‹ La "Chorée" du ChienChapitre 4 sur 21 · SUIS · texte numérisé non relu

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cellules motrices spinales ». Les décharges intermittentes que représentent les mouvements choréiques sont le fait : 1° de la propension naturelle des cellules à se décharger rythmiquement ; 2° du trouble de l’inhibition de la moelle qui, à l’état normal, prévient ces décharges rythmiques.

Mais les progrès réalisés depuis par l’anatomie pathologique ont montré que la « chorée » n’est pas seulement liée à un trouble fonctionnel ; les lésions décrites par MM. Marchand et Petit expliquent les phénomènes. L'origine des mouvements réside dans les altérations cellulaires des cornes antérieures. Leur irritation explique l'existence des troubles dynamiques dont le résultat est une ébauche de mouvement, une secousse qui n’est plus soumise à la volonté et qui ne répond nullement à un mouvement physiologique approprié. Cette théorie explique d'une part l’évolution progressive et durable des paralysies et des atrophies musculaires ; d’autre part, la persistance des mouvements avec les calmants, le sommeil, les anesthésiques.

La « chorée » résulte donc d’une altération par le virus de la Maladie du jeune âge, des cellules nerveuses des cornes antérieures de la moelle. « L’atteinte des cellules des cornes antérieures entraîne la paralysie et l’atrophie des muscles auxquels elles correspondent ; mais comme l’altération ne les atteint pas toutes, il faut tenir compte de l’action de la toxine sur les cellules encore capables de répondre à l’excitation : de là les mouvements choréiformes » (Pierret).

Anatomie pathologique

L'histoire anatomo-pathologique de la « chorée » peut se diviser en deux périodes : une première période qui va depuis les premières recherches jusqu'aux travaux de MM. Marchand et Petit, pendant laquelle on considère la « chorée » comme une myélite localisée aux cornes antérieures de la moelle ; une deuxième période avec MM. Marchand et Petit qui démontrent que la « chorée » est une affection méningoencéphalo-médullaire.

Les premières recherches remontent à Prince qui, en 1829, signale une élasticité anormale de la moelle épinière ; Delafond, en 1836, remarque un ramollissement de la moelle dans les deux tiers postérieurs ; Lafosse, Verheyen et Legros considèrent la « chorée » comme une névrose et admettent l'intégrité du système nerveux. Pierret, en 1883, signale l’atrophie des cellules motrices de la substance grise, une accumulation considérable de leucocytes et l’infiltration des gaines péri-artérielles.

Hadden constate, en 1884, dans la substance grise de la moelle dorsale et surtout de la moelle lombaire, des cellules lymphoïdes accumulées par places, et une grande dilatation des capillaires. Les cellules motri-

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ces sont gonflées et déformées. Wood remarque des modifications des cellules des cornes antérieures : disparition du noyau et des prolongements protoplasmiques, transformation de la cellule en un petit corps opaque et irrégulier. Triboulet signale l’existence d’un triangle de sclérose siégeant dans la substance blanche de la moelle avec une atrophie manifeste de la corne antérieure droite, au niveau du tiers antérieur de la moelle. Carougeau, Taty et Jacquin constatent l’atrophie des cellules périépendymaires et la présence, autour de ces cellules, de diplocoques analogues à ceux que l’on observe dans le pus du bassinet.

C’est en 1912 que MM. Marchand et Petit entreprennent de préciser la nature et l’évolution des lésions de la « chorée » en examinant huit chiens atteints à des degrés divers, qu'ils sacrifient, les uns au début de leur maladie, les autres à une phase plus avancée. À l’autopsie, les auteurs constatent que les lésions s'étendent non seulement à la moelle, mais aussi aux autres parties du système nerveux, en particulier au bulbe et au cervelet. Les racines et les ganglions rachidiens sont indemnes. Par ordre de fréquence, la moelle lombaire, la moelle cervicale, le bulbe, le cervelet sont les régions les plus profondément atteintes.

Et maintenant, comment se présentent les lésions ? D'une façon générale, quel que soit leur siège, elles portent primitivement sur les vaisseaux ; c’est en effet la voie de pénétration du virus. Suivant la gravité des cas, les capillaires, les artérioles, puis les veinules sont atteintes.

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Le cerveau présente surtout des lésions de la piemère, des vaisseaux de la substance blanche ; le cortex est rarement atteint.

Dans le cervelet, les lésions siègent presque uniquement sur la pie-mère et la substance blanche. Le cortex est indemne.

Les lésions du bulbe se rencontrent indistinctement dans la substance blanche ou la substance grise, et siègent sur la pie-mère et les vaisseaux.

La moelle est plus ou moins altérée, suivant les cas. Dans les formes légères, les lésions n’intéressent que la substance grise, surtout dans les régions périépendymaires ; elles ne sont jamais localisées aux cornes antérieures ; les cornes postérieures sont toujours touchées. Dans les cas graves, ou de gravité moyenne, les lésions des vaisseaux intéressent aussi bien la substance blanche que la substance grise. Dans les cas graves seulement, on note les foyers de sclérose signalés par Triboulet. Ces lésions sont secondaires à l’inflammation péri-vasculaire ; elles consistent en la dégénérescence des fibres nerveuses et la prolifération intense de la névroglie.

Les cellules nerveuses ne sont lésées que dans le voisinage immédiat des vaisseaux, point de départ du foyer inflammatoire. Ces lésions consistent en une atrophie cellulaire simple sans aucun processus de neuronophagie, sans chromatolyse. La cellule prend une forme globuleuse par suite de la perte de ses prolongements protoplasmiques ; le noyau est excentrique ; les espaces péri-cellulaires abondent en cellules lymphatiques.

La « chorée » du chien est donc « une affection méningo-encéphalo-médullaire ; l’inflammation cérébelleuse notamment peut être aussi commune et aussi profonde dans cette maladie que l’inflammation médullaire ». (Marchand et Petit.)

Symptomatologie

La « chorée » du chien peut revêtir des formes très variées. Se bornant dans certains cas légers à une simple myoclonie localisée et sans retentissement sur l’état général, elle peut, dans d’autres cas, se manifester par des mouvements choréiques généralisés, accompagnés de paralysies, de troubles trophiques et intellectuels. Ces formes extrêmes, reliées par des formes intermédiaires plus ou moins graves, ont un symptôme commun, le mouvement choréique qui, lui-même, peut présenter des aspects très différents suivant la localisation et l’étendue des lésions. Nous étudierons successivement les divers symptômes de la maladie et nous terminerons en montrant la façon dont ils se groupent pour constituer le tableau symptomatologique de la « chorée ».

Troubles moteurs

Ce sont les troubles essentiels, car la « chorée » est avant tout une affection motrice. Ils comprennent les mouvements choréiques et les paralysies choréiques.

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Les mouvements choreïques

Ils ne manquent jamais. « Point de chorée sans mouvement choréique » (Babonneix). Ce sont eux qui marquent le début et la fin de la maladie.

Le mouvement choréique est un mouvement involontaire dont il y a lieu d'étudier, comme l’a fait Babonneix :

1° les caractères généraux ;

2° la répartition ;

3° les aspects suivant la localisation ; 4° les conséquences.

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