‹ La chronique d'Enguerran de MonstreletChapitre 47 sur 135 · Vérard ajoute : Combatans · texte numérisé non relu

Vérard ajoute : Combatans

[1405] DENGUERRAN DE MOSSTRELET. 105

très asprement à assaillir la ville de Ardre *, laquelle ilz cuidèrent trouver desgarnye de gens d'armes. Et de fait drecèrent escheles contre les murs et trahirent le feu dedens en plusieurs lieux. Mais par l'aide, confort et diligence de deux notables chevaliers qui dedens estoient , c'estassavoir messire Mansart du Bois 1 et le seigneur de Licques, furent lesdiz Anglois très fort reboutez , et en y eut , en faisant ledit assault et en eulx retraiant, mors, de quarante à cinquante, dont la plus grant partie furent par leurs compaignons portez en une grande maison au dehors de la ville en laquelle ilz boutèrent le feu pour les ardoir afin que de leurs enuemis *ne feust leur perte sceue. Et après , tous confus et desplaisans de leur dommage, s'en retournèrent en leur ville de Calais 8 . Auquel lieu , pour ce que aucuns de leurs gens y estoient mors de la navreure du trait des Genevois estans à la besongne de Merck , volrent tuer aucuns d'iceulx , disans que ledit traict estoit envenimé. Et adonc le dessusdit conte de Saint-Pol , lequel , comme dit est , s'estoit retrait à Thérouenne, comme espérant aucunement recouvrer son honneur, manda par toutes les marches de Picardie gens de guerre et les fist venir vers lui. Si y vindrent le seigneur de Dampierre , messire Jehan de Craon , seigneur de Dommart , messire Morelet de Querecques , le seigneur de Fosseux , le seigneur de

1 . Vérard imprime : la ville et Ardre ; faute qui ne se trouve pas dans Tédit. de 1 572.

2. Mansart du Bos, dans Vérard, qui par contre met fautivement te seigneur de Lignes y au lieu de Licques.

'A. Le Religieux de Saint-Denis ne dit rien de cet échec essuyé par les Anglais sous les murs d'Ardres.

Cbin , le seigneur de Houcourt, et plusieurs autres nobles hommes en très grant nombre, avec lequel conte , ils tindrent plusieurs consaulx esquelz ils conclurent d'aler à puissance devers les marches de leurs adversaires pour iceulx envayr et grever de toute leur puissance. Mais en ces propres jours fut mandé audit conte et ausdiz seigneurs de par le Roy qu'ilz ne procédassent plus avant à faire ladicte entreprinse, car le Roy y avoit pourveu d'autres gens. C'est à dire qu'il y envoia le marquis du Pont, filz au duc de Bar, le conte de Dampmartin et Harpedane *, chevalier de grant renom , à tout quatre cens bacinets et cinq cens autres hommes de guerre qui se logèrent à Boulongne et es autres lieux sur les frontières de Boulenois. Pour lequel mandement diceulx ne de leur venue, ledit conte Waleran de Saint- Pol ne fut guères joyeux. Mais ce lui convint il souffrir, feust de son bon gré ou autrement. Et d'autre part, le duc Jehan de Bourgongne, qui estoit en son pays de Flandres, sachant la fortune et dommage que avoit eu ledit conte de Saint-Pol , en fut très desplaisant , et envoya hastivement messire Jehan de La Valée*, chevalier, et plusieurs hommes d'armes et arbalestriers à Gravelines et autres lieux de ladicte frontière pour garder que les Anglois ne leur feissent aucun dommage. Esquelles frontières estoient aussi commis de par le roy de France, messire Holiel d'Araines 3 , lequel nuit et jour très diligemment entendoit aux besongnes.

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