CHAPITRE XXXIV
Comment le duc Loys d'Orléans ent la duchié d'Acquitaine. De» trêves entre les deux royaumes de France et d'Angleterre * .
Au commencement de cest an , le duc Loys d'Orléans, estant à Paris, par certains moiens que long-
1 . c Et comment le prince Gales , ainsné filz du roy d'Angleterre , ala en Escosse pour faire guerre , » ajoute ici notre manuscrit. Mais cette seconde partie de la rubrique forme dans le Ms. SuppL fr. 93 et dans les imprimés, le titre d'un x&xv* chapitre qui commence par les mots : Or est vérité t etc., que nous intercalons en son lieu afin de maintenir la concordance dans les numéros des chapitres , entre notre édition et les précédentes.
temps paravant avoit quis , fist tant que le roy de France , son seigneur et frère , lui donna la duchié d'Acquitaine, laquelle de longtemps paravant il avoit désirée et contendu d'avoir.
Et en ce mesme temps furent faictes trêves entre les roys de France et d'Angleterre , par temps seulement, et furent publiées ès lieux acoustumez jusques à ung an ensuivant. Pour lesquelles, ceulx de la conté de Flandres furent fort resjoys, pour ce que par le moien d'icelles leur sembloit que leur marchandise s'en conduisit plus seurement. Et lors vindrent à Paris les ambaxadeurs du roy d'Angleterre, entre lesquelz estoit le principal, messire Thomas Erpinion, avecques lui ung arcediacre et plusieurs autres nobles, lesquelz conduisoit Casin d'Escrevillers 1 . Et requirent au Roy d'avoir en mariage une sienne fille qui estoit religieuse à Poissy*, pour le prince de Gales, premier filz du roy d'Angleterre. Mais , pour ce qu'ilz faisoient trop excessives demandes avec icelle fille , s'en retournèrent en Angleterre sans riens besongner. Et les reconduist jusques à Boulogne sur mer, le seigneur de Hangest, qui par le Roy fust tantost après , pour ses mérites , constitué maistre des arbalestriers de France.