‹ La chronique d'Enguerran de MonstreletChapitre 99 sur 135 · Maëstricht · texte numérisé non relu

Maëstricht

2. Fosse et Florennes, deux villes de la partie du pays de Liège enclavée dans le Hainaut et le comté de Naraur.

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grant nombre , s'en retourna hors d'icellui , embrasant et boutant les feux par tout , à tous ses gens, qui estoient grandement remplis de leurs biens qu'il z avoient trouvez, et revint en son pays de Haynau pour de rechef assembler plus grant puissance avec celle du duc de Bourgongne en intencion de retourner oudit pays de Liège et combatre les dessusdiz Liégois.

Ouquel temps avoit forte guerre entre les Espaignolz et les Sarrasins de Grenade. Car le roy d'Espaigne, grandement acompaigné de ses Espaignolz et de messire Robinet de Braquemont , chevalier, natif de Normendie, si entra en vingt quatre galées, lesquelles estoient bien furnyes de gens de guerre , et ala combatre sur la mer lesdiz Sarrasins qui avoient vingt deux galées bien armées, qui du tout furent destruites et ceulx de dedens mis à mort 1 .

Esquelz jours le roy de Hongrie escripvi lectres à l'Université de Paris , desquelles la teneur s'ensuit : « A vénérables , sages et prudens hommes, le recteur et Université de Testude de Paris, noz devoz et amez. » La narracion si estoit : a Nobles hommes et très renommez en science par tout le monde. Nous avons reçeu agréablement vostre épistre, pleine de subtilité de sentence et aornée [d'] éloquence de paroles, répittans vostre cure et estude estre piteuse et dévote et

1 . Il n'est pas facile de deviner de quelle expédition contre les Maures veut parler ici notre chroniqueur. Le roy d'Espaigne, c'est-à-dire le roi de Cas tille était alors un enfant de trois ans (Jean II); à la vérité son oncle Ferdinand de Castille, qui était régent, combattit fréquemment les Maures, et même finit par prendre sur eux la ville d'Antequerra en Andalousie, Tan ikiO.

très agréable au Saint- Esperit et très prouffitable à tous clirestiens icelle opinion par toutes pars et par toute raison. Car telle abhominacion pour le présent est eslevée et révélée en l'Eglise de Dieu , que nous considérons que tous chrestiens de cuer, de pensée et de œuvre devroient à Dieu faire plaisir afin que par sa grâce y voulsist pourveoir de remède convenable, c'estassavoir scisme et division, qui jà a duré par l'espace de trente ans , feust adnichilé et destruit par vraie union. Car, se briefment à ce n'est remédié , il est à doubter que par ceste double division ne s'ensuivent trois divisions. Et pour ceste cause et aucunes autres, nous avons envoyé nostre orateur à très chrestien prince nostresire le roy de France afin que nostre légacion à estre envoiée devers lui et son conseil ne feust point empeschée, tant par les mescréans, comme par autres. Par laquelle à lui requérons féablement qu'il nous envoie aucun de sa noble , baulte et puissante lignée pour nous aider et conseiller de noz afaires comme nous avons espérance qu'il le fera, sacbans, que se ce il nous octroyé, nous serons tousjours prestz à le servir et lui faire plaisir, comme autrefoiz avons esté. Donné à Romme , le xi e jour de juing , et de ' nostre règne le xxn e an *. »

i. U s'agit ici de Sigismond, roi de Hongrie en 1392, à la mort de sa femme, Marie, surnommée le Roi-Marie. Il l'avait épousée en \ 386 , ce qui justifie la date de vingt-deuxième année de règne que donne ici la pièce. Sigismond fut élevé à l'empire en!4H.

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