‹ La chronique de MantesChapitre 126 sur 143 · EMEUTE POUR LE PAIN · texte numérisé non relu

EMEUTE POUR LE PAIN

En 1708, las flrèresde la Confrérie et Charltiûe Sainte-Barbe,

donnèrent une croix à la paroisse de Saint-Martin-la Garenne, qui fut plantée solennellement sur le grand chemin, au Ueil dit les IlaulS'OenêLs. On a d»'jà vu d'autres donations de c«» genre, et il existe encore dans le cimetière do Saint-Martin, l;i colonne d'une croix duxiV siècle, sur laquelle se trouve un fra«,'inent d'inscription en lettres onciales indiquant qu'elle fut donnée par un membre d'une famille de Mantes.

Cette colonne est maintenant brisée ; les morceaux mesurent 4 mètres 40 centimètres de liauteur, sur 18 centimètres de diamètre. Sur une partie du fiit,en saillie, on lit ce qui suit, en trois lignes :

IHOANKS.DOUBI.Prr LAIGNE.SAVNIER.DOVNA CESTB.CROIS.LAN.M.CCCXLIII (1)

Sur le haut do ce fût est un petit chapiteau très orné, do 25 centimètres de hauteur. Enfin, dans ce chapiteau est scellée dans un bloc de plomb, un»; croix en fer très simple, sur le petit bras de laquelle on aperçoit encore une inscription fruste. Elle porte un petit Christ en plomb, qui ne paraît pas être de la même époque que la colonne. ^Nous ne savons à quoi rattacher ces dons de croix à la paroisse de Saint-Martin.

§ 366. EuMuto pour le Pain. — Les mercredi et vendredi 6 et 8 avril 1768, il y eut une grande révolte à Mantes. Le blé avait manqué sur la halle, n avait été mauvais et perdu par la gelée et les inondations; lo septier valut jusqu'à 46 livres, et le pain 4 sous et demi. Six brigades de maréchanssées sont venues pour empêcher la révolte. Ce même JouTt passa le régiment Général-Dragon, qui allait à Rouen pour le même sujet. Ils emmenèrent plusieurs hommes et femmes de Saint-Martin, Follainville, Mousseaux et d'autres endroits. Un homme fut traîné en prison par les pieds ; la ville était dans la consternation. Il en ét<'iit do même, à Vernon,à Rouen, à la Rochc-Guyon. Le nommé Gcrvais, de Limay, fut tué au café de M. Bresson (de la Comédie), par un

(1) L'A et l'N de JhoailM, tont liés.

dragon. H (?) a été Jeté par-dessus le pont sur une échelle et ne Ait repêché que le 4 Juillet.

§367. Grêle. — Le 5 août 176S, il est survenu un orage qui a perdu la plus grande partie de la récolte. La grêle était grosse comme des œufs de pigeon. Le menu peuple attribua ce fléau à la Sainte-Vierge qui l'envoyait parce qu'on avait aboli, l'année précédente, les cérémonies des 14 et 15 août, ce qui ajouta à l'indignation qu'il avait contre le chapitre. La récolte a été faite en huit jours; un arpeut de vigne n'a pas rapporté un quart de vin.

§ 368. Famine et forte geléa. — Au mois de janvier 1769, le pain était si cher que tout le monde était obligé de manger du riz, encore était-on fort heureux d*en avoir. On ' Ht une visite dans tous les moulins de la vallée de Mantes-la- Ville, où on ne trouva que 7 à 8 milliers de forine. On mangea du pain dont les chiens n*auraient pas voulu, et cela, parce que les moulins étaient gelés. On força les meuniers à livrer ce qu'ils avaient ; Tun d'eux s*y étant refusé, la maréchaussée s'empara de ses farines et Tamena lui-même, attaché à sa voiture, dans la cour du Lieutenant-Général. La gelée dura (juinze jours, pendant lesquels Mantes a beaucoup souffert.

§ 369. Grêle. — Au mois d'août 17G9, tout fut perdu par la grêle. On Ut peu de récolte, tant en blé qu'en vin.

§ 370. Révolte. — Âu mois d*octobre 1769, il y eut une révolte à cause de la ^erté du blé. Il y avait cinq brigades de maréchaussée et une compagnie d'infanterie, à demeure à Mantes. Il y avait des magasins de blé dans le marché ; on força ^ux à qui ils appartenaient de les ouvrir, sous peine de prison. C'était du blé de bateau que Ton a fiut vendre à ^ livres le sep^ier. On vida trois greniers. La place était si remplie de monde que Ton s'étouflSût l'un l'autre.

§ 371. Mort de H. Marianchaux^ éojmk, —Le 10 jan-

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