‹ La chronique de Godefroid de Bouillon et du royaume de Jérusalem, premièreChapitre 29 sur 63 · SUCCESSEURS DE BAUDOUIN · texte numérisé non relu

SUCCESSEURS DE BAUDOUIN

Mais il eut moins de boabeur en < 1 22* Ua corps de Turcs, sous les ordres de Témir Balac, avait surpris Josselin de Courtenay et T emmenait prisonnier. Le roi de Jérusalem, volant à son seccMurs, tcMuba lui-même dans une embuscade. Balac lui fit partager la captivil;é de Josselin, dans la forteresse de Kbarpout.

La désolation de la ville sainte fut grande, lorsqu'on y apprit que le Roi était dans les fers. Cinquante chrétiens de l'Arménie, partis pour le délivrer, pénétrèrent dans la fM^teresse, sous des habits de marchands. Ayant naassacré la garnison et remplacé sur les tours les étendards de Mahomet par la bannière de Jésus-Christ, ils emportaient les trésors de Balac et sortaient avec les deux princes, quand tout à ooup ils se virent cernés par les Turcs. Jossdin seul trouva moyen de s'échapper. Il fit serment de laisser croître sa bart)e jusqu'à ce qu'il eût amené des secours suffisants pour rendre la liberté à ses frères. Mais Balac, ayant pénébré dans la forteresse, n'épargna que le Roi, dont il espérait une grande rançon, et fit mettre à mort les cinquante Arméniens.

Pendant ce massacre , Josselin , ayaM passé l'Euphrate sur deux outres enflées de vent, car il ne pouvait nager avec sa lourde armure, était arrivé à Jérusalem.

A son appel, les chevaliers s^armèr^it et coururent avec lui au secours de Baudouin IL Ils ne trouvèrent plus, à la place de la forteresse de Kharpout, que des ruines. Balac était parti avec son prisooni», qu'il retenait chargé de fers à Charan. On apprit alors qu'une armée égyptienne se rassemblait dans les plaines d' As*

no SUCCESSEURS DE BAUDOUIN.

calon. Il fallut remettre à un autre temps la délivrance de Baudouin,

En Tabsence du Roi, on nomma régent du. royaume de Jérusalem Eustache d'Agrain, comte de Sidon ; et on marcha contre les Égyptiens , qui furent vaincus , dispersés , refoulés dans leurs vaisseaux , puis battus encore sur mer par une flotte vénitienne qui venait à Faide des Croisés.

Le doge de Venise Michaéli commandait cette flotte. Avec les forces qu'il amenait , il fut décidé qu'on irait assiéger Tyr. Cette ville fut prise au bout d'un siège de six mois, malgré les eflbrts de l'émir Balac, qui était arrivé à son secours, et qui, dans une rencontre, fut tué par Josselin , lequel envoya sa tête au camp des Croisés. Ce farouche présent y causa tant de joie , que le comte de Tripoli fit chevalier celui qui l'avait apporté.

Baudouin II profita de cette circonstance pour traiter de sa rançon. Il revint à Jérusalem, releva de son vœu le fidèle Josselin , qui put couper sa longue barbe. Quelques victoires signalèrent encore les dernières années de sa vie.

En 1 131 , sentant qu'il allait mourir , Baudouin se fit porter au Saint-Sépulcre, où il expira dans les bras de sa fille Melisende.

Cette princesse avait épousé Foulques d'Anjou, qui succéda à Baudouin I[. La décadence du royaume de Jérusalem marcha vite sous ce règne ; elle fut plus rapide encore sous Baudouin III , fils de Melisende. En A 1 45, les Musulmans reprirent Édesse, et trente mille chrétiens y périrent. Le fruit des longs travaux de

Godefroid et de ses successeurs allait s'anéantir , après avoir coûté tant de sang, lorsque saint Bernard prêcha la seconde croisade générale.

Page 1