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La chronique de Mantes

Lorsqu'il y a un an A peine, nous commencions la publication de celte Chronique de Mantes, fêtais loin de penser, quand parut la première feuille, que ce serait la seule que ▼errait mon regretté collaborateur et ami, M. Alphonse Durand, mort le 3 août 1882.

Je n'ai pas à dire ici tous ses mérites. J'ai payé en son temps le juste tribut d'éloges dû à son savoir, à son talent et à ses qualités d'homme privé. Une grande conformité de goiits nous avait rapprochés et unis depuis longtemps ; pendant plus de dix ans, je l'ai vu presque tous les joii^. A force d'échanger nos idées et nos vues sur une foule de sujets où les faits dp l'histoire de Mantes tenaient la plus grande place, j'en vins à lui proposer de publier avec lui, cette histoire qui nous tenait également au cœur à tous deux.

Nous avions déjà publi»'' ensemt)lf . jtlusicurs travaux pour la Covwu'ssinn de l'inreniairc des ric/icssc^i d'art, et entre autres, l'inventaire de Notre-Dame et notre notice sur la Fontaiiif de Mantes. M. Durand avait une conlianco entière dans la manière dont je savais résumer nos longues discussions en matière d'histoire, d'art ou d'archéologie. Il accepta ma proposition, et pour le dire en passant, s'en remit entièrement à moi de l'exécution matérielle de Tœuvre dont il voulut supporter seul tous les fVals.

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Nous arrêtâmes peu à peu, le plan que nous comptions suivre : c'est celui que nous avons exposé dans nos préliminaires et dont Je ne me suis pas écarté un seul instant depuis. Chaque jour, dans nos causeries» nous examinions les difficultés de Tentreprise, les sources à consulter, les erreurs courantes à éviter, les oublis à réparer. Dès longtemps, M. Durand avait rassemblé un assez grand nombre de documents imprimés sur Tépoque de Charles Y, dont il n*y avait plus qu*à tirer le meilleur parti possible pour l'histoire de Mantes. Je me mis dès lors à recueillir tout ce qui pouvait être utile à ce travail un peu considérable.

Resté s(?ul pour continuer l'œuvre à peine commencée, tout le poids de cette publication est retombé sur moi. Je me suis efforcé de faire en sorte que la mort de U. Durand, qui a été une si grande perte pour ses amis et pour la ville de Mantes, fut à peine sentie par les lecteurs de notre C/tronique. Je me suis astreint à rédiger tout ce livre qu'il ne devait pas lire, avec le même soin scrupuleux que j'avais apporté dans les cinq ou six premières feuilles dont le manuscrit lui a seul été soumis.

Lorsqu'un point diCficilo ou seulement délicat s*est présenté, je me suis toujours souvenu de nos discussions et de la tournure d'esprit (pii lui était personnelle ; j'ai toujours eu présentes à la pensée, ses idées particulières sur c<îrtains sujets où nous difTérions complètement d'opinion. Dans ces cas assez rares, j'ai toujours décidé comme si j'avais eu à lui l'aire accepter la rédaction à laquelle je m'étais enfin arrêté.

Maintenant, le livre est terminé et appartient à la critique. La situation que la mort de mon collaborateur m*a créée lera peser sur moi toutes ses sévérités, et ce ne sera que juste. Si nous y avons mis beaucoup de choses nouvelles ou peu connues, on y trouvera certainement encore beaucoup de lacunes et de défaillances dont Je suis seul responsable. Pris entre mes goûts pour Tétude et des devoirs professionnels très étroits, j*ose compter sur Tindulgence de ceux qui savent quelle volonté et quelle patience il a fallu, pour

courir les bibliothèques et consulter les archives, sans trop négliger le travail quotidien que m'impose ma profession.

Je prie donc nos lecteurs, de me pardonner tout ce qui manque à ce livre, en tSLvewt de ce qu'il contient et qui formera je crois, une large contribution A Thistoire de liantes.

Ë. Grave.

Mantes» le /" juillet 18SS,

PRÊUMliNAiaES

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