LES CHARTES DE VEZELAY
Ainsi, les abbayes d’Hersfeld (1), d’Anspach (2), d’Aniane (3), de Charroux (4), de Saint Chinian (5), de Saint-Chaffre (6) passent dans la mainbour royale. Nous ne conuaissons guère à ce moment-que le fondateur du monastère des saints Jacques et Philippe, à Lucques, qui préfère la protection de l’apôtre, vers 790 (7). Au contraire, à partir de la seconde moitié du 1x° siècle, au milieu des pirateries des Normands ou des Sarrasins, et des dévastations des Hongrois, l'autorité royale s'effondre et le prestige de saint Pierre brille plus que jamais. « Représentonsnous,.. la décadence carolingienne, sous Charles le Chauve ou Charles le Gros ; mettons en regard la situation prépondérante du Saint-Siège, occupé par des papes comme Nicolas I ou Jean VIII, et la vénération toujours grandissante de la chrétienté occidentale pour l’apôtre à qui le Christ a donné le pouvoir de lier et de déiier toutes choses, au ciel et sur la terre » ; la CoutumeAde recourir à sa protection renaît etsèe généralise (8).
Les chartes relatives à la fondation du monastère de Vezelay (863-868), que nous a conservées Hughes de Poiliers dans son Historia Vizeliacensis attestent cette résurrection de l'usage antique, Le comte Gérard de Roussillon écrit au pape Nicolas 1‘ qu'il a eu l'idée de soumettre (les deux monastères qu'il fonde à Vezelay et à Pothières)
(1)5 janvier 775, et 28 juillet 782. Bünuer-MunLBACHER : Regesla imperii, 172, 246.
(2) 29 mars 786. — Bônmer M. op cif., 262.
(3) 27 juillet 787. — Dom Bouquer, V, 151.
(4) 799, au plus tard, Dom Bovuquer, V, 762,
(5) 1erf#août 826. — Dom Bououer, VI, 549.
(6) 845. Dom Bouquer, VIII, 537.
(7) Munaron : Anliquitates medii ævi, II, 561, A. — La charte d’Alet est suspecte,
PTE de DacHery, II, 498-560, — Fapre, op.
cit., 40,
à la ville très sainte et très auguste et aux tom-
beaux éternellement vénérés des bieuheureux apôtres Pierre et Paul. ; je les confie au pape
et à ses successeurs, à cause de ma vénéralion
pour les saints apôtres. » En échange de la pro-
tection donnée par saint Pierre, chaque monas
tère paiera chaque année une redevance d'une livre d'argent. Dès lors, on rencontre très fré= quemment de pareils contrats ; les lecteurs du