UN NEVEU DE LANCRET
cette permission, de ne concéder aucune partie de cette, place à aucun particulier pour constructions de maisons, comme étant d*une trop grande utilité pour la yille. Le maire avait pouvoir encore de reconnaître au besoin, si Mgr le prince de Conti Tezigeait, qu'il était propriétaire du fonds comme seigneur et conUe de Mante», et de passer et signer tous actes dans ce sens. Sur lesdites suppliques et remon« trancGs, Mgr le prince de Conti a soutenu être propriétaire (lu terrain de la place, comme faisant partie de l'ancienne citadelle de Mantes; que la vente par lui laite au sieur Prévost était valable ; qu'il prenait fait et cause pour lui contre la ville, dans le procès interjeté en appel par ledit Prévost, dans la senteuce des Requêtes du Conseil, du 8 février
Ce n'est que quelque temps apr^s que l'on obtint de Mgr le prince de Conti, de ne plus l'aire d'autres concessions que celle du sieur Prévost, à la condition que la ville reconnaîtrait la validité de la vente qui lui avait été faite, et qu'elle paierait tous les frais occasionnés par le procès qui lui avait été intenté.
§ 380. Eohisviiis. — En vertu des ordres du roi, du 5 août 1778, MM. Bonnenfknt, orfèvre et Gillet, procureur, ftirent nommés échevins en remplacement de MM. Debraques et Guérin. Les sergents à masse et À verge se sont transportés chez eux, pour les prier de se rendre à l'Hôteldc-Yiile, oik étant arrivés et placés au bureau, M. le maire fit donner par le greffier, lecture de l'édit du roi et les a installés en la place d'échevins, pour jouir des honneurs, rangs, droits et autres prérogatives attachés à cette charge, après le serment qu'iû ont préalablement prêté entre les mains du maire.
§ 391. Poste aux Lettres. Le 21 juillet 1779, eut lieu la réception de M. Lancret, directeur de la poste aux lettres.
Ce nouveau maître de poste n'est pas le premier venu et ce nom qui rappelle celui d'un grand artiste, ne peut passer sans que
nous lui consacrions au moins un mot. Robert Nicolas Lancrot avait (épousé, le 23 février 1767, Th(^r^selsméric Famin, fille de Claude François Faniin, directeur de la poste aux lettres de Mantes. Lancret succédait donc à son beau-père.
Or, dans son acte de mariage nous relevons ceci : « Robert Nicolas Lancret, bourgeois de Paris, fils mi^ovr de fen François Joseph Lancret M** Graveur, et de D"* Geneviève Planterose, ses père et mère de la paroisse de Saint-Germain le Vieux de Paris. » Un des témoins du marié était « François Nicolas Lancret, frère de l'époux, »
Notre Lancret était donc tout simplement le fils du frère, c'est-à-dire le neveu de Nicolas Lancret, le peintre ct lèl»re, l'élève et presque Vé^a] de Watleau, l'émule de Pater. M. Jal, que nous avons si souvent cité, a retrouvé tous les actes de mariages et de naissances de ces Lancret. Le père de Robert Nicolas Lancret, était maître graveur à Paris, et demeurait rue de la Calande : il fut le premier naître de Nicolas Lancret qui débuta dans la carrière artistique par la gravure sur cuivre. François Nicolas Lancret, le frère de notre maître de Poste, était architecte et Robert Nicolas Lancret lui-même, lors de sou mariage, était un simple marchand incrcier de Mantes.
Si ce nom de Lancret nous rappelle celui du grand peintre des galanteries et des élégances du XTiu" siècle, celui de sa femme se trouve mêlé à une cause célèbre mantaise que nous voulons encore raconter. Thérèse Ismérie Famin fût victime d'une erreur Judiciaire et faillit payer de sa vie, une accusation d'accouchement clandestin et de suppression d'enfant.
Thérèse Famin s'était mariée étant atteinte d'une infirmité assez fréquente môme chez les jounes filles ; elle avait un kyste de l'utérus, ce qu'on appelait autrefois une hydropisie de matrice. Cette afi'ection désagréable autant que dangereuse, se manifeste par un développement du ventre qui donne toutes les apparences extérieures de la grossesse. Les médiantes langues de la ville avaient bien dabaudé tout bas et tout haut sur son compte, mais sa conduite était si notoirement régulière, les chirurgiens avaient si nettement déclaré qu'elle n'était pas enceinte, qu'elles avaient été forcées de se taire.
Malgré cette infirmité, Thérèse Famin trouva à se marier, et sa famille pensant que peut-être le mariage aurait pour elle d'heureuses suites, elle épousa comme ou l'a vu, Kobert Nicolas
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