‹ La chronique d'Enguerran de MonstreletChapitre 101 sur 135 · Autrement dit Sanche Lopez. (Voy. plus haut , p · texte numérisé non relu

Autrement dit Sanche Lopez. (Voy. plus haut , p

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furent tous deux mis et monstrez moult longuement à tous ceulx qui les vouloient veoir. Et avoit escript esdictes mitres : « Ceulx cy sont desloiaulx à l'Eglise et au Roy. » Et après ce , furent amenez au Louvre sur ledit tumbereau comme dessus \ Et lendemain s'assembla ledit conseil au palais où estoit présent , ou lieu du Roy, le chancelier de France. Ouquel lieu , ^ maistre Ulfin Talevende *, natif de Norniendie, docteur en saincte théologie , très renommé , proposa de par l'Université de Paris et print son theume de la centiesme pseaulme : Fiat pax in virtute tua, en adréçant ses paroles à la personne du Roy et aux autres seigneurs de son sang là estans présens , de par ladicte Université , en les exortant qu'ilz voulsissent entendre par toutes manières qu'il seroit possible, de faire cesser ce périlleux scisme et à leur povoir procurer la paix et union de saincte Eglise universelle, remonstrant de rechef la mauvaistié dudit Pierre de La Lune par très elères raisons, disant qu'il estoit scismatique et hérétique obstinéement, qui ne devoit point estre nommé pape Benoist , ne cardinal , ne par aucun nom de dignité, et que nul ne devoit obéir à lui, sur peine deue aux favorables à hérésie. Et racompta moult de foiz aucuns cas des papes de Romme convenables à son propos, et la conclusion du derrenier concile, laquelle fut, que se ledit Pierre de La Lune et son adversaire ne faisoient paix et union en l'Eglise dedens l'Ascension , comme ilz avoient promis , tout le royaume de

1. Cette scène se passa le 20 août (H08). Chr de Ch. FI, t. IV, p. 58.

2. Le Religieux de Saint-Denis qui ne le nomme pas par son nom , dit qu'il était de Tordre des Trinitaires ou Mathurins.

France généralement et ceulx du Daulphiné, se soubztrairoient de leur obédience. Car ainsi Pavoient conclud lesdiz prélas qui au concile avoient esté , comme il apparoit par lectres seellées de Jeurs sceaux que ceulx de ladicte Université avoient pardevers eulx. Et pour ce, que ladicte obédience est soubztraicte de par le Roy jusques à ce que ung vray, seul et ferme et pasteur de l'Eglise universelle soit esleu et d éclairé. Et si fut pareillement déclairé par ledit proposant comment on se devoit avoir en dispensacions pour les consciences, et ès collacions des bénéfices et autres choses , tant oudit royaume comme ou Daulphiné , devant ladicte neutralité. Et aussi quelles choses on devoit conduire sur les besongnes dessusdictes [que nul], de quelque estât qu'il feust, ne feist obédience aux deux papes dessusdiz après le jour qui estoit déclairé , et sur peine d'encourre en l'indignacion du Roy. Et après fut requis par icellui, que les lectres dont devant est faicte mencion feussent deschirées publiquement, et pareillement une autres qui autrefoiz avoit esté apportées à Thoulouse. Si en fust ainsi fait. Et avec ce , fut commandé à tous les prélas et autres gens d'église , que chascun endroit soy , ès mectes de ses bénéfices , fist publier hault et cler et par plusieurs jours ladicte neutralité universelle. Et avec ce, leur furent baillez par escript, de par ladicte Université, tous les poins et articles touchans ceste matière, et comment ilz se avoient à gouverner. Après lesquelles besongnes traictées et remonstrances faictes comme dit est, chascun se départi*. Et lendemain , les deux

i. novembre, comme il a été dit plus haut. Le Religieux

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Arragonnois dessus nommez furent ramenez et de rechef eschafaudez et menez parmi Paris , comme autrefoiz avoient esté.

En ces jours la Roy ne de France, qui avoit séjourné à Meleun par certains jours, vint à Paris 1 et amena son filz le Daulpbin, lequel estoit monté sur ung blanc cheval que conduisoient quatre hommes de pié, et aloit après le charriot de ladicte Royne , et derrière ledit Dauphin suivoient les ducs de Bretaigne et de Bourbon, les contes de Mortaigne, de Clermont et de Vendosme et très-grant nombre de grans seigneurs, tant de gens d'église, comme de séculiers, chevaliers et escuiers. A laquelle venue fut faicte grande léesse des Parisiens, et fut crié Noël en. plusieurs lieux. Et ainsi s'en alèrent loger, icelle Royne, leDaulphin, son filz, et Loys de Bavière, son frère, ou chastel du Louvre.

Et lendemain 1 vint audit lieu de Paris la duchesse d'Orléans, douagère, et sa belle fille Ysabel, ainsnée fille du roy de France, acompaignée de plusieurs gens notables, chevaliers et autres, tous vestus de deuil. A rencontre desquelles yssirent tous les princes dessusdiz, lesquels les conduirent et amenèrent devVrs la Royne et le duc d'Acquitaine pour leur faire requeste qu'ilz peussent avoir justice et raison de la piteuse mort du duc d'Orléans defunct, et aussi faire respondre et proposer à l'encontre de ce que le duc Jehan de Bourde Saint-Denis donne tout au long les décisions de ce concile. Voy. Chr. de Ch. FI y t. IV, p. 30.

4 . Le Religieux de Saint-Denis dit : le dernier dimanche de ce mois (août), par conséquent le 26 août.

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