VVV. Accélérations produites par la diastole ventriculaire
une ligne XV représentera les vitesses du courant veineux : supposons que la vitesse soit suffisante en V pour que le souffle puisse se produire, VV7 sera la ligne au-dessus de laquelle nous aurons un souffle — Le souffle sera renforcé ou atténué selon que la vitesse du courant sanguin sera accrue ou diminuée, et nous aurons une grande courbe IE représentant les modifications de vitesse dues aux variations de l’asp ration thoracique, et une série de petites courbes oV corres-
pondant la première à la succion auriculaire, la deuxième à la succion ventriculaire. Le bruit de souffle sera continu puisque la vitesse du sang est toujours , par hypothèse, assez grande pour en réaliser les conditions de production, et il sera à renforcements : renforcements thoraciques et renforcements cardiaques.
Telle est, d ’après M. F rançoisFranck àqui nous devons tous ces détails, l’interprétation objective des variatious d’intensité des bruits de souffle veineux ; c’est la théorie qui a été défendue par M. Chauveau en 1878 dans un remarquable travail expérimental et clinique (1).
Il existe d’autres théories qui ont pour elles de telles autorités qu’on doit les prendre en sérieuse considération ; ce sont celles de MM. les professeurs Peter et Parrot.
M. Peter (2), se fondant sur la mobilité excessive des souffles dans la chlorose, les attribue au spasme des vaisseaux, opinion d'autant plus vraisemblable que, les veines du cou étant adhérentes aux gaînes aponévrotiques du voisinage, dans une partie de leur trajet, un spasme veineux crééra forcément un rétrécissement à la partie supérieure du cou, où les veines sont libres d’adhérence, suivie d’une dilatation à la base du cou, où les veines sont fixes, c’est-à-dire qu’il en résultera des modifications de vitesse du sang capables de donner naissance au souffle.
M. Parrot (3), invoquant l’insuffisance tricuspide, si commune chez les chlorotiques qu’on peut presque toujours constater chez eux le pouls veineux cervical, attribue les souffles veineux au reflux du sang dans les jugulaires : ils reconnaîtraient donc la même cause que le souffle cardiaque.
Nous n’avons pas autorité pour trancher une question aussi épineuse.
(1) Chauveau, Gaz. méd., de Paris, 1858, p. 45.
(2) Peter, Gaz. des hôp., 1876.
(3) Parrot, Arch. gén. de méd., juin 1867.
5° De quelques autres troubles fonctionnels . — La physiologie pathologique des autres troubles fonctionnels que l’on rencontre chez les chlorotiques ne présente à vrai dire rien de particulier à cette maladie. C’est l’anémie ou le trouble de l’innervation qui sont toujours la cause première, la condition des autres désordres.
La dypsnêe des chlorotiques présente cependant quelque intérêt, en ce qu’elle paraît due surtout au défaut d’oxvgène, bien plutôt qu’à l’excès d’acide carbonique : l’hémogloline est la partie respiratoire des globules, et ceux-ci ont été désignés avec raison sous le nom de monnaie respiratoire . — Que ce soit la monnaie qui manque, ou bien que son titre soit diminué, il y aura toujours désordre de l’hérnalose parce que l’oxygène ne pourra être absorbé en quantité suffisante.
« Cequi achève de troubler la respiration, dit M. G. Sée, c’est que son foyer central ou médullaire étant privé de sang et par conséquent d’oxygène, devient le siège d’une véritable excitation : de là, la fréquence des respirations qui deviennent plus pénibles sans gagner en ampleur (1) ».
Pour cequi est des troubles des organes génitaux, on peut se demander si les aplasies et les hyperplasies décrites par Virchow et les Allemands peuvent s’appliquer à tous les cas de chlorose, et s’il ne s’agit pas le plus souvent de simples troubles fonctionnels indépendants de l’état anatomique. Il nous paraît incontestable que ces troubles jouent un grand rôle dans la pathogénie de la chlorose, mais ils ne présenteraient quelque chose de spécial au point de vue de la physiologie pathologique, que s’il était démontré qu’ils dérivent toujours d’un état local. L’hyperplasie génitale se traduirait par la forme ménorrhagique, tandis que l’aplasie correspondrait à la forme aménorrhéique. Tous ces faits ont besoin de confirmation.
(1) G. Sée, Du sang et des anémies.