‹ La chronique de MantesChapitre 13 sur 143 · ARMES DE LA VILLE · texte numérisé non relu

ARMES DE LA VILLE

deux partis sont d'azur; depliiSi le demi-ehène est tronqué en sifflet i»ar le haut.

Armes de l 'inventaire de 1543

Sur les vasques df la fontaine de la placo de riIôtel-do-Villo, sont deux armoiries difïrrontos : Los unes sont sur un écii découp*^ àl'italionne, ot la fleur do lis et le chêne sont alternativement transposés. Colles de la {grande vasque sont plus correctes, mais on n*y distingue pas la couleur des émaux.

Les meilleures armoiries sont celles qu'on trouve sur les Jetons de Mantes, du xvi* et du xvn* siècles. Le demi-chéne, comme on Toit, est pourvu de ses racines, n n*^ manque que la gravnre des couleurs.

AmM dM Jetons d« liant» da xvp sièd«

Pour épuiser ce sujet, nous pensons qu'on devrait, à Mantes, revenir aux armes de notre Chronique, cori-ectemcntblasonnées, c'est-à-dire : Parti d*azur à la demi-fleur de lis d'or, et d'or, au demi-cl«ène arraché de sinople, chargé de trois glands d*or. La

devise concise de Chrestien : Ex uiroque, remplacerait aussi avec avantage le distique emphatique des jetons de Mantes :

Mania Dei quercum prœfert et lilia régis Ambonim cultrix, amborum numine tuta (1).

n n*en dit pas pins en deux lignes, que cette devise en deux mots (2).

Véritables Armes de Mantes d'après les empreintes andennee

§ 6. Les habitants de ladite ville eurent connaissance de la parole de Dieu, cinquante ans après sa résurrection. — Robert lo Hallais, livre :v De la Gnule, on jKirlant de la vie et mort de saint Nicaise, premier évè(pie de Rouen, dit que ledit saint Nicaise fut envoyé par saint Clément, successeur de saint Pierre, en Gaule, avec les autres ambassadeurs évangéliques, pour y annoncer la parole de Dieu; qu'après avoir prêché l'évangile à Rouen suivi de ses compagnons, Quirin et Scubiculc, ayant fait plusieurs miracles à Mante, Meulan etMousseaux, fut enfin occis parles infidèles àOasny, sous Tempire de Bomitieii. Or, est-U que Domitien commença à régner Tan de llncamation deNotre>Seigneur,

(1) Ces derises étaient de circonatanees. Eb 1S7S c'était eeUe>d :

A se ipsa qaeretim retinet i t x liiium adauxit Sic functa quercu lilia Manta gerit.

(S) Nous poasédona deux empreintes anciennes, semblables anx aniMi que

neus indiquons.

SAINT NICAISB «7

83, ce qui fâit croire qu'il ya plus de l»600ans que ladite ville

est bâtie, et qu'elle a commencé :\ r<^cevoir la connaissance de la parole de Dieu [par les prédications de ces saints personnages, Nicaise et ses compaprnons. Tout ce que dessus no peut être mis en doute à cause de la sainteté do l'auteur et sers'ira de fondeinent certain rautitiuité de notre ville de Mante, du moins depuis ce temps-là. Encore que de ce qui est dessus, l'on puisse aisément ju^er que Ion{j;temps avant Notre Seigneur Jésus-Christ, la ville était déjà grande et

peuplée.

De savoir si en ladite ville, il y avait un seigneur jtarticulier, ou d'autres villes sous elle, ou bien si elle était sous l'obéissance et dépendance d*une plus graude ville et seigneur, comme pourrait être Chartres qui auparavant C6sar avait son roi, on n*en peut rien dire, n est certain que ladite ville de Mante a eu des comtes particuliers, soit à titre de gouverneur ou de propriété jusqu'à ce que ladite ville ait été unie au domaine de la couronne de France,

n existait au pied du Château, des maisons de pêcheurs et autres bâtiments le long de la rivière, qui servaient de foubourg auxdits château et ville de ce côté, étant bâtis plus haut; lesquelles maisons en différence de la ville, s'appelaient Mante TEaue. Le roi Charles Cinq, en fltabattre une (piantité et 8*empara des héritages qui étaient proche l'église Notre- I>ame, appartenant au rhapître, pour accroître et fortifier ledit Château, et pour indemnité il accorda la somme de trois cents livres, à la charju^e néaninoins que le Chapitre dirait tous les ans, quelque liesse à son intention]. M. (1)

La léjrenilc de saint Nicaiso et (!«■ ses conipa^^nons e.stdes plus obscures. Il t'st certain ipic la pr<'<li( ation d» •< pieux martyrs ne put avoir lieu avant la fin du m" siècle. C e.st à peu près l'époque de révangélisation générale de la Gaule. C'était presque l'opi- Bion d'un mantais du xvm* siècle, etlfaret, dont Chrestien nous a transmis quelques critiques, avait eu soin de foire remarquer à l'auteur de ces Mémoires, que notre contrée n'a pas été évan-

(1) Cette dernière pertie ae trouve répétée dans le | f7.

gélisée ayant la fin dn n* siècle. Les hagiographes sont aiijourdlmi d*aecord sur ce point. C'est Topinion d'Adrien Baillet et des auteurs de H <te v^W/l^r les dates, qui disent explicite* ment : « Saint Nicaise qui vivait dans lo m* siècle (1). » Do Masscvillc dit aussi : « Ces premiers apôtres vinrent dans les Gaules, environ deux cent cinquante ans aprùs Tlncarnation (2).»

(in'j^oirf de Tours d'ailleurs, ne dit pas un mot de saint Nicaise. Godescard en parle d'une façon assez vagut; ; il le donne comme un disciple probable de saint Polycarpe, mort en 196. Orderic Vital rapporte la légende telle que nous la connaissons ; par suite il fait mourir Tapôtre du Yexin sous Domitien et non sous Dioclétien. M. Aug. Leprôvost, le sarant éditeur d'Orderic Vital, pense arec fnute la critique moderne, que cette confusion tient à ce que pendant tout le moyen âp-e, on ne faisait aucune distinction entre saint Denis TAréopagite, et saint Denis évéque de Paris, au m' siècle.

Dans tous les cas. saint Nicaise ne fut pas évéque de Rouen, puiscju'il mourut à Gùiii, avant d'avoir pu atteindre la ville vers laquelle il dirigeait ses pas, avec le prêtre Quirin et le diacre Scubicule ou Escobille. Saint Mellon est le premier évéque effectif de Rouen.

Quant à Tétymologie de Gâni, elle est de pure fantaisie et un diplôme de Charles le Simple, nous a transmis le nom de ce bourg qui est Wadiniacum. Dans le Polyptyque (tlrminan, ce nom est plus simple encore, c'est Waniacum,

Du reste, il est fâcheux que nous ne puissions admettre la légende racontée par Robert le Dallais. Nous aurions une preuve de l'existence de Mantes dès le premier siècle de l'ère chrétienne. L'avis de Lévrier, sur ce point de critique historique, nous eût été très précieux.

Nous traiterons au ^ 20, la question si difficile et si complexe du comté de Mantes et Meulan, et nous renvoyons au règne de Charles "V, tout ce qui a rapport à la construction du Port et de la Porte aux Images, Les Ordonnances et MandemenXe de Charles F, de M. Léopold Delisle, nous fourniront de nombreux renseijriieniî'nts sur ces travaux considérables, si importants pour l'histoire de la ville, pendant l'occupation anglaise.

(1) T. II p. 6«r).

(2) UitL de Horin, T. I p. 46.

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