‹ La Chronique de France (volume 2)Chapitre 31 sur 31 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Au Capital de 150,000,000 de Francs

Siège Social : 14^ Rue Bergère, 14^ PARIS

Fondé par décret du gouvernement provisoire en date du 8 mars 1848/pour venir en aide au commerce parisien cruellement éprouvé par la crise financière qui suivit la dévolution, le Comptoir national d'Escompte de Paris est le premier établissement de crédit qui ait fonctionné en France.

Il commença ses opérations avec un capital réalisé en espèces de i. 687.021 francs sur l'ensemble du capital nominal de garantie de 20 millions dont les deux tiers étaient fournis par l'Etat et la ville de Paris. Il prit un si rapide développement que dès i853, il put augmenter son capital et dégager progressivement l'Etat et la Ville de la garantie accordée. Après une longue ère de prospérité survinrent en 1889 des incidents qui forcèrent le Comptoir à entrer en liquidation. Mais, réorganisé aussitôt sur l'initiative de M. Denormandie, sénateur et ancien gouverneur de la Banque de France, le Comptoir entra dans une nouvelle phase de succès. Sa constitution

actuelle est celle d'une société anonyme. Une Commission de contrôle, émanant directement de l'Assemblée Générale des actionnaires, exerce une surveillance permanente sur la gestion sociale.

Le capital a subi depuis lors, d'incessantes augmentations. Il était d'abord de ^o millions dont moitié versée, divisé en 80.000 actions de 5oo francs chacune. 60.000 parts de fondateurs représentaient en outre l'apport des anciens actionnaires. Dès les premiers mois les dépôts et le chiffre d'affaires attendirent des montants si considérables que le capital dût être porté de 40 à 80 millions par la création de 80.000 actions nouvelles qui lurent émises à 53o francs le 23 Novembre 1889. En 18912, nouvelle augmentation par suite d'une entente avec la Banque des Dépôts et Comptes courants, laquelle en s'absorbant dans le Comptoir d'Escompte lui apporta avec sa clientèle et son local un capital intact de i5 millions. En 1895, le capital fut porté à cent millions par la création d'actions nouvelles émises à 55o francs. Enfin le 26 avril 1900 une dernière émission à 5^5 francs éleva le capital à iSo millions de francs.

Le Comptoir national d'Escompte possède, en dehors de son siège central de la Rue Bergère à Paris et de sa succursale de la Place de TOpéra, vingt bureaux secondaires dans Paris même et 4 dans la banlieue ; le nombre de ses agences en France est de 84 ; il en possède en outre, 7 en Tunisie, en Algérie, au Maroc et à Madagascar ; ses agences étrangères sont celles de Londres, de Liverpool, de Manchester et, hors d'Europe, de BomÉay, Calcutta, San-Francisco, Chicago, New-Orléans, Melbourne et Sydney ; une importante agence a fonctionné à l'Exposition de 1900. Le Comptoir d'Escompte est de plus le

correspondant à Paris des Banques de TAIgérie, de rindo-Ghine, de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de la Réunion et du Sénégal ; il a des relations suivies et étroites avec la Ban(|ue Russo-Qiinoise, la Banque Française du Brésil^ le Gredito Italiano, etc....

Les opérations du Comptoir d'Escompte sont nombreuses autant que variées ; il escompte le papier de commerce sur Paris, la Province et l'Eftranger, se charge de rencaissement des effets, reçoit en compte de dépôt des fonds qui sont constamment à la disposition des déposants auxquels est servi un intérêt d'i/a pour cent. Il renseigne sur toutes les valeurs cotées ou non cotées ; il consent des avances sur titres, sur les rentes d'Etat, les obligations de chemins de fer, etc., délivre contre provision préalable, des chèques et des mandats ; il transmet tous ordres de paiement, exécute gratuitement, c'est-à-dire sur simple remboursement des frais réclamés par les agents de change, les ordres de bourse que ses clients lui adressent et dont la couverture lui est faite. Il se charge de l'exécution des ordres d'achat et de vente sur toutes les places, moyennant commission et frais de transport des titres — de la souscription sans commission à toutes les émissions faites à Paris — de la garantie contre les risques de remboursement des titres cotés au-dessus du pair . . . . Mais surtout il prend soin des intérêts des voyageurs. Il délivre des lettres de crédit sur tous les pays ainsi que des lettres de crédit circulaires payables dans le monde entier ; ces lettres de crédit sont accompagnées d'un carnet d'identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commodités en même temps qu'une sécurité incontestable. Enfin il a ouvert à sa Succursale de la Place de l'Opéra, un service spécial pour le paiement des

lettres de Crédit avec Salons de lecture et de correspondance, cabine téléphonique, boite postale, etc..., non seulement le Comptoir se charge de la correspondance de ses clients mais il reçoit pour eux et leur fait parvenir les paquets postaux.

Outre la perfection de son outillage, le Comptoir national d'Escompte de Paris a donc pour lui sa très grande et très rapide prospérité. En dix ans, alors qu'il ne disposait à ses débuts

Îue de 20 millions versés, de 26 millions de épôts, d'un seul siège à Paris, de 3 agences en province et de i3 agences hors de France, il a pu atteindre un capital de i5o millions et le chiure de 128 sièges divers. Les bénéfices ont passé de 9.924*000 francs en 1890 à ^ofi5.ooo francs en 1894 et à 6.oi3.ooo francs en 1899. Le dividende régulièrement distribué entre 1093 et 1897 a été de 25 francs ; celui de 1898 a été porté à 26 francs 25 et celui de 1899 à 27 francs 5o.

Le Conseil d'Administration du Comptoir est composé de huit à quinze membres nommés pour six ans et devant être propriétaires de So actions chacun. Le Conseil compte actuellement onze membres présidés par M. Denormandie, ancien gouverneur de la Banque de France. Le Directeur général de rétablissement, est M. Alexis Rostand, officier de la Légion d'Honneur. L'Assemblée générale, composée de tous les actionnaires possesseurs d'au moins dix actions, se réunit une fois par an. Elle peut être convoquée extraordinairement s'il y a lieu.

Page 1