ER
Ce qui caractérise avant tout la « chorée » du chien, c’est le mouvement choréique. Sans lui, pas de « chorée ». La paralysie n'est qu’un symptôme secondaire ; il peut ne pas exister. La « chorée » du chien a une marche lente et dure quelquefois des années.
Cette différence essentielle dans la symptomatologie des deux affections : paralysies d’une part et mouvements choréiques d'autre part, serait due, d'après MM. Marchand et Petit, à ce fait que la moelle du chien possède une plus grande indépendance fonctionnelle que celle de l’homme.
A côté de ces différences, il existe cependant quelques analogies. La Maladie de Heine-Médin est due à un virus filtrant existant dans la moelle et le bulbe ; elle est transmissible par les voies les plus diverses, au singe et au lapin. La « chorée » du chien est déterminée par le virus filtrant de Carré, siégeant dans la moelle et le liquide céphalo-rachidien, transmissible en séries au chien, comme l'ont montré les expériences de Puntoni.
Elles se ressemblent encore par la localisation de leurs lésions aux cornes antérieures de la moelle, la similitude de leurs reliquats : atrophies musculaires, rétractions tendineuses, mains et pieds-bots, etc.
Diagnostic
Le diagnostic de la « chorée » est extrêmement facile : apparition au cours ou à la fin de la Maladie du jeune âge, de contractions rythmiques, permanentes, localisées ou généralisées, accompagnées ou non de paralysies, de troubles mentaux.
On ne confondra pas la « chorée » avec certaines affections ou certains états pathologiques qui s’accompagnent ou se manifestent uniquement par des mouvements rythmés des muscles : chorée traumatique, tremblements, myoclonies, tics, épilepsie, éclampsie.
La chorée traumatique est une affection assez rare qui simule exactement la « chorée », maladie infectieuse. Cette « fausse chorée » a été étudiée par Liénaux chez un chien bouledogue. L'’affection s’est développée à la suite de la ponction d’un phlegmon situé le long de la gouttière jugulaire gauche. Deux jours plus tard, le chien devient nerveux, ne se laisse plus approcher, pousse des cris et, au bout de cinq jours, ilest atteint de mouvements choréiques généralisés.
Les contractions rythmiques intéressent les extenseurs ; le corps se soulève à chaque contraction, la tête s'étend sur l’encolure, les mâchoires s’écartent ; pendant la marche, les secousses sont si violentes que le