‹ La chronique de MantesChapitre 123 sur 143 · DROIT DE CHASSE · texte numérisé non relu

DROIT DE CHASSE

qui devait lui appartenir; il servit à faire des ornements à la chapelle de la Charité. Cette cloche porte rinscripUon suivante :

L'an 1753, au mois de juin, du règne de Louis 15, du

gou\ternememt de françois christian de montmorency.

GOUVERNEUR ET GRAND-BAII.I.Y DH MaNTES CT DE LA MAIRIE

DE M. Pierre Roblatre, écuykr, gentilhomme servant FET E Madame la Dauphine, j'ai été refondue pour la quatrième FOIS, PAR LES SOINS DES FRKRKS DELA CHARITÉ A QUI

j'appartiens et nommée Barbe de mon ancien nom; M.Jacques Martin, licencié en droit civil et canon, prktri:.

DOYEN de l'église ROYALE ET COLLEGIALE DE NoTRE-DaME

DE Mantes, parrain avec demoiselle Dorothée Desmé, fille de m. Pierre Christophe Desmé, écuyer seigneur DR Halo, et de dame Dorothée Desbois, ma marraine ; et

AI REÇU la bénédiction DE MON PARRAIN. De LA ROYAUTE

DU sieur Louis-Séraphin-Etienne Dëlorme, Jacques Le- PIED, Nicolas âlbxamdrb, S^aastibn Mdidbblbd, Jacqobs Laurent, écHBvms; Denis Baron, prévôt, Jean Michel db Saimt^Jban, Nicolas Delahatb, Claude Daubanton, Daniel Denis Muidebled, Jean François Ausé, Jacques Massibu, Nicolas Hua, François Leoomtb et Pierre DELAyioNB, FRERES. Et plus has est écrit : Â St Oubn, par Poisson.

§ 331. Battue. — Au mois de février 1754, le mercredi des Cendres, les habitants de Limay, Porcheville, Guittrancourt et Fontenay-Saint-Pèrc, au nombre d'environ douze cents, allèrent avec dos bâtons dans la plaine do Porcbcvillo, faire une battue du gibier qui df^vastait ce territoire. Il fut bien tué dans cette battue, t à 503 lièvres, à coups de pierres et de bâtons. Ce gibier appartenait à monseignenr le duc de Bouillon, seigneur d'Issou et de Montalet-sur-Seinc. Il avait eu des révérends Pères Célestins, la permission do mettre des gardes et des poteaux, et il avait laissé multiplier le gibier de telle sorte qu'on en voyait courir deux «à trois ceats pièces par bande. Ce seigneur ayant été informé

su

CHRONIQUE DE MAfiTES

de cette battue, a fait mettre plusieurs habitants en prison ; les autres se sont sauvés.

§ 332. Cherté. — Aux mois de février, mars, avril et mai 1754/les vivres furent si chers qu'à peine ceux qui tra> ▼aillaient bien pouvaient-ils avoir leur nécessaire. Les fourrages étaient hors de prix. On vendait une petite botte de mauvais foin qui ne pesait que 12 livres tout au plus, 10 sols. La sécheresse avait été très grande et il avait été plus de trois mois sans tomber d*eau. Le septier de blé valait 25 livres, la livre de beurre 20 sous, et tous les vivres à proportion. 11 n'y avait que le vin qui fut à bon marché, car on en avait une pinte pour quatre et cinq sous. U était si fort et si brûlant qu'il a caubé plusieurs maladies.

§ 333. Chasse. — Dans le courant du mois de mars IITA, monsieur le procureur du roi de la Capitainerie de Saint- <5ermain-en-Laye, vint à Mantes avec d'autres officiers accompa^^nés de leurs gardes. Ils visitèrent la plaine de Limay et de Porche ville, pour se rendre compte du gibier qu'il pouvait y avoir. Ils en trouvèrent une telle quantité que le 8 avril, le sieur procureur du roi, se transporta de Mantes avec ses gardes et beaucoup de messieurs de la ville, dans la plaine pour tuer par ordre durai, tout le gibier qu ils pourraient. Os firent sonner la cloche et assembla les villages de Limay et de Porcheville ; ils sommèrent les syndics (1) de réunir tous les habitants, hommes» femmes et enfonts et de les armer de bâtons pour rabattre le gibier. U fut tué, depuis onze heures du matin Jusqu^à quatre heures de Taprès-midi, 900 lièvres. U y avait vingt tireurs qui tuèrent cette quantité en si peu de temps, non compris 300 blessés qui allèrent mourir de côtés et d'autres. Cela fit bien au territoire, car dans les 900 lièvres, il y avait bien 000 hases prêtes :\ faire des petits. Si Ton n'eut pas fait cette chasse, le territoire était perdu. U y eut un garde de Saint- Oermain qui tua 128 lièvres pour sa part, en cinq heures.

^1) Sjrndics de* paroisses, magistrats remplaçant les maires actuels.

INCIDENTS

Voilà une histoire qui fera peut-être rôver les chasseurs, mais qui devait désespérer les pauvres vassaux du duc d& Bouillou.

§ 334. Maladies. — Les habitants de la ville firent, au mois de mai 1751, uno neiivaine à la chapelle Saint-Roch, à cause des maladies qui régnaient partout. Ces maladies prenaient par le transport et en quatre ou cinq jours on mourait. Il en est mort beaucoup d'une maladie qa*on appelle le coup de sang, A Paris, en cinq mois, il est mort cinquante mille personnes, mais presque point de femmes.

Barbier ne dit rien de cette épidémie dans son JoumeU, et ce doit être une erreur, au moins à cette date.

§ 335. Discussion. — En 1754. il y eut discussion [entre

le maire et les échevins, parce que le maire prétendait avoir seul le droit de faire et signer les billets de logeruoiit dos soldats. Los échevins prétendaient que le premier échevin pouvait aussi les signer eu l'absence du maire, ce qui paraissait assez juste. Mais il y avait de la mauvaise humeur des deux côtés.

§. .3.30. M. Muidebled, doyen. — Le 3 juillet 1754, à trois heures après midi, M. André Muidebled, chanoine, a pris possession du doyenné de Notre-Dame et do la cure de Saint-Maclou. annexe du doyenné. Ce fut par la «lémission de M. Jacques Martin, qui était incommodé au point de ne pouvoir s^acquitter de ses fonction.

§ 337. Bécolte. — L'année 1754 a été sèche, la récolte a été bonne tant en grain qu*en vin. Celui-ci a été très bon et à bas prix, car la pinte, qui valait en septembre 7 et 8 sons, est venue après vendanges, à 4 et 5 sols. D n'y a pas en beaucoup de foin et de fourrage à cause de la sécheresse. «

g 338. Rentrée du ParleoMiit,-' Le roi fit publier au moia

de septembre, m édit qui ordonnait à BfM. du Parlement de rentrer à Paris et de reprendre leurs fonctions. H avaient été esilés pendant dix-huit mois. M. de Meaupou était alors Premier-Président; il a bien rempli les deroirs de sa charge pendant tous ces orages. MJif . les ecclésiastiques étaient en grande discussion avec le Parlement, pour le refus des sacrements et les billets de confession. Tout le peuple a été dans Tallégresse quand il a su la rentrée, attonda que les affaires ne finissaient point. U n'y avait plus déjuges au Palais.

Tout cela est conforme à ce que raconte Barbier. La rentrée si fit le mercredi 4 septembre, aux cris de : Vive le roi ! ViT6 le Parlement I Le Parlement cependant ne se soumit pas complètement.

§ [339. Te Benm. — Le 29 septembre 1754, on a chanté dans Téglise Notre-Dame, un Te Deum pour Theureuse délivrance de M* la Dauphine qui accoucha d*un fils nommé Louis Auguste, duc de Berry.

Louis Auguste, duc de liorry, est né le 23 août 1754. Il devint Dauphin on 1765, et succéda à Louis XY sous le nom de Louis XVI, 69 1774.

§ 340. Prix des Arquebusiers gagnés à Ch&lons. — Le jeudi 5 septembre 1754, douze de messieurs dos An^uebubusiers partirent de Mantes pour aller à Châluns-en-Champagne, tirer au prix-général. Ils revinrent le 21 du mois et gagnèrent six timbales, deux gobelets, une tabatière et deux belles écharpes. Us Airent très bien reçus par toutes les compagnies des villes où ils ont passé.

§341. Mort de Bladame de BeUe-XaU. -~ Le jeudi e

mars 1755, arrivèrent à Mantes, deux carrosses de deuil, dans Tui^ desquels était la dépouille de madame la Maréchale de Belle-Isle, duchesse de Gisors. Elle n'avait que 46 ans et n*avait été que onze jours malade. fiUe est morte de

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la rougeole. A l'arrivée de son convoi, on a sonné les cloches aux deux paroisses. M. Feugère, curé de Notre-Dame, MM. les vicaires et les enfants de clidMir avec la croix et la l)annière, se .^ont transportés au bas de rELaj)e. où ils ont attendu le convoi. De là, le convoi s'est rendu après les prières accoutumées, dans la place du Marché (1) où l'attendait M. Muidehled, doyen de Notre-Dame et curé de l'église Saint-Maclou, accompagné de son clergé et de la confrérie de la Charité. Les frères de la Charité ont transporté le cercueil dans le chœur de l'église Saint-Maclou où il a passé la nuit, gardé par plusieurs personnes. Le lendemain à 7 heures du matin, les frères ont remis le cercueil dans Ton des carrosses de deuil, et il est parti pour Vemon où le corps devait être enterré. Madame de Belle-Isle a été très regrettée des habitants de Vemon, à cause de sa bonté.

La maréchale de Belle-Islc (jui venait de mourir, était Marie Casimir Geneviève de Déthune, seconde femme de Louis-Charles-Auguste Fouquet, petit-fils du grand Fouquet, connu sous le nom de maréchal de Belle-Isle, qui l'avait épousée en 1729. Le maréchal de Belle-lsle mourut lui-même en 1761. Il était propriétaire entre autres biens, du château de Bisy, près Vernon, où il avait dépensé des sommes considérables. Son fils, le comte de Oisors étant mort avant lai, il ne laissa pas de postérité.

§342. Gardes du Corps. — La brigade |des Gardes du Corps du Roi, arriva à Mantes le 23 avril 1755, pour y tenir garnison. Le 30 du même mois, les cinq autres brigades qui font avec celle de Mantes, la compagnie de M. de Noailles (2), se réunirent à Mantes : l'une était en garnison à Verneuil, au Perche, l'autre àEvreux, la '.V" à Vernon, la -l"* aux Andelys et la 5"" à Brélence (?) en Picardie. Us attendaient à Mantes la revue du roi. Ils étaient logés chez les bourgeois. Ils faisaient l'exercice, un jour à pied, un jour à cheval. M. Depenchal commandait la brigade de Vemon,

(1) Limite d« Ut lecondA pwolaae.

(S) PiiiUppê de NoaiUes, due d'Ayen, file dunaréGlul de NotUtee.

M. le mârqnis de Lastie, celle d^Evreaz. Celai-ci était log6 chez M. Desmé, receveur des Tailles où six trompettes et un détachement venaient tous les deux jours, Tépée à la main,

prendre les cymbales et les étendards. Les principaux officiers furent fêtés par M. de Savalettf^. dans son château de Magnanville, où il vint tout exprès. Le pont (1) qui était en très mauvais état fut réparé en plusieurs endroits les plus nécessaires, attendu qu'il y avait une brigade logée à Limay qui le traversait à cheval tous les jours.

§ 343. Gelée. — Lo commencement du printemps de Tannée 1755 a été aussi beau que le mois d'août. La chaleur était égale dans certains jours, à celle de l'été. Ce qui avait poussé tout à un tel point que l'on était prêt à ébourgeonner les vignes ; les arbres fruitiers étaient aussi très avancés. Mais le 20 avril, le froid prit comme en hiver ; la plupart des vignes dn territoire et même de TEleetion gelèrent, ce qui causa une grande perte aux pauvres vignerons. La nuit du 4 au 5 mai, il gela comme on n*avait jamais vu. Le vin a beaucoup augmenté ; mais le blé qui était à bonne composition, ne valait, le plus beau, que 15 à 16 livres le septier. La viandeétait très chère, et valut, depuis Pâques jusqu'à la Saint-^ Jean, 7 soiis la livre.

§ 344. Mort de M. Martin. — M. Jacques Martin, licencié en droit, ancien doyen de Notre-Dame, mourut à Mantes

le 15 mai 1755; il avait 52 ans. Le lendemain 10, il y eût diflicultô à son inhumation, entre les chanoines et les vicaires, pour laisser entrer le corps dans le chœur. Les chanoines voulaient avoir la cire du convoi (les cierges) qui appartenait aux vicaires. Ceux-ci Tabandonnèrcnt à la condition qu'on laisserait entrer le corps dans le chœur, pour l'amitié et la reconnaissance (pi'ils avaient i\ l'ancien doyen. Cet abandon se fît pour cette lois seulement, et sans déroger à l'avenir à leurs droits. Le corps fut ])ortô après l'oliice, à. Saint- Jacques de l'IIopital, où il fut euterré.

(1) Du eM< de MuitM.

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