‹ La chronique de MantesChapitre 12 sur 143 · ARMES DE LA VILLE · texte numérisé non relu

ARMES DE LA VILLE

Justifiées que nous lui Terrons élever dans presque toutes les

questions relipioiisos. Nous en avons ici une des promières manifestations. L'f^glise (le Mantes, abbaye séculière dans le principo. ori:ani<rfi plus tard on coll<'>{îialo, avait au moyf'n à^ro la pivt<'iitii>n lie no i-flevf r quf de rautorit»'' du ;,ap(' et du roi «le France. Kilc avait une maîtrise, instruisait elle-ni("'UH' ses prêtres dans l'église ou dans le cloître et les y faisait orduuner. Le plus souvent c'était l'évéque de Chartres qui faisait cette ordination ; c'était» disaient les chanoines, pure condescendance de leur part. Parfois, en eifot, ils appelèrent un autre évéque que celui du (7ntur{ Diorèsc. «J'ai trouve'', dit Chrestien, par des act«'s capitulaircs, qu'il y avait chez ces bons chanoines de ces temps-là. (]c< pnx-i'di'-s si fastueux et si opposas à la pauvret»'évangôliqur t t a l'humilité chrétii nne, qu»' leurs processions étaient plutôt capables d'exciter que d appaiser la colère de Dieu. » Dans cet acte, de 1320, d'ailleurs absolument faux, ils se font déclarer maîtres dans la ville, et riches annuellement, de plus de 20,000 pièces d'or (I).

Il so peut donc que le doyen do Notre-Dame ait au<si «lisputô au doyen do Poissy. lo titre il'archidiacre de Pincerais. Il est certain toutelois que le (loyt u de Pois-y a toujours eu seul droit à ce titre. Cependant, dans répita[die de Simon Fai nul, doyen en ItîôO, nouvellement rétablie dans l'église, on lui donne non pas le titre d*archidiacre, mais bien celui à'officiat de Pincerais. Nous donnerons plus loin cette inscription.

§ 4. Des armes de la ville. — Le peuple et habitants do cette ville étant d'un naturel fort ilociie. afral)le et courtois, tr<>s dévots envers Dieu et sa très sainte mère, qui est leur patr(»nno. et très an'eetionn"''S en l ainour et ohéissanee de leur roi et souverain seiirnenr ; lescpiels rois. ])our reconnaissance de leur lidelité, ont concetle ot octroyé auxdils hahitants, phi>ieurs l)caux privilégies et franchises. Et entre autres, pour [dus ^rrande marque de laveur et amitié, les anciens rois de France, leur ont donné la moitié de leui s armes, qui dans le temps n'était qu'une fleur dtî lys, pour joindre et ajouter à leur ancien écu et armes, qui était une branche de chêne avec son gland.

(I) Chraràen donne le teste Utin, «tec U tniduelion. Millinle cite en ptrtto.

[Nos liabitants de Mante font gloire d'avoir beaucoup cooi)6r6 à la délivrance du roi Louis d'Ouiremor (930-054J, et notre tradition porte qu'ils en eurent de lui pour récompense une denii-tleur de lys qu'il leur accorda dans leurs armes, qui auparavant étaient une branche de chêne de sinople chargée de trois glands d*or sar champ d'azur; et qui depuis ce temps ont été, mi-parti d*une pareille branche de chêne, chargée comme dessus, et d*une demi-fleur de lys d*or sur un chomp de gueule, et pour devise au-dessus de Técu sont : Ex utroque, pour faire entendre que la ville de Mante ne dépendait que de Dieu et du roi.] (Chr.).

5i 5. D'une ancienne tombe à Limay. — Quant à l unliquité de ladite ville, elle ne peut être que très grande, encore que peu d'auteurs en fassent mention. Si estrce que Ton ne peut nier qu*elle ne soit très ancienne, vu et considéré le lieu de sa situation, y ayant aparence qu*elle était longtemps auparavant César» et qu'il s*en est servi pour le passage de ses troupes, durant les guerres galliques, qu*il a eues contre les peuples des grandes provinces qui Tenvironnent, même au secours qu'il donna au roi de Chartres, bien qu'il n'en fasse pas mention dans ses Commentaires, fit pour preuve de ce. il se voit encore au village de Limay, ancien faubourg de Mante, une grande pierre en façon de tombe, qui sert avec d'autres, de clôture au cimetière dudit lieu, où il y a gravé dessus, en caractèressyriaques, plusieurs lettres, lesquelles un prédicateur [interprète de ce temps] (M.), dit • que c'était un eajutaine d'une lé^Mon romaine et syrien de nation, qui mourut audit lieu, où un de ses domesticpics le lit (Mîterrer, mettre sur son monument cette pierre et graver l épilaphe qui est en mémoire de son dit maître, qui se nommait Josepli. El encore j>our plus grande marque d'antiquité de ladite ville, c'est (pic le iieuple d icellc portait anciennement en ses armes, un tronc de eliène de sinople au gland d'or et à la bordure de gueule, <|ui lui avaient été laissées par les gaulois nommés Druides, qui dressèrent un autel à Chartres, à la Vierge qui devait enfknter. [Le chêne représente

TOMBE DE UMAY

ramour et la fldélitô : c^est ce qui fit qae Louis le Jeune, gratifia ce peuple de ses armes, composées d*une seule fleur de lys en champ d^azur. [Et ce en 1 143.] (A.) Et il est à remarquer ([non ce temps, les rois de France ne portaient qu'une seule fleur de lys en leurs armes ; ce fut Philippe-Auguste qui commença à reprendre les fleurs de lys sans nombre.]

La pierre tombale de Limay était autrefois en dehors de Tégiise et formait clôture du cimetière à l'encoignure sud. Elle est maintenant placée dans l'intérieur, à l'entrée, à droite, avec d'autres rentes archéolnjrlquos. Chrestien a fait sciomment. une dissertation ('rroïK'c sur cette pierre et son inscription. I n certain Maret d»- ses amis, dont le frère savait l'iK'^breu, lui avait fort justement fait observer que c'était une inscription juive et qu*elIo ne fournissait aucun argument en faveur de l'antiquité de Mantes. La dissertation était faite, comme le siège de Tabbé Yertot, il fallait qu'elle servît. Elle prit place dans les Mémoires de Chrestien, avec cette bonne pensée des deux amis, qu'il ne fallait pa> détruire une croyance ancienne, qui plaisait aux habitants d(* Lima)'.

M. A. Cassan ad« *nné ci tte inscription hébraïque dans sa SUrtistique. En voici la traduction : LA EST LE MONLMKNT \)V RABBLN MAYER, FILS DU RABBLN...., QUI FUT DÉLIVRÉ LE TROISIÈME JOUR DU SAMEDI.... DE L'ANNÉE 5101 DE LA CRÉATION (1101).

D'après Chrestien, quelques manuscrits de Mantes rapportaient les armoiries de la ville, Soit à Louis VII, dans laconfllV mation de la charte d" commune de Louis VI, soit encore à Louis X, alors qu'il lit un séjour à Mantes au retour d'un voyage à Evreux, et ordonna la réparation de la porte de Uosny.

Chrestien penche pour Louis \ II, mais nous pouvons allirmer que les lettres do 1150, gardent le silence sur les armes de la ville. C'est sur un acte de Louis VII qu'est apparue la première fleur de lis seule, et sur un sceau.de Philippe le Hardi, de 1285, les trois fleurs r<^unies. Mais cela ne concerne point Mantes. Nous allons cependant faire connaître les plus anciens sceaux de la ville, qui aient été conservés ou décrits,

L'orijiine des armoiries de Mantes est loin d'être aus^^i ancienne que le prétend notre Chroniipie. lie plus, leur forme n'a pas toujours eu une Uxilé absolue, et leur partition délinitive, a

ppu pn'-s somhlablc à celle adoptée aujourd'hui, no date jruèrr que du xiv ou du XY° siècle. iSous devons àce sujet, eutrerUans quelques détails.

Nous ne contestons ni n*affirmons le symbolisme du chêne, pas plus que son origine druidique. Dreux, du reste, l'a mis aussi dans ses armes et rien n*empéclie de penser que, situées autrefois au milieu ou sur les confins de la forêt Iveline, les deux Tilles ont touIu conserver dans leurs blasons un souvenir des cultes antiques. Quoi qu'il en soit, les deux figures des armes de Mantes, liiFlcx/- de Lis et Chi'ne, sont à peu près constantes, au moins dans les sceaux qui sont parvenus jusqu a nous. Voici les principaux exemples :

M. Loir signale un sceau de la commune de liantes (1) aux Archives Nationales (7,627, n* 8); il est séparé de sa charte et a six centimètres de diamètre. Dans le champ : une menihe à cinq feuilles, et autour, la légende : SIGILLVM CC>MMVME ME- DVNTK. I.e contre sceau porto une petite fleur de lis et la l('><:<'nfli' MKDVNTA. Il est de t-jL\S et était appendu à un acte de serment de lidélité, que Blanche de Castille avait fait prêter par la commune à son (ils Louis, encore mineur.

l)e ce sceau nous pouvons, saus présomption, rapprocher un autre que nous trouvons dans rinventaire de Rolland Labbé. Un acte de 1229, faisant donation d'aumônes à l*Hôtel-Dieu, portait deux sceaux : « L'un dudit Ostel-Dieu, qui est un Agnus Dei et « l'autre de ladite ville, qui est un Cïicnc (2). »

Si ce sceau portait un chêne, tout nous autorise à dire que la menthe du sceau précédent, n'est elle-même qu'un chêne. En ofFet, l'observation attentive du sceau des Archives Nationales démontre que la notice indiquant une menthe, est dùe à un examen supeiliciel. La gravure en est assez grossière; cependant cette figure ne ressemble pas plus à une menthe qu*à un chêne. Les feuilles sont ondulées, sinuées, comme celles du chêne, mais aussi larges que longues. Celles de la menthe sont allongées et dentt^os. Dans ce sceau, le pied de la plante porte une racine rudimentaire, mais suffisamment indiquée. Or, il est constant que le chêne de nos armoiries, quoi qu'en fasse les héraldistes de Mantes, doit être ftr/'ficJiè, c'est-a-din' ])ourvu de ses racines. Le sceau des Archives, dont nous connaissons des

(1) Monnaies, méreaux, sceaux el jetons de Mantes. 18ô9. V. la Pl. II.

^nv. Oe fus.

ARMES DE lA VILLE

moulages ot ia gravure de M. Loir, ne laisse aucua doute à cet égard.

Voici donc deux exemples de sceaux arec le chêne seul.

M. Loir en cite un seul, avoc lo chùne et la demi-fleur d»> lis. Il so trouve sur un pouvoir, délivré par la commune aux députés envoyés aux Etats de Tours, on i.{()7. Ce sceau, é^^alemf'nt a>ix Archives Nationali's (J. 415 — r>i bis , ost l ond, d'un peu plus de trois centimètres de diamètre et en cire vorte. Lo champ est : parti à dextre une demi-fleur de lis, cantonnée de deux petites fleurs de lis, Tune en chef, l'autre en pointe, et à sénestre un demi-chène glandé et arraché. Autour on lit cette légende : S. MAIGRIS (pr») POSIT. DE MKNOTA. Le contresceau très petit, porte les mêmes figures, mais il est sans légende.

Nous connaissons, dans T/nrentolre de 4543, un exemple de la Peur (le lis seule. 11 sf trouve sur une donation df l'an 1^5, faite par (iuillauine Marii l. trésnrier de Notre-Daaie, aux habitants t't commune de Mantes, du lieu auprès de .Saii»ct-Macl(»u, qui y a esté le lieu où les pers prévos, a teneu sa jup;diciou par le viel tans. » Cette donation est en deux lettres : la première est scellée du sceau de Guillaume Martel et l'autre <« d'un cel ou 7 luy a unne fleur de ly. »

Il existe d'autres sceaux de la commune sans lis, ni chêne. M. Loir signale aux Archives Nationales (L. 1108, n*2Ô), un sceau

en cire, de dix centimètres de diamètre. Dans le champ est un cavalier, allant à gauche, vêtu d une longue robe et armé d'une épée ; le fourreau pend sur la cuisse gauche; le cheval est nu.

On lit autour, la lée. nde : SKULLVM COMMVME MED

LVDuV ANCORVM. 11 n'a point de contre-sceau et est appeu-

do à une charte de 1208. C'est sans doute en souvenir de l'octroi de la charte de commune, qu'il est au nom de Louis VI ou de Louis VII, puisque l'acte date du règne de Philippe-Auguste.

Llnventaire de 1543 signale quatre sceaux que nous croyons semblables à celui-ci :

1* Sur un .icte de rente, faite en 1187 par les prieur et chapitre de Saint-Ladre, du consentement de la ville. Cet acte est scellé en deux sceaux: «L'un des armories de ladite ville jNmr

/or.v qui estoit d'un homme à cheval, et l'autre ung homme sortant d'un tombeau, Joignant les mains. >»

2" Sur un accord de 1201, conclu entre Guy do Mauvoisin et lo8 Kt^'Hs de Mantes, pour les droits de travers par terre et par oau, de Montes à Rosny, le sceau porte « un homme à cheval. » L'ne vente complémentaire, de 1204, scellée du sceau des Mauvolslna «« quy est ung escu ou y a deux fasces empraints, >» prouve que le sceau avec l'homme à cheval appartient à la commune et non aux Mauvoisins.

a» Conllrmation de l'acte précédent, de la môme année 1204, porto é^îalriin nt <« un homme achevai emprint. »

4° Knlln, unodécharge de 1222, au profit du maire, des oblij^allons eontractéfs envers les Mauvoisins, moyennant 60 s. p. à payer par chacun an, à la chapelle de la vierge Marie du Val- Ku.Vt»n, porto •'ucore « un homme achevai. >»

Quant au (roue de chêne de Sinopleà la bordure de gueule, si c<»H armoiries ont existé, comme l'affirme la Chronique, elles n'ont hiissê aucune (race.

I.e plus vieux sceau connu de Mantes, portait donc, en 1187, un luminif à choral. Vax 1228 et 1229, on trouve un cfume seul sur sceau et un lis seul sur le contre-sceau. Kn 1205, on se sorvit d'une lleur (le lis seule. Enfin le chêne avec la demi-fleur de lis, accompa.irnée de deux autres petites fleurs de lis, se rencontre sur un sceau de 1307. Jusqu'à cette époque, il n'y eut donc «lucum» réj;lo absolue et la commune eut plusieurs sceaux dilTércnts, qu'(. Ile apposait sans doute suivant la nature des actes. Nous représentons ici ce sceau de l.'J07, tel que l'a donné M. Loir; nous vn avons enlevé la légende pour mieux isoler les armoiries.

Sceau do 1.307, d'après M. Loir

*iire de 1543 porte sur son premier feuillet un écusson '^ï'He, où les armes de Mantes sont mal indiquées : les

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