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« La digestion de ces substances, affirment-ils, n’est ni empêchée, ni ralentie, ni diminuée. »
A l'examen du contenu stomacal, on constate que le
liquide est acide, qu'il contient de la pepsine et des peptones. N # Ces diverses citations seraient à elles seules presque suffisantes pour répondre aux accusations précédemment énoncées ; mais, comme elles ne visent que des opérations physiologiques tout aussi imparfaites que leurs rivales, il nous semble plus logique et surtout plus probant de puiser des arguments dans l’observation des phénomènes produits par le déversement naturel et continu d’une bile normale dans un estomac normal.
Or, cette observation est permise, parce que ces conditions ont été réunies ; la cholècystogastrostomie avec ligature du cholédoque ayant été faite sur des animaux par Oddi, Cannac et Masse ; sur l'homme par quelques chirurgiens, et que de plus, cinq à six autopsies l'ont fait voir spontanément réalisée et peutêtre depuis longtemps.
Nous avons ainsi à considérer des /aits experimentaux, des fails chirurgicaux, des jaits pathologiques. Nous allons donc étudier :
is Les expériences de Rugero Oddi, Cannac et Masse sur les chiens.
2° Les observations cliniques d’anastomoses choléeystogastriques que nous avons réunies.
3 Enfin quelques trouvailles d’autopsies.
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Fails expérimentiux — Nous extrayons ce paragraphe tout entier dela communication de M. Masse au Congrès de Chirurgie ; on ne peut mieux résumer la question : l’analyser, le modifier serait en altérer la valeur :
« Ruggero Oddi, de Pérouse, sur les conseils de son maïtre, le professeur A. Marcacci, a eu le premier l'idée d’aboucher directement la vésicule biliaire avec l'estomac, en-1887, sur des animaux dont il oblitérait préalablement le cholédoque. L'opération tentée par lui sur 7 chiens à réussi trois fois. L'arrivée de la bile dans l'estomac ne troubla pas la digestion. L'animal resta vorace, il augmenta de poids. Les peptones de l'estomac n'étaient pas précipitées par la bile.
« M. Dastre à répété sur des chiens les expériences de Ruggero Oddi, il a fait avec succès des cholécystogastrostomie ; ses animaux opérés ne vomissaient pas, ils augmentaient même de poids.
« En décembre 1897, un de mes élèves, le Dr EL. Cannac, ancien aide d'anatomie à la Faculté de médecine de Bordeaux, soutenait à Bordeaux une excellente thèse sur la cholécystogastrostomie. A l'appui de’ce,travail, le D'Cannac reprit dans mon laboratoire les expériences physiologiques de Ruggero Oddi. On trouvera dans cette thèse d'ingénieuses expériences faites avec succès.
« Les chiens mis en expérience avaient le canal cholédoque lié à la soie. Après cette première opération, destinée à mettre ces animaux dans les conditions créées par l'obstruction du canal cholédoque, la vésicule biliaire était abouchée directement avec l'estomac. Cette cholécystanastomose fut faite, tantôt par de simples sutures par le procédé de Colzi, tantôt sur un tuteur de caoutchouc, procédé de Dubourg pour la gastro-entérostomie, soit sur des Lubes de macaroni trempés dans du collodion, procédé d'Oddi, soit avec le bouton de Murphy.
« Lescholécystanastomoses sur tubes résorbables furent celles qui donnèrent les meilleurs résultats. M. Cannac s'était d'abord contenté d'un seultube de macaroni comme tuteur ; plus tard, il en placa trois dans chaque fistule. Les tubes étaientassujettis par des fils àla muqueuse gastrique. La ligature du cholédoque et la cholécystogastrostomie étaient faites en deux temps, plus tard, les deux opérations furent simultanément pratiquées sur les animaux soumis à ces expériences. Deux chiens opérés en novembre 1897 vivent encore et chez eux la digestion gastrique est aujourd'hui parfaite : il ya eu au débutquelques vomissements bilieux, mais aujourd'hui ces animaux mangentet digèrent parfaitement. J'ai fait à l’un d’eux une gastrostomie pour me rendre compte de l’étatdes matières contenues dans l'estomac et j'ai pu constater directement que la bile déversée ne troublait pas l’action du suc gastrique sur les aliments albuminoïdes.
« La cholécystogastrostomie n'arrête pas le travail de la digestion gastrique chez les chiens, c'est un fait établi par les expériences de Ruggero Oddi, par celles de Dastre et par celles du Dr Cannac.
« J'ai repris dans mon laboratoire, en 1898, les expériences de M. le Dr Cannac, et elles m'ont aussi donné d'excellents résultats ; les chiens que j'ai opérés vivent encore avec leur fistule cholécystogastrique.
« Je réduis l'ouverture de l'estomac et celle de la vésicule à une très petite entrée, celle qui laisserait passer une sonde du calibre de 18 ou 20. Le trajet fistuleux doit laisser écouler lentement la bile de la vésicule dans l'estomac sans qu'il soit permis aux aliments. au chyme, de refluer de l’estomac dans la vésicule biliaire. Comme tuteur, j'emploie un faisceau de catgut gros calibre n° 0. Ce faisceau, composé de six à huit fils, est muni, du côté de la vésicule, d’un renflement, en forme de tête, pour qu'il soit retenu jusqu’au moment où il sera résorbé et où la vésicule restera désormais adhérente à l'estomac et perméable. En réduisant l’ou-
KR T7 — verture de la fistule, on s'oppose au reflux des aliments vers la vésicule biliaire.
« J'ai non seulement lié le canal cholédoque, mais je l'ai réséqué pour éviter qu'on puisse m'objecter que la continuité du cholédoque s'est rétablie malgré la ligature du canal.
« Ce qui ressort de ces expériences physiologiques de cholécystogastrostomie, c'est que, chezles chiens, l'arrivée de la bile dans l'estomac est compatible avec une bonne digestion et avec une bonne nutrition. Les animaux que j'ai mis en expérience maigrissaient bien au début, mais ils reprenaient plus tard leur bon état de santé; ils augmentaient même de poids s'ils étaient jeunes. » :
M. le professeur Masse nous à engagé à répéter nous même ces expériences, mais devant les résultats décisifs des siennes et de celles de son élève, et devant surtout l'absence complète de vomissements dans les quatorze observations que nous avons réunies, la question nous à paru tranchée, et nous n'avons pas cru devoir suivre ses conseils.
Cependant Cannac, dans sa thèse, soulève une objection. « En fait, dit-il avec Weill (1), la digestion naturelle dans l'estomac de l'homme bien portant ou de l'animal, n'est pas troublée par la présence d'une certaine quantité de bile... Il y a certainement une question de durée... Dans: les faits expérimentaux de Dastre et d’Oddi, les recherches n’ont duré que peu de temps (40 ou 50 jours). I serait intéressant de suivre pendant des mois etméme pendant des annees, un animal atteint de fistule cholécystograstrique:
4) Weill, Lyon Médical, décembre 1890.
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peut-être se produirait-il à la longue, des effets fâcheux! » |
Il y répond lui-même: « Nous ne savons pas et ne pouvons pas affirmer, les observations nous manquant, que les résultats seront satisfaisants; mais en vertu de la même cause, nous ne pouvons pas non plus dire qu’ils ne seront pas bons. Des facteurs que nous ignorons peuvent entrer en jeu, de nouvelles conditions physiologiques peuvent se produire. L’avenir nous l’apprendra. »
Nous sommes heureux de pouvoir aujourd’hui parler au nom de cet avenir, et dissiper ces inquiétudes. La cholic ,stogastrostomie entretient fidèlement ses excellents rsultats durant des années.
M. Masse nous à fait l'honneur de nous écrire ceci: « J'ai conservé des chiens ainsi opérés pendant plus de deux ans, et je les ai sacrifiés pour constater par l’autopsie que la vésicule déversait bien toute la bile dans le tube digestif et que le cholédoque était bien lié. » |
D'autre part notre observation VII (de M. Jaboulay), avec ses quatorze mois de survie, est absolument concluante.
Ainsi donc les expériences faites sur les animaux prouvent abondamment que le déversement continu de la bile dans l'estomac n'amène aucun vomissement, aucun trouble digestif, comme le prétendent certains physiologistes. La neutralisation de l'acide chlorhydrique, la précipitation des peptones, et autres accidents semblables, sont de simples hypothèses que
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les expériences et les observations sont très loin de confirmer.
Voyons maintenant si les opérations faites sur l’homme sont aussi concluantes.