CAUSE CRIMINELLE
Lancret, le 23 féTiier 1767. La Jeune flUe ayait à peine vingt ans et Téponx bien près de quarante.
Le mariage était célébré depuis plus d'un mois, quand un jour, sans aucun secours eUmrgical, latumeurqui s'était formée lentomont dans l'abdomfn, se fit jour natnrflloinent ; le ventre au bout de quelques heures revenait à son aspect normal. Toute la famille était dans la joie, mais les bonnes commères se reprirent à jaser et on parla tout bas d'accouchement.
Pour comble de malheur, le hasard voulut que dans le même temps, deux enfants furent exposés à la porte d*un habitant de Gassioourt, par une nuit de mars : le matin on les trouvait morts de froid. Alors on accusa ouvertement la femme Lancret, d*ac^ couchement clandestin et d'exposition d'enfant. Elle fut mise en prison et on lui fit son procès. Les chirurgiens de Mantes, qui avaient bien cru à une hydropisie, ne pouvant consentir à une guérison naturelle et sans le secours de leur art, hésitèrent : ils crurent a la possibilité d'un accouchement. Bref, le crime d'exposition ne put être prouvé ; eetui de suppression de part tai retenu, et la malheureuse femme toi condamnée à mort par une sentence du Présidial du 6 Juin 1767.
Heureusement pour elle, les juges de Mantes allèrent un peu moins vite que dans l'affaire de de Goubert de Ferrières : l'accusée en appela au Parlement. Valentin, maître en chirurgie fut chargé du rapport, et le fit approuver par les membres de l'Académie de chirurgie. Après avoir soumis la femme Lancret a un examen minutieux, il déclara qu'il ne pouvait plus dire si elle était réellement accouchée. Uais s'étant enquis des faits qui avaient précédé Taecusation, ii exposa si clairement les caractères respectifs de la grossesse et de lliydropisie de matrice, que le Parlement, convaincu de l'innocence do la femme Lancret, la déclara, par un arrêt du 30 juillet 1767, déchargée «< de Vaccusation contre elle intentée, » et lui permit de faire imprimer et afficher cet arrêt, où bon lui semblerait, à ses frais (1).
Ajoutons, comme moralité, que Thérèse Famin accoucha d*nne fille, le 4 août 1768, et que son cas n'est pas très rare.
§ 392. M. Grervaise, subdélégué adjoint. — Le 17 mars 1780, M. Gervaise Ait reçu en la place de Sabdélégué, ad-
(1) Question ckirurgico- légale relative & l'affaire de demoiselle Famin, femme du sieur laneret, ete., par Valoittai, matlre en chirwgi». Paria,
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CHROMIQUB DE HANTES
joint à M. Bouret. Et en 1781. M. Bonret étant décédé, M. Gervaise le remplaça comme Subdéléguô.
Le SnbdélégQé était le représentant de Ilntendantde la Généralité de Paris. Il y en avait un dans ehacune des principales villes de la province.
§ 393. Rue. — Le 22 avril 1781 , M' le prince de Conti fut supplié de retirer Tordre donné parlai à la veuve GarrtMu de déboiiciier la rue... (1) communiquant le long des écuries du Château.
§ 391. Titres de l'Ile Champion. — Le 27 avril 1781, le greffier de la ville alla à Saint-Gcrmain-en-Layo, à l'effet d'y porteries titres de la ville concernant l'île Champion et toutes les îles et ilôts qui lui appartiennent. Ces titres consistent en : 1* l'extrait du capitulaire de Tabbaye de Notre-Dame de Coulombs, pour le prieuré de la Magdeleine de Mantes ; 2* Tacte de 1162, par lequel les religieux de Coulombs ont cédé rile Champion à la communauté de la ville de Hantes.
§ 395. Te Deum pour la naissance d'un Daupliin. — Le dimanche 11 novembre 1781, le corps de la ville, accompagné des sergents à masse et à veiige, s'est rendu à l'église Notre-Dame, à l'issue des vêpres, pour assister au Te Deum chanté en action de grâce de la naissance d'un dauphin (2) qui mit le comble aux vœux de la nation.
§ 396. Réunion de la Subdélégation de Meulan à celle
de Mantes. — Le 31 déceuibre 1781 , par ordonnance de M. Louis Bénigne Bertliier, chevalier, Conseiller du Roi en ses Conseils, Maître des finances. Domaines et Affaires de la Maison de la Reine, et Intendant de Police, Justice et Finances de la généralité de Paris (3), pour la plus prompte
(1) Le nom ett en blane dans tons \n nuuineerite. n y amit par là une
nie Pute Musse.
(2) C'eit le premier lils de Louis XVI. Il mourut quelques années «prés. ^ LooieJMiiipie Fraiicdt Bertbier, était intendant-adjoint de la généralité, dont ion ftère, Bertier de Sauvigny, était intendant.
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expédition des affaires, vu la mort de M. Lévrier, subdélégué de Meuian, réunit le département de Meulan à celui de Mantes, pour no formor à l'avenir qu'une seule et même subdélégation, et nomma M. Gervaise pour subdéléguô.
C'était le dernier fleuron enlevé à la couronne île Meulan. l'ar une ironie du sort qui ne fut peut-être pu:> étrangère a i'unimosité da président Lévrier contre Mantes, cet événement arriva justement à la mort de son pére. Les anciennes villes fortes subissaient peu i peu le sort commun, et le prestige de Meulan disparut de bien peu avant celui de Mantes.
§ 397. Maisons numérotées. — En conformité de l'ordonnance du 1" mars 17G8, et des ordres de M. l'Intendant de la généralité de Paris, radjadicatiun du numérotafre des maisons de Mantes fut faite le 28 mai 1782. // y avait US numéros qui coùièreut 2 sous 6 deniers chacun.
§ 398. Offre de 30,000 livres au Roi. - Le 10 juin 1782. en présence de M. le Lieutenant-Général de la Généralité, logé à Mantes chez M. Gervaise, suhdélégué, il a été arrêté qu'il serait fait otlre à Sa Majesté, de la somme de 30JJ00 livres, payables en trois paiements de 10,UJ<J livres, dans les mois de juillet 1782 et janvier 178^3, à l etlet de réparer les pertes des vaisseaux essuyées aux Antilles. Le clergé protesta contre ledit don, pour le cas où il serait obligé de coopérer de son côté à en faire un, avec tout le clergé de France. Les officiers civils, maires et échevins, les officiers de judicature, les gentilshommes, les officiers militaires, les officiers commensaux (1) et les corps de marchands, protestèrent contre la protestation du clergé. Toutefois, les marchands drapiers protestèrent contre tons les dons.
Il s*agit ici d*un des plus importants épisodes de la guerre de l'indépendance américaine , où notre intervention pesa d'un si
] orncicrs ayant eharg» à la cour «1 qui y élaimt noonis pandaat la
temps de leur sertim.
grand poids dans los dostinres des nouveaux Etais-Unis. Le 12 avril 1782, l'amiral comte de Grasse, commandant notre flotte des Antilles, par une imprudence dont les contemporains lont Tivement blâmé, se laissa attaquer parramiral anglais Bodney. « L'intérêt capital des Français était d*éTiter la bataille, comme Tintérét des Anglais était de la livrer (1). w Le comte de Grasse n'.'ivait que vin^'t-huitvaisseaox, tandis que Bodney en commandait trente-huit. Après un combat de onze heures, où il avait fait preuve d'un courage très grand, mais où son habiîetA avait été mise en défaut par les manœuvres do l'amiral Anglais, le comte do Grasse fut obligé de se rendre avec son vaisseau la ViUe^'Paris. Il avait perdu dans cette Jonmée qui profita peu aux Anglais, sept ou huit vaisseaux, que la France, comme on voit, s*offlrit spontanément à remplacer.
François Joseph Paul de Grasse de Bar, comte et prince d*Antibes, marquis de Tilly, n'est pas tout à fait un étranger pour l'arrondissement de Mantes. Il devint propriétaire du château et du marquisat de Tilly, canton de Houdan, qu'il garda jusqu'à sa mort, arrivée eu 1768. Il a laissé en manuscrits, de nombreuses études sur la marine sous Louis XVI, sur les constrocttons navales, sur la colonisation et aussi un mémoire justificatif de sa conduite aux Antilles, en 1782. Tous ces manuscrits ont dû être composés dans sa retraite i Tilly. Nous espérons pouvoir en publier une analyse dans un temps très procbain.
§399. Paizavae rAngleterre. — Le 19 novembre 1783, on se soumit aux ordres du roi, en date du 1", portant que la paix étant conclue entre la France et la Grande-lirctapne (2), il sera chanté à cette occasion, un Te Deum dans toutes les églises du royaume. Ces ordres avaient été transrais à la ville de Mantes par M. le duc de Gesvre, avec injonction de faire des réjouissances dignes de cette circonstance. En conséquence on avait procédé par la ville au choix d'une milice bourgeoise (3), pour assister le corpsde ville tantlors de la cérémonie de la publication de la paix, que pour le Te
(1) H. Martin, T. XVI.
(21 L« traité définitif toi signé le 3 septembre. Il consacrait l indépendaace de rAmérique.
(3) D'un caractère tout temporaire. V. d'ailleurs S 361.