied à terre, je fis appliquer un appareil ouaté silicaté enveloppant tout le pied et la moitié de la jambe. Au bout de huit jours, je laissai le malade levé, et il s'aperçut cà sa grande surprise qu'il ne souffrait plus. A partir de ce moment, jusqu'à sa sortie de l'hôpital, le malade garda son appareil qui fut changé une fois. Le malade sortit de l'hôpital guéri de ses douleurs, mais conservant un pied plat, le 25 juin 1875; nous l'avons revu depuis, la guérison s'était maintenue, et je conseillai l'usage de chaussures à semelle épaisse et prenant bien le cou-de-pied.
La seconde malade était une blanchisseuse, âgée de trente-deux ans, chez laquelle le mal occupait les deux pieds, et qui avait son mal depuis six mois; cette femme était repasseuse et portait pour chaussure, toute la journée, des chaussons de lisière ou des souliers à semelles très-fines, croyant que son mal provenait de chaussures trop fortes. Chez cette malade, le pied s'était aplati, et la subluxation du scaphoïde et de l'astragale était arrivée au terme le plus complet du pied plat; la jambe était douloureuse à la cheville, surtout du côté gauche. La marche et la station debout étaient très-pénibles; il n'y avait point de douleurs vives au niveau des articulations du pied, il.y avait seulement de la sensibilité, sans rougeur ni empâtement.