‹ La chronique de Godefroid de Bouillon et du royaume de Jérusalem première et deuxième croisades 10801187Chapitre 72 sur 77 · RELATION DE L'INCENDIE · texte numérisé non relu

RELATION DE L'INCENDIE

pulcre, était intact, quoique la chapelle de Notre-Daroedes-Douleurs, desCophtes, qui touchait au monument, ait été réduite en cendres.

» La chapelle de l’Ange, qui est à l'entrée du très- Saint -Sépulcre , n’a eu de brûlé que la moitié des velours qui lui servent d’ornement ; les murs et le pavé n’ont reçu aucun dommage. A la chapelle du Calvaire, on a pu sauver intacte la statue de la Sainte-Vierge-des- Douleurs, qui se trouvait entre l’autel de la Purification et celui de l’Exaltation de la Croix. Cette statue est un don du roi de Portugal.

» L’endroit où notre Seigneur fut crucifié appartient aux Catholiques : il a été peu endommagé. On ne peut en dire autant de celui où fut élevée la Croix, et dont les Grecs sont en possession. Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que malgré l’orage violent qui soufflait, malgré le voisinage d’une fenêtre qui pouvait favoriser les ravages de l’incendie, la chapelle contiguë au dehots de Notre-Dame-des-Douleurs n’a eu aucun mal.

» Cette chapelle , bâtie au lien où se trouvait la Sainte -Vierge avec les autres Maries lorsque les Juifs attachaient son Fils à la Croix , est restée intacte, et le tableau qui la représente , quoique si près du feu , est également demeuré sans atteinte.

» A six heures, la violence du feu commença à se calmer ; et à neuf il n’était plus ni dangereux ni menaçant.

» Le jour suivant , lorsqu’on put enlever les décombres, on s’aperçut avec un nouvel étonnement que

•DU S A INT* SÉPULCRE, la sainte pierre qui couvre celle de l’Ouclion , et que l’on croyait calcinée , n’avait pas souffert. Personne n’a péri ; quelques frères ont été blessés ' »

1 Le journal de l'Empire donna, en 1809, In relation de cet événement funeste presque dans les mêmes termes qui sont ici rapportés ; mais il ajoutait quelques particularités sur la conservation du Saint-Sépulcre , que le lecteur nous saura sans doute gré de retrouver ici.

a La chapelle du Saint-Sépulcre, se trouvant ensevelie sous les décombres ardentes, sous les débris des colonnes calcinées, et sous la masse des métaux fondus, était exposée sans défense à .faction violente d’un feu aussi terrible, ’ll n'est pas un sent des habitants qui ne lu crût totalement consumée. Quel fut leur étonnement lorsque, le feu ayant cessé, la porte même qui était de bois se trouva froide et sans aucun dommage! l’intérieur du monument n’avait pas souffert la plus légère atteinte. L’autel de marbre et le tableau de la Résurrection n’étaient pas même altérés. Les flammes avaient également épargné les chapelles du Calvaire, du Crucifiement et de la Mère de Douleurs, desservies par les Catholiques. Les Turcs euxmêmes ont considéré ces circonstances comme miraculeuses.

« Il n’y a en effet qu’une puissance surnaturelle qui ait su garantir le Saint-Sépulcre surtout au milieu des flammes qui le pressaient de toutes parts. Quarante-quatre lampes qui brûlent continuellement dans cet étroit espace y entretiennent une chaleur étouffante; trois trous percés û la voûte, pour en faire évaporer la fumée, laissaient un libre accès aux étincelles de feu et aux gerbes de flammes; le plomb fondu est tombé pendant plusieurs heures sans discontinuer sur la porte de bois , un fleuve de tous les métaux en fusion roulait sans cesse sur cette porte; mais ce fleuve, comme s’il eût été saisi par une main de glace, se figeait en la louchant. Elle est demeurée froide et la chapelle intacte au milieu des tourbillons ardents. » (Journal de l’Empire, 21 mars et H mai 1809).

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