‹ La chirurgie populaireChapitre 1 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On peut se passer de médecine populaire ou domestique , et de traites sur la manière de soigner et droguer soi-même ou les siens. Il est même reconnu que les livres de ce genre n’ont produit que très-peu de bien, et qu’ils ont fait et feront toujours beaucoup de mal. C’est une arme à deux tranchants et trop difficile à manier.

La chirurgie, au contraire, EXIGE d’être mise à la portée de tout le monde; car il est indispensable de connaître certains moyens simples, faciles •et sûrs de venir PROMPTEMENT au secours de la {plupart des blessés, en l'absence de l'homme de d'art et en attendant qu’il soit arrivé. Sans ces secours rapides, un très-grand nombre de ces malheureux sont irrévocablement voués à une mort (certaine; d autres, faute de soins convenables, ou a raison de manœuvres mal entendues , sont destines a subir des opérations graves, et souvent d’affreuses mutilations; la plupart sont nécessairement exposés à des douleurs et à des tortures à pure perte, et qu’on eût évitées avec un peu d’intelligence et par quelques légères précautions.

Or, ces moyens, ces soins, ces précautions sont

de tous les instants, et d’une haute importance, susceptibles d’être indiqués avec clarté, précision, en peu de pages et de manière à être saisis et appliqués avec facilité et sans aucune hésitation, par toute personne tant soit peu intelligente.

Cependant, chose bien étrange 1 il n’existe aucune instruction humanitaire, dans ce sens; aucune direction propre à rassurer un blessé, à le placer, remuer et transporter judicieusement et avec le moins de douleurs possible ; aucun avis pour arrêter une hémorrhagie dangereuse , et qui peut seule compromettre son existence; rien, en un mot, pour indiquer les premiers soins à donner dans les ACCIDENTS graves et qui se compliquent de brûlures, de plaies étendues , de contusions et commotions violentes, de fractures, de luxations, d’asphyxies, de morts apparentes, etc. etc.

Cependant encore, cet infortuné et les personnes qui l’entourent, sont éloignés des secours de l’art. Ils se voient condamnés à les attendre , Dieu sait combien de temps , et peut-être même en vain. Ils ne savent ce qu’il faut faire ou éviter, et ils déplorent qu’ils soient réduits à l’inaction et privés d'un guide quelconque, capable de les diriger dans des circonstances aussi pénibles.

C’est que, jusqu a moi, un pareil guide était introuvable et impossible ; et qu’il a fallu, pour pouvoir formuler une chirurgie vraiment populaire.

que je bouleverse HEUREUSEMENT, les moyens, les pratiques et les procédés, usités partout de nos jours encore, en médecine opératoire.

Je présente ici cette chirurgie sans chirurgien , en fort peu de pages, et dans un style dont la clarté et la simplicité sont de rigueur.

Ce petit travail fait, du reste, partie d’un grand ouvrage (maintenant la Chirurgie simplifiée ), que l’Académie des sciences a honoré d’un prix Monityon de 3,000 francs. Il est , d’ailleurs, le fruit de longues méditations, d’essais suivis et d’ observations conciencieuses, pendant plus de trente ans de la carrière d’un vétéran en chirurgie. — Il peut donc se recommander, sous ces divers rapports, aux hommes de l’art, eux-mêmes , aux chefs militaires et d’ateliers , aux philanthropes, et à ces (personnes respectables, qui se vouent au soulageiment de leurs semblables.

Ma brochure devrait encore être entre les mains s des infirmiers et infirmières et, peut-être même, des sages-femmes. Mais, à coup sûr, elle est destinée à • être le varie mecum d’une famille en voyage ou (habitant la campagne, et qui peut être exposée à iplus d’un accident, livrée , par conséquent , à ses I propres ressources ou , ce qui est pis encore, à la merci de chirurgiens indignes de ce nom.

Tous les individus qui attachent quelque prix à connaître : comment on peut venir en aide à son

prochain et secourir, eux et les leurs, dans des accidents graves, imprévus et loin des hommes et des moyens de l’art, feront bien, au surplus, de se faire expliquer les points de ce petit ouvrage qu’ils n’auraient pas parfaitement saisis.

Il en est quelques-uns que je n’ai fait que toucher; tels sont, par exemple, la compression des troncs artériels, par les doigts ou par la ligature et la torsion des artères, la cautérisation des piqûres de sansgsues, celle de la morsure d’un animal enragé, etc. Eh bien! toutes ces petites opérations, souvent indispensables et urgentes, sont susceptibles d’être enseignées aux personnes intelligentes et adroites, et pourront être pratiquées , par elles et avec succès, en l’absence (je ne saurais assez le répéter) d’un chirurgien recommandable.

Ce que je dois recommander, tout particulièrement, dans un accident compliqué de lésions fâcheuses; c’est d’avoir sous la main, si possible, un exemplaire de ma brochure, et de la consulter sur les articles qui, dans le cas actuel, méritent de servir de guide aux assistants. De cette manière, on ne sera pas exposé à négliger les points les plus importants, à en oublier quelques autres, ou bien à appliquer, imparfaitement, mal à propos et en dépit du bon sens, les moyens que j’ai cru devoir indiquer.

LA

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