‹ La chronique de Godefroid de Bouillon et du royaume de Jérusalem première et deuxième croisades 10801187Chapitre 46 sur 77 · DÉCOUVERTE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE

du roi Philippe-Auguste, d’épouser Marie de Montferrat , fille aînée d’Isabeau , et de porter la couronne de Jérusalem. Le mariage s’accomplit, et Jean de Brienne fut couronné à Acre en 1209. Il fut aussi régent de l'empire de Constantinople pendant la minorité de Baudouin de Courtenai , second du nom , dernier des empereurs latins d’Orient. Il n’eut de Marie de Montferrat qu’une fille, Yolande de Brienne, qui transmit tous ses droits sur le royaume de Jérusalem à l’empereur Frédéric 11 de la maison de Souabe. Cet empereur fut le dernier roi de Jérusalem qui eut quelques possessions dans l’Orient; car en 1291 la ville d’Acre fut reprise par les Infidèles.

La ville sainte est restée entre les mains des califes et des soudans d’Égypte jusqu’en 1517, que Selim, premier empereur des Turcs, détruisit leur empire. C’est ainsi que finissent les Chroniques de Jérusalem'.

Comment l’apôtre saint André apparut au comte do Flandre Robert , et comment par son secours les Croisés assiégés dans Antioche furent délivrés et remportèrent la victoire } — avec autres choses *.

Nous avons parlé d’une autre version sur la sainte lance. Nous la donnons ici :

« Les Croisés, réduits dans Antioche à Ja dernière extrémité, n’espéraient plus en aucun secours hu-

* Extrait de la Chronique de l'abbaye de, Saint-André lez-Bruyes, publiée par M. Octave Delepierre.

main, quand le Dieu très-bon et très-puissant vint à leur aide.

» Une nuit, le glorieux apôtre du Christ, celui qui des premiers suivit les traces du Fils de Dieu et fut son fidèle disciple, saint André apparut au très-noble et invincible prince le comte Robert de Flandre, lui révéla le lieu où se trouvait enterrée, dans l’église de Saint-Pierre, la lance avec laquelle le centurion Longin perça le flanc de Notre-Seigneur, et l’engagea à l’aller prendre, accompagné des autres princes chrétiens, ajoutant qu’il devait ensuite attaquer les ennemis , qui seraient vaincus. Ayant dit ces paroles, il dispârut. -

» Le comte Robert , à qui cette vision rendait la joie et l’espérance, se leva au point du jour, remercia le Seigneur tout-puissant et son saint apôtre de la faveur qui lui était faite; puis il assembla tous les chefs de l’armée et leur exposa ce qui lui était arrivé. Tous, ayant fait le signe de la croix, coururent en bénissant Dieu an lieu indiqué; et la terre ayant été creusée, on trouva la lance du Christ, ainsi que la vision l’avait révélé.

» Une grande confiance se répandit alors dans toute la ville; on ne songea plus qu’à combattre et on s’y prépara avec ardeur. Chacun confessa ses péchés, puis s’avança pour recevoir le précieux corps de Jésus- Christ ; ce qui acheva de relever leur énergie. Dès le point du jour, les prêtres, vêtus de leurs habits sacerdotaux , célébfaient de tous côtés le service divin , même au milieu des rues, et donnaient la bénédiction à tous.

» Il résulta de là , pour les Croisés , une telle con-

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