CRIMINEL ROMPU
§ 345. M. le duo d'Ayen. — Monseignenr le dac d'Ayen, fils de M. le duc de Noftilles, premier capitaine des quatre compagnies des Gardes da Corps» Tint à Mantes et le mardi 20 mai» il alla en carrosse dans Ttle Champion, TOir faire Fezerdce aux troupes ; il alla coucher à MagnauTilIe. La compagnie cantonnée à Mantes partit le 29 mai. Avant son départ, un Garde de la Manche (1), reçut un coup de pied de cheval dans le bas-ventre et en mourut.
§ 346. Visite de l'évêque de Chartres. — Le mercredi
4 juin 1755, M. de Fleury, évêqup do riiartros vint à Manies. Il faisait sa tournôe pour la confirmation, mais ne coiilirma pas à Mantes. Il assista à la procession de la Fête-Dieu. Il coucha à Mairnanvillo. Il alla confirmer à Dammartin, et de là à Septeuil où il tint le Synode.
§.'M7. Mort de M. de Beuron. — M. Guillaume Bouret, écuyer, seigneur de Beuron et de Malassis, premier président au Bailliage et siège Présidial de Mantes, mourut le 29 juin, n Alt enterré le lendemain, dans la nef de Téglise Notre-Dame. Il était âgé de 83 ans. H Ait regretté de toute la ville. U était bon magistrat et intègre dans ses mœurs. Si tous les juges lui eussent ressemblés» la ville de Mantes n'aurait pas eu de juges prévaricateurs.
§ 348. Grimiiiél rompu. —Le 18 juillet 1755» le nommé Nicolas Q... dit l'ilvoca/» natif de L... Ait rompu dans la place de Rosny» pour avoir assassiné à coups de bâton, le nommé .... marchand de vaches demeurant à Gravent. Il a avoué et déclaré qu'il n avait point de complice. Quoiqu'il eut été condamné à être rompu vif, M. d'Armencourt, lieutenant de maréchaussée, ordonna qu'il fut étrangrlé avant de le rompre ; ce qui fut exécuté. Le corps resta exposé jusqu'au lendemain samedi à quatre heures après midi ; le bour-
(1) Charge de cour dont U fonction consistait h suivre les enfants du roi de ai prêt, qu'au moindre danger Tofflcier pût saiair l'enfant comme par la aumehi. Cétiit souvent une dwiige honorilIqiM.
roau le prit alors et le porta entre la Y... et L... dans le lieu où le crime avait été commis. Il resta là exposé an gibet, jusqu'à ce que le corps tomba en pourriture. Ses parents qui étaient de .... n'osèrent Tenlever pour le faire enterrer, par crainte du lieutenant de gendarmerie. Il n'y avait pas assez de Juges à Mantes pour prononcer le jugement, et il n^avaitpasété faii de justice depuis 1742.
L'exécuteur dos hautes-œuvres du bailliage de Mantes et Menlan, en 1760, s'appelait Michel Darand. Nous n*on aurions rien dit sans un procès Intenté par lui à l*Hopital qui lui avait enlevé un singulier droit» perçu i Mantes comme dans beaucoup d'autres villes, appel*'' droit de Havagc (i) et qu'il prélevait dans los march<^s de Mantes et de Moulan les jours d'exécution. Nous ne pouvons mioux faire, pour en donner une idée, que de transcrire une partie de la longue sentence d'appel, rendue parle Parlement, le 20avril 1769 etqui a été imprimée :
« Entre Michel Durand, Exécuteur des Sentences Criminelles ' du Baillage de Mantes, appelant de rordonnance rendue j^ar le Lieutenant-Général du Baillage de Mantes le 34 mal 1765, en ce queparicelle il lui a été fait défenses de percevoir les jours d'exécution, le droit de Ilavage simple dans le Marché de Meu-
lan, et le droit de Havagc double dans le Marché do Mantes ;
émendant, il fut maintenu et gardé dans le droit de percevoir, les jours d'exécution seulement, les droits de Havage simple et double, couformémeul aux Arrêts du Conseil, Lettres-Patentes et Arrêts d'enregistrement du 24 mars 1743, en conséquence défenses fussent faites aux ci-après nommés et à leurs commis ou préposés, de le troubler dans la perception desdits droits simple et double, les jours d'exécution, et pour eux Tavoir fait, ils fussent condamnés en trois mille livres de dommages et intérêts
« i;t 1( s Directeurs et Administrateurs de l'Hôpital des Pauvres valides de la Ville de Mantes Intimés, demandeurs en Requête du 14 Juillet 1760, à ce que le ci-dessus nommé fut déclaré purement et simplement non-recevable dans son appel.... En conséquence, ils fussent maintenus et gardés dans le droit et possession de percevoir sur tous les grains et denrées
(1) Littrà écrit A vage, ce mot n'est pas daos Du Caoge. On dit Aussi droU du AwfTMH.
DROIT OU BOURRBAU
du marché de la ville de Mantes, aux trois jours ordinaires, le Ilavage en argent tel que VExécufeur le pcrceDOil avant lesdites Lettres-Patentes, tel qu'ils l'ont toujours perçu depuis, aux offres par eux ci-devant faites en cause [)rincipale et qu'ils réitèrent, de payer et continuer à l'avenir, au ci-devant nommé, et de quartier en quartier, la somme de six cens livres,
par chacun an et sauf au-ci-dessus nommé à continuer de
percevoir jcomme il a toi^ours fait Jusqu'à présent, un double droit de Havage, les jours de Marché où il y aura exécution seulement.... Et pour, par le ci-dessus nommé, les avoir troublés dans la perception dudit droit de Havage, et même perçu ledit droit à leur préjudice, le mercredi 22 mai 1765, le ci-dessus nommé fut condamné, même par corps, à leur rendre et restituer la somme de trente-neuf livres quatorze sols six deniers, provenus de ladite perception, avec les intérêts (I). w
liO 26 avril 1709, comme nous Favons dit, Michel Durand Tit la sentence du Bailliage conQrmée. L*HopitaI continua à percoToir le droit de Havage dans les marchés de Mantes «< tous les fours de Marchés, même les jours où ily auroit exécution. » Michel Durand eut seulement la faculté de porc:' voir un second droit simple, par doublement du premier, a^ec défense do percevoir aucun droit double.
§ 349. Prix des ikrquebiuiers. — Le dimanche 27 juillet 1755, MM. de TArquebuse ont tiré Uur oiseau. Us le tiraient ordinairement le premier dimanche de juin, mais pour la (kcilité de plusieurs chevaliers, le prix fut remis au 27 juillet, n fut tiré dans leur clos, à leur butte, où il fut élevé comme il l'est ordinairement sur le pont. Il plût du matin au soir et ils tirèrent toute la journée sans pouvoir abattre l'oiseau. Le len l- main, comme il restait un bout de Taile gauche et un bout du cœur, ils continuèrent. Le reste fut abattu par M. Hubert, marchand, qui fut roi. Il gagna aussi le pria; du roi (2). Il lit recevoir ce jour là, son flls chevalier.
§ 350. Mort de M. HuideUed, doyen. — Le 26 juillet
(1) On voit que c'était une AMMz joUe somme, pour un eenl Jour, même en
diminuant les intérêts.
(S) Prix offert sur llieure, par le roi de rarquebaie.
1755, Jour de Sainte-Annâ, M. André Muidebled, doyen de Notre-Dame, est mort à trois heures do matin, n est enterré dans l'église Notre-Dame, an milieu, au bas des deux marches. Il a été regretté de tout le public. Il faisait beaucoup de bien, avait beaucoup cVesprit, une bello prestance et était bon prétlicateur. Il a fait reblanchir Saint-Maclou, ôter la grille de bois qui était autour du chœur dans l'espérance d*en mettre une en fer; raccommoder plusieurs tableaux do l'église, percer le dessus delà chapelle Saint-Nicolas, percer des fenêtres et mettre des vitraux et fait beaucoup d'autres réparations.
§ 351 . Pont neuf, le plus beau de son temps. — Le pont
de Mantes fut commencé en 1758 (1). Le plan comprenait trois arches, larges chacune de plus de 100 pieds, à construire à 50 toises au-dessous du vieux pont, vis-à-vis TELapc.
Le 4 avril, les charpentiers ont commencé à travailler à la charpente du pont, en préparant les pieux et les planches, pour le batardeau attenant à TÛe Champion. Us ont posé deux grandes roues, Tnne placée dans l'eaa courante, pour faire tourner Tautre (2) qui était dans le batardeau, afin d*en retirer toute Feau qui était dedans.
Le 8 juillet, on a commencé à battre les pilotis de la pile du côté de rfle Champion. On y travaillait nuit et jour. A la suite on posa un beau griage de pièces de bois entrelacées sur les pieux, avec plate-forme en planches de Tépaissear de 4 à5 pouces.
Le 29 septcml)rc, on a commencé à battre les pieux du pilotis de la culéo de Tîle Champion. On y a posé un griage semblable à celui de la pile.
Le mardi 3 octobre, entre 4 et 5 heures du soir, on a posé la première pierre sur la pile et sur la culée. Ou posa ensuite
(1) En 1T57, suivant Pcrronet.
(2) CéUit une roue à godets faisant répuisement, et mise en mouvement par une grande roue à palettes placé* dût U courant du fleavt. L'asa qvi las reliait était en bois «t avait plna do trente mètrsa.
PONT DE PBRRONBT
boit assises de pierres de cbacane un pied de hauteur environ.
La campagne se termina le 10 décembre, à cause des grosses eaux. On y avait travaillô jour et nuit, fêtes et dimanches, à l'exception des jours de Pentecôte, Vierge d'Août et Toussaint.
£n 1759, la reprise des travaux a commencé le 5 mai, par la construction d'un nouveau batardeau, la rivière étant trop haute pour se servir de l'ancien. Le "îfA juillet, à 5 heures du matin, on a commencé à battre les pieux du pilotis, du côté de la ville.
Le 9 août, on a posé la première pierre sur le griage de la pile, du côté de la ville, de la môme manière et sans plus de façon que pour celle du côtô de l'ilc Champion.
Le 17 août, on a commencé à battre les pieux du pilotis de la culée attenant à la ville et ensuite on a posé les griages.
Le lundi 3 septembre, on a posé la première pierre sur la culée, du côté de la ville, puis la campagne finit au mois de décembre. On croyait la reprendre au mois de mars 17C0, mais les guerres que la France eut à soutenir contre la Prusse et TAngleterre, ont attiré Tattention du gouvernement de ce côté. L'argent ne servait qu'à la guerre, on ne suivait pas d'autres affisdres.
. Au commencement du mois de mars 1763, on a repris la construction abandonnée au mois de décembre 1759. On a préparé le bois pour cintrer les arches. Avant que de poser les cintres, on s*est dévotement pré])aré. U fut dit une messe du Saint-Esprit à Notre-Dame, le 4juin. Elle a commencé à 4 heures IfS du matin et à 5 heures tous les ouvriers qui y avaient assisté ont commencé à poser les cintres (1 ), ce qui a duré neuf jours (2) pour l'arche du côté de l'île Champion ; le même cintre à servi à Tarche du côté de la ville. Quant au
(1) P«rronet qui repremut les travaux, employa alor« le* cintre* retrouuëe inventé* par on Insénieiir inantai*, Robert Pitrou. Non* en parleronailalln de notre Chnmigite.
(2^ Oo peut-être 1, puisqu'on dit plus b&i que rouvrafie fut terminé la 11 juin.
cintre de l'arclio du milieu, il est resté en place jusqu*ao parachèvement des arches. Le II juin, les charpentiers achevèrent de les poser ; ils ont placé un houqnet sur le miliou. A huit heures du soir, on a tiré plusieurs coups de boîtes ensiijno de réjouissance.
Le 27 septembre, sur les -1 à 5 heures du soir, la grande arche du pont a été fermée en pierre. A cette occasion, il y & on \in Te Deum chanté dans l'église Notre-Dame, ;\ six heures ; il fut précédé de la sonnerie do toutes les cloches. Pendant lo Te Deum, on n'a cessé de tirer des l)oîtes. Le lendemain, à 5 heures du matin, on a dit une messe du Saint- Esprit, et le soir on tira un feu d'artifice. Le 25 octohre. on a commencé à démolir le vieux pont (1). Les travaux furent arrêtés le 7 novembre.
En 1765, dans les premiers jours d^avril, on a commencé à reprendre les travaux. On a posé les cordons, fkit les parapets et le pavage. On procéda alors aux terrassements pour élever les chaussées, Tune conduisant à la ville, et rautre allant rejoindre le vieux pont de Umay qui communique au chemin de Paris.
fin continuant leurs travaux, les directeurs des ouvrages du pont ont fiiit percer la route vis-à-vis le pont, jusqu*aa Cheval Blane, U y eut 72 maisons atteintes, non compris celles qui ont été démolies en entier. Parvenus à la place da marché au Hareng, dans les terrassements qu'ils ont foits, les ouvriers ont trouvé quantité d'ossements humains ; le cimetière était anciennement en cet endroit, comme on l'a vu page 86. On a porté tous ces ossements dans un tombereau au cimetière actuel. Pour cette cérémonie, on a fait assembler les frères de la Charité, avec plusieurs prêtres de la ville, pour y assister. Les travaux du percement de la rue Royale, ont fini le 14 janvier 17G6.
Le 9 mai 17()0, les travaux de la démolition du vieux pont ont été repris. Ils ont été terminés le 22 septembre 176G.
Pendant les années 1767 et 1768, la route ou rue Royale a
(1) Les matériaux du vieux pont furent employés dans les parties accès» •drtt dn nonvean.
PONT DE PBRRONBT
été parachevée. Chaque particulier a fait rehàtir sa maison comme il l'a voulu. Le remboursement s'est fait en proportion des dommages causés. Le tout fut ûni en octobre 1768.
De Trudainb, ministre d*Etat.
HupBAU, inspecteur général et premier ingénieur.
SiuoN» ingénieur.
ViGNON, entrepreneur.
Le pont de Mantes, fî(''n('Talemont appelé j^ont de Perronet, a été commoncé en efl"<'t, par Ilupeau, Premier Ingénieur des Ponts et Chaussées de France, qui achevait alors de constmirale pont d*0rléan8, dont la grande largeur faisait craindre pour la solidité. Madame de Pompadour y passa en 1760* non pas la première, mais la seconde, ce qui donna lieu à cette sanglante épigramme :
Geoscurs, Hupeau est bien vengé !
Reoonoaisses Totre ignoranoe ;
Son pont hardi a supporté
Le plus lourd fardeau de la France (I) 1
Le pont de Mantes fut adjugé le 3 août 1756, à Michel Vigùon, pour la somme de 612,000 livres. Hupeau en fit commencer les fondations en 1737. Mais cet ingénieur étant mort dans Tinter- ▼aile de 1760 à 1763, ce fut alors Jean Rodolplie Perronet, Architecte et Premier Ingénieur du roi, qui fut diargé de continuer l'œuvre de son devancier. Il fit changer cependant, la Xîourbe des arches qui devait être une demi-ellipse. Il y substitua une courbe tracée par onze centres, qu'il employa aussi dans les arches du pont de Neuilly.
La description des travaux du pont de Mantes se trouve dans le grand ouvrage de Perronet, imprimé en 1782, à Timprimerio royale (2). Celle qu'on vient de lire est très exacte et suffisante, an moins au point de vue de l'exécution matérielle du pont. On trouvera la partie technique, analysée dans l'ouvrage susindiqué. Il contient, en outre, de nombreuses planches montrant les diverses phases des travaux, et des plans du matériel spécial imaginé par le célèbre architecte.
ID Joumai 4e Barbier, T. IV.
Çt) 2 TolooMt grand io*f».
636 CHRONIQUE DE MANTES [m\\
§352. Fontaine; Garnison; Jubilé. — En 1755, les trois fontaines de la ville furent rétablies par les soirs de M. Desmé, qui procura de l'eau à beaucoup de bourgeois, moyennant 10 livres de rente, par cliaque ligne.
Au mois de mai 175G, deux bataillons du régiment de Normandie qui étaient auparavant à Meulan et à Pontoise, vinrent à Mantes et y restèrent enriron 15 jours. Pendant leur séjour, on fit à Notre-Dame la bénédiction de huit drapeaux neufo, et les vieux dirent suspendus dans Téglise, aux galeries du cul-de-lampe (ràbside).
Au mois de septembre, le régiment de Foix vint tenir garnison à Mantes et y resta jusqu'au premier lundi de carême de 1757.
Le 15 mai 1759, on a commencé le jubflé uniyersel. Ce jubilé a été donné par notre Saint-Père le Pape (1). Il a duré quinze jours pour les personnes résidentes et six mois pour les voyageurs.
§ 353. Mort de Madame de Beuron. — Le 4 septembre 17G0, madame de Beuron, veuve de M. Bourct de Beuron, est morte dans sa terre de Malassis, où elle était restée paralysée depuis quelque temps. Elle fut rapportée à Mantes et enterrée dans la grande nef de I^otre-Dame, à côt6 de son mari.
§354. Mort de M. le Maréchal de Belle-Isle. — Le 28 janvier 1761, M. le Maréchal de Belle-Isle est mort à Paris, n a été transporté à sa terre de Vernon et a passé à Mantes avec toute, sa suite, dans un carrosse de deuil à six chevaux. Le corps fUt déposé dansTéglise Saint-Maclou, où il passa la nuit, gardépardeuxhommes. Le lendemain, ilpar^ tit accompagné d*un prêtre de Paris et de trois personnes en deuil, n fut transporté à Yemon, où par son testament, U avait voulu être enterré.
Le maréchal de Belle-Isle mourut à Versailles et non à Paris. (1) dément ZIII, élnau mois de JaUlet lisa
MISSION DB UMAY
Il fut déposé dans l'église collé^^ialo de Vernon, à côtô do sa seconde femme et de son fils. Il y avait un tombeau dont Milliu a donné le dessin dans ses AtiliquUés I^alionales.
§355. Mort d» M. Feugàre, curé de Notre-Dame. — M. Sébastien Feogère, curé de la paroisse Sainte-Croix et chanoine de Notre-Dame, est mort à Mantes le 10 février 1761, âgé de 79 ans. Il Ait curé de cette paroisse pendant 43 ans. U est enterré dans TéglisOi à la même place que M. Guériteau, devant la chapelle de la cure. U était né à Bonnières (1). '
§ 356. M. Harasse, curé. — M. Harasse, qui était auparavant vicaire perpétuel de Notre-Dame, fut reçu curé de Sainte-Croix, le mercredi 11 mars 1761. Il fut nommé par M. Mariauchaux, doyen, après de grandes contestations avec tout le clergé. A la cérémonie d'installation, il fut accompagné par M. Cottin, ancien chanoine, qui le co)iduisil aux autels du chœur, à-Aa sfallc de cJianoiue, à l'autel de la cure, au banc des riiarguilliers, et de là aux fonts baptismaux. A la suite, il monta en chaire et lit un très beau sermon.
Yoici de curieux renseignements, sur Tétat religieux de Limajr, soixante-quinze ans après la révocation de Tfidit de Nantes.
§ 357. Mission de Limay. — Les Pères de la Mission étant venus à Limay, en 1761, comme c'est leur coutume, en faisant leur ronda afin de convertir les habitants, ils y restèrent environ six semaines sans 2^oucoir rien gagner sur eux. Ils ont commencé les prières le 30 novembre, qui était le premier dimanche de l'Avent. On faisait la prière matin et soir et le sermon deux fois le jour. Ils confossaient aussi ceux qui voulaient, mais les Pères n'ont pas été importunés; les habitants n'ont pas l'usage de fréquenter les sacre- Ci) C*e«t à la famille de ce curé de Sainte-Croix, qu'appartient M. Léon F«ufèri^ auquel on doit, outre autna ouvragea, doa étudia aur la xn* aiido.
CHRONIQUK DK MANTES
ments. Tout ce qu'ils ont pu faire do mieux, c'est La première communion aux enfants, ic jour de la seconde fête de Noël. On a donné la bénédiction du Saint-Sacrement les dimanches et fêtes. On a posé le grand crucifix qui est sous le portail deTéglise, dans la semaine de Noël. Leur mission finie, les Pères allèrent î\ Issou.
§ 358. L'Evêque de Chartres à Mantes. — Monseigneur Fleury arriva à Mantes le mercredi premier septembre 17G2 et y resta douze ou quatorze jours. Il alla loger chez M. Cannée, curé de Saint-Pierre, qui demeurait rue Vieille-Prison. Le chapitre, avec la croix et la bannière, alla le saluer sur les onze heures du matin. Le jeudi il confirma à l'Hôtel-Dieu, le vendredi, à Saint-Corentin, le samedi, aux Ursulines et aux Bénédictines de Mantes. Il fit une tournée aux environs et revint le 8 septembre, à Mantes. Le 12. qui était un dimanche, il assista à la messe de paroisse de Saint-Maclou, et le lendemain, confirma toutes les personnes de la ville, dans l'église Notre-Dame, à six heures du matin.
§ 359. Mort de M. Chopied.— Le 17 avril 1 7C3, M. Chopied. chanoine de Notre-Dame, est mort à l'âge de 57 ans. C'était un homme de mérite et très savant. Il est enterré dans le chœur de Notre-Dame, au bas des marches du sanctuaire, du côté de la porte du chœur qui va à la sacristie, au bout de la basse stalle.
§ 300. Reliques des Jésuites de Rouen. — Le lundi 2 mai 17G3, il arriva par un bateau venant de Rouen, deux reliques envoyées au curé de Limay, par les Jésuites qui avaient prêché la mi.ssion del7Gl. Elles furent déposées dans la maison d'un nommé Ledans, menuisier, à l'entrée do Limay. On croit que ce sont des reliques d'un des compagnons de saint Denis, saint Rustique ou saint Kleuthèrc, martyrisés à la butte Montmartre. Le dimanche suivant, elles furent exposées sur un reposoir, et le curé vint les
INCIDENTS
prendre en procession, avec une escorte de soldats précédés de deux tambours. A la suite de la cérémonie, on lit une neuvaine aux reliques.
§ 361. Béeeption d*iin chanoine. — Le mercredi 29 juin 1763, le sieur Muidebled, vicaire de la paroisse SaintrHadou, a été reçu chanoine de Notre-Dame, après le décès de M. Chopied. H a dû sa nomination à madame Savalette de HagnanviUe, qui lui avait promis la première place vacante, en reconnaissance de son onde qui avait été doyen.
§ 362. Publication de la paix. — Le lundi 1" août 17G;3, on a publié à Mantes, la paix conclue entre la Franco, la Prusse et l'Anirleterre. La France était très mécontente do l'arran^cujont que le roi Louis XV avait conclu; malgré cela, il fallut faire contre fortune bo)icœur. On a lait à Mantes de grandes réjouissances, par ordre de Mgr. le duc de liouillon. On a formé quatre compagnies bourgeoises, avec tambours, violons et fifres ; la compagnie de MM. le.s Arquebusiers et le corps de ville marchaient à leur rang par toute la ville, pour publier la paix. Il y eut quelques personnes qui criaient : Vive le roi I mats très peu» A trois heures, on alluma un feu devant rHôtel«de-Ville ; on mit deux demimuids de ^in à la disposition du menu peuple, puis chaque compagnie reconduisit son capitaine ches lui.
Les préliminaires de la paix avaient été sign(^s avec l'ambassadeur anglais, à Fontainebleau, au mois de novembre 17G2. Ils ne furent ratifirs par les doux piiissancos, qu'au mois do janvier suivant, et ne le furent que plus tard encore par toutes les puissances intéressées. La paix ne fut définitivement publiée qu au mois de juin et les fêtes eurent lieu à Paris le 21, en même temps que Thiauguration de la statue du roi, sur la place Louis XV ou de la Concorde (1).
§ 363. Grosses Eaux. — Vers la Ûn de janvier et le corn-
(1) Journal de Barbier.