CHORÉE DE SYDENHAM ET « CHORÉE » DU CHIEN
Le terme de « chorée » évoque immédiatement une analogie entre la chorée de Sydenham et la « chorée » du chien. En réalité, ces deux affections ne sont nullement comparables. Si elles ont un point de ressemblance dans leur étiologie, elles diffèrent complètement, comme l'ont montré Triboulet, Pierret, Marchand et Petit, dans leur substratum anatomique, leur symptomatologie et leur évolution.
Elles sont toutes deux d’origine infectieuse. En principe, n'importe quelle infection peut être le point de départ de la chorée de Sydenham, mais elle survient le plus fréquemment après le rhumatisme articulaire aigu, l’hérédo-syphilis, l’encéphalite léthargique. La « chorée » du chien est déterminée par le virus de la Maladie du jeune âge, beaucoup plus rarement par le virus de la broncho-pneumonie contagieuse des adultes.
Le substratum anatomique de la chorée de Syden ham réside dans le cortex cérébral et les ganglions cérébraux ; dans la majorité des cas, les lésions prédominent sur les corps striés ou les intéressent unique-
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ment. La « chorée » du chien est une affection méningo-encéphalo-médullaire et les lésions de la moelle suffisent à elles seules à expliquer les mouvements et les paralysies.
Rien de commun non plus dans la symptomatologie. Les mouvements choréiques sont essentiellement arythmiques et irréguliers chez l’homme ; ils sont calmés et même abolis dans les cas légers par le sommeil et le repos au lit. Chez le chien, les mouvements sont rythmiques, réguliers ; ils persistent pendant le sommeil et augmentent en amplitude au repos. Dans la chorée de Sydenham, les paralysies sont exceptionnelles et font plutôt partie des complications ; dans la « chorée » du chien, elles sont l’aboutissant normal des contractions choréiques. Les troubles trophiques sont rares chez l’homme ; ils sont constants chez les chiens gravement atteints.
Les deux affections diffèrent aussi par leur évolution et leur pronostic. La chorée humaine est une maladie légère, transitoire, stationnaire ou augmentant jusqu’à une période de déclin ; les traitements sont efficaces et la guérison est la terminaison la plus fréquente. La « chorée » du chien, au contraire, est une affection très grave ; elle a une tendance marquée à l’aggravation et à la généralisation ; elle résiste à tous les traitements et lorsqu'elle guérit, ce n’est qu’au bout de plusieurs mois, plusieurs années, en laissant après elle des reliquats : atrophies musculaires, paralysies, ré-
tractions tendineuses, etc.