‹ La chronique de MantesChapitre 16 sur 143 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

(3) V. Seigneurie d AubergenviUc, par M. Réauz.

LETGARDE

crolcfie âe Nûtre-Dame (1) cite Pierre et Roger de Meulan, parmi les bienfaiteurs de l*église. Bnfln, les comptes du domaine de Menlan font foi, dit encore Bfillin, que le receveur payait diverses rentes an chapitre de Mantes, pour TannÎTersaire du vicomte ifSvreux,

Nous avons aux archives de Mantes un document qui r^claire cette partie de la question et met à néant les hypothèses de LevrifT et do Millin : c'est \dL Déclaration des biens et revenus temporels de IV'glise Notre-Dame, faite en 1521 (2). Les chanoines lirent entre autres déclarations, la suivante : « La moitié par indivis de la terre et seigneurie de Hardricourt, près Meullent, donnée à nostre dicte comunaulté et à la comunaulté des vicaires de S*-Blellon de Ponthoise, pour continuer le divin service et faire certain obit ou anniversaire, par noble et ptdssant prince monsei^eur Drowyii, en son vivant conte de Meul-

lant Item. A nre comunaaté appartient tout le fief de la

mairie de Hardricourt, assis aud. lieu de Hardricourt, à cause duquel nous appartient le quay et port aux Afeulles, assis près ledit M<'ullent. avec ses droitz et appartenances. »

Tcci indique que ce n'est ni Hanneucourt, nilladancourt, qu'il faut lire dans le § 19, mais bien Hardricourt. Drouyn, comte de Meulan, est une autre erreur, plus facile à expliquer; il s'agit ici de Droco ou Dreux, comte de "Vezin, mort empoisonné à ^ythinie, avec Robert de Normandie, en 1035. Le Nécrologe de Notre-Dame rappelle Droco, et en fait aussi un comte de Meulan. « Anniversaire de Drocon, comte de Meulan, qui donna « Hardricourt à cette église (3). »

Cette mention du Nécrologe est de la rédaction primitive. Voici celle qui a donné lieu a cette confusion et qui nous paraît une addition moins ancienne. Au mois d(> novembre : » Ce même jour mourut la comtesse Ligarde, qui donna à cette église, Amouville, Mantes-la-Ville, Limay, Yssou, Firtnenti (Fontenay?), Hardricourt, a perpétuité, et pour distributions annuelles, vm 1, n s. (4). »

(1) ManiiHcrit d ^ In Ribliot Kftt, fimdiUtin, n* 5,SS0. XIV* 8. Noos «arons

à le citer plusieurs fois.

(2) Rôle de parchemin de 4b10, sar (KSf de large. It eit très intéreteaat

pour la topographie de la ville et des enviro'hs.

(3) December: Obit Droconis comitis de Mcllonto q. dédit h. occc. Hadricam. (41 Ms. 5250. Eodein die ob. Comitissa Ligardis qui deJit hc. ecce. Arnul-

phiTiU., Medutavill., Liinayu., Yeott, Firmeoti, BanUcort, in ppetuu. et diatribnt. «nnaat. p. ea Ylli L

Tout le monde semble avoir domié Hardricourt à Téglise de

Mantes. Le Nècrologe contient encore, au mois de Juillet, cette

mention : « Ce mémo jour mourut 0(io Rufftmu, qui constitua le fief de Ruffm près Hardricourt. »

Est-co le fief de la mairie d'Hardricourt, dont nous venons de parler? Cela est possible, mais ce que nous affirmons, c'est que Ligarde ou Lelgarde de Chartres, ne peut avoir donné ce qui appartenait aux comtes du Vexin. Dans tous les cas, et cela est décisif, la Déclaration de 1531 ne fait aucune mention de fondations dûes» soit à Pierre, Roger, ou Ligarde de Meulan, pas plus qu*à la comtesse Letgarde de Chartres.

Bien plus, cette Déclaration révèle encore une erreur dans laquelle est tombé Lévrier, et après lui MlIIin. Nous y lisons : « Sur la recepte du roy, Nre S", à Meulloit» pour l'anniversaire de dame Marguerite (1), feme de feu mens' Loys conte d'Evreux et filz du Koy de France Loys, IIP filz mons' sainct Lois (2), au lei ine de Toussainctz. " Ainsi, ce vicomte d Evreux n'est pas de la maison de Meulan, comme le dit Lévrier, mais bien un des comtes d'Evreux de la mai;-'on de France.

La Déclaration de 15Ji4 laisse peu de doutes sur toute cette question, et après examen, nous pensons que ces dîmes du § 19, k part, Hardricourt, n*étaient qu'une prétention du Chapitre. L*égli8e ne possédait à Mantes-la-Ville, qu'une rente sur deux maisons ; des rentes sur un grand nombre de niaisous et terres de Limay ; 8 sous de rente sur une seule maison d'Arnouville ; puis sur cinq maisons de Fontenay, et quelques revenus encore sur liuchelay, Vert, Rosny, llargcville, etc. iiinanville a dû lui échoir après 1521, puisque cette rente ne figure pas sur cette Déclaration.

Ce qui le prouve, c'est une addition moderne (relativement), faite sur le Nécrologc de Notre-Dame, aux calendes d'Avril : a Ce Jour mourut maître Symon de Saint-Cloud, autrefois chanoine de cette église, qui nous donna plusieurs rentes sur Arnouville. Bic obiU magister Stmon de Sco Clodoaldo qu/ond. hutus eccle, camoniciAS, qvU dédit nobis pluree reddit, apud Amouvillam, »

Quant à l'île Champion, il est peu probable qu'elle ait été donnée à la ville par la comtesse Letgarde. Un diplôme du roi

(2) Marguerite d' Artois.

(3) Erreur : Louis d'Evreux, mort en 1319, était fll« de Philippe 111.

8A1NT-GB0RQES

Robert, de Tan 1028, énumérant les biens de l'abbaye de Coulombs, ne nomme point cette île (1). Nous verrons cependant aa § '12, que cette abba3'e, moyennant un cens annuel, consentit à la c('Mler plus taril a la ville, à laqu(;lle elle était indispensable, tant pour la commodité des habitants, que pour leur sûreté en temps de guerre.

Nous avons traité un peu longuement toute cette question. Nous en demandons pardon à nos lecteurs, mais il était impossible de procéder autrement. Lévrier et Chrestien lui-môme, ont embrouillé certains points de lliistoire de Mantes, qu'il importe de ne pas laisser passer sans discussion. Nous avons, nonseulement à raconter, mais encore à rectifier toutes les erreurs qui ont eu cours jusqulci, et nous ne pouvons rejeter les atfir'mations de nos devanciers, sans en dire les raisons. Tout ce que nous pouvons tenter, c'est de nous efforcer de le faire le plus clairement qu'il nous sera possible.

§ 21. Saint-Georges bâti. — Le roi Robert, fils de ^ Hufrues Capet, qui commença à régner Tan 996, possédait Manio qui était venu à la couronne après le décès de ladite Lig-arde, dernière comtesse de Mante et Meulan. Et ledit roi. en Tannée 998, fonda et fit bâtir le prieuré de Saint- Cîeorges, oïl il mit des moines ^2).

Nous avons vu que la comtesse Letgarde de Chartres, n*avait jamais possédé Mantes. Pendant toute la durée du règne du roi Rob»Tt (996-1031) et jusque vers 1074, la ville resta en la possession immédiate des comtes du Vexin, Gauthier II et Drogon, son fils. Notre Chronique avance donc ici deux faits controuvés.

Le prieuré de Saint-Georges, de Tordre des bénédictins, dépendait de Tabbaye de Fécamp, dont Tabbé nommait le prieur ; c'est une des plus anciennes fondations religieuses de Mantes, n est possible qu'il existât du temps de Robert, mais comme nous n'en avons pas trouvé la preuve, nous laisserons son origine dans l'ombre et nous rapporterons seulement ce qu'en dit Orderic Vital à propos de l'église de Mantes, vers Tan 1100 :

(1) Gallia Christ T. VIII.

(S) Le moine Helgaud, dans sa Vie du roi Robert^ ne dit pas en mot de Mantes. Maia Robert fonda, dans l'église de Saint*AigDan, d'Orléans, une chapelle de Saiat-Oeorges. Cest peut-être 1a cause de l'erreur que noue tignalona.

« Baudry le Roux, de Montfort, s'étantfait moine, donna aux religieux de Manie, savoir : X sols et un setler de sel. Les moines de Pécamp, qui demeurent à Mantes, en faisaient le paiement le jour de la féte de saint Rémi. Le même Baudry donna aussi tout ce qu'il arait dans Téglise et dans la dîme de Jumeauvillo et XII deniers que les fils de Burge (?) payaient pour

le cens de la Concie (1) Baudry étant mort, son fils contesta

toiitos los choses susdites; mais, ayant do nouveau reçu XX sols, il donna une nonvolle conrossion. Kn cons(^quencc, il se r('n{lit à Mantes avec le prieur David et si^^nilia aux moines de Fécanip qui d(>meuraient à Saint-Georges (apud S. Georgium morantibus) de payer désormais chaque année, aux moines de Maule, les X sols et le setier de sel qalls avaient coutume de payer à son père (2). »

Les moines de Saint-Georges possédaient des priTilèges considérables et, comme tous les privilégiés du moyen âge, leurs efforts tendaient à les augmenter souvent aux dépens du voisin. Nous en avons un exemple dans une contestation Jugée en Tan 1290. Les bénédictins de Saint-Georges vendaient du vin de leurs propriétés dans l'intérieur de Mantes, et pour attirer les clients, ils usaient de mesures plus grandes que celles de la ville. Ils faisaient ainsi tort aux taverniers qui voulaient bien mettre une grande pinte sur leurs enseignes, mais non pas sur leurs tables. De là, procès entre la communauté de la ville soutenant ses bourgeois, d'une part, et Tabbé de Fécamp et le prieur de SaintOeorges, de Tautre. Moyennant une somme de 50 livres que la ville paya, la reine Marie de Brabant, devant laquelle le procès fut évoqué, décida que les mesures du prieuré seraient «unes» avec celles de la ville, sauf le droit de forage du prieur de Saint-Georges. L'acte existait autrt fois au chartrier de la ville ; il était scellé du sceau de la reine Marie (3).

Ën 1208, frère Jehan de Saint-Gabriel, était prieur de Saint- Georges (4).

Ce prieuré était le plus considérable ûv Mantes. Il disparut à la Révolution. Les dépendances s'étendaient sur le Marché-au- Blé, depuis la rue des Halles jusqu'au coin de la maison Girard

(1) Pcrmo de la commune de Thoiry.

(2) Orderie Titd. T. II p. 445.

(8) InvenL de 4945,

14) Jd.

SAINT-OEORQES

et vers la Chasse-Royale, dont elles étaient séparées par un passage. Le petit portail de la chapelle qui existait encore, il y a peu d'années, se trouvait en retour, devant remplacement de la maison Oénin, au sud-ouest de la place du Marchè-au-Blé.

Les propriétés situées entre la rue de Berry ou rue de la Savaterie, et la rue Cadette ou rue de la Friperie, devaient presque toutes censives ou autres droits au prieuré de Saint- Georges.

En dehors do Mantes, Saint-Geor^jes possédait tout le village de Boissy-Mau voisin. L'abb»' Henri, en 118'i, écrivait à Philippe- Auguste pour le prier de picndre ce village sous sa protection. Mais la prière n avait ou, sans doute, aucune efficacité, car on 1205, l'abbé Raoul trouva le vrai moyen do faire entendre ses supplications. Il s*engagea à payer au roi et à ses successeurs une rente de trois muids d'avoine pour le tensement du villiige (1). C'était Guy de Mauvoisin, qui tourmentait le prieuré de Mantes et le troublait dans la jouissance de sa propriété. Sur les instances du roi, à Gisors, il s'engagea à abandonner les droits qu'il pouvait avoir sur les hommes de Boissy et désormais le village, proté-é par le roi, fut laissé en la paisible possession des moines de Saint-Georges (2).

Voici quelques noms de prieurs de Saint-Georges que uous devons aux recherches do M. Brochet, d'Epône :

1416. Thomas Xogueis, bachelier en droit; 155G. M' Pierre Donjac :

l(>Oi. M" HierosnK- Ib unequin, évèqne de Soissons ; itiOI. Jehan Breton, prieur commendataire; 1680. L'évéque d'Arras ;

1680. D. Joacbim Dreux; 1081. L'évéque de Montauban;

1681. DomN. Malus; 1778. Bom Jean Mabeu.

Nous touchons enfin à une période historique où les documents de toutes sortes vont abonder. Nous avons passé l'époque des conjectures discutées; nous aurons maintenant une preuve à alléguer ou un texte authentique à citer, à l'appui de chacun des faitii qui vont se dérouler sous les yeux des lecteurs.

(1) Droit «n ai^gent tnr les héritages. (S) Catatog. des Aele$ de PhiL-Aug,

ae

(lOOdj

En l'an 1006, nous trouvons le nom de Mantes dans deux chartes do Gauthier II, dit le Blanc. Nous y avons fait déjà mainte allusion. Par la première, le comte de Vexin exemptait

du droit do rivière les bateaux de l'abbaye de Jumièges, montant ou desceiidaiit l;i Seine 1 1 >. Ces rcli^rienx lui avaient fait présent d'un très beau livre et c étiiit en rccnimaissauce de ce cadeau qu'il leur avait accurdé cette exemption (2).

Par la seconde, de la iiiènie année sans doute, Gauthier, pour son salut, celui <le sa reniine Agnès et de ses fils, et à la {irièn' de Maynard, abbé de Saint-I*ère de Chartres, exemiUe des inènies droits, les bateaux appartenant au monastère de Juziers, passant sur la Seine devant Mantes : « Pcr Sequanam IrangettnUbus, propé nostrum casiellwn, quod mlgo dicUur Me^ danta (3). »

En 1U15, Ilugue r% prenant seulement le titre de comte de Meulan, avait accordé cette franchise aux bateaux de Saint- WaskànWe, passant devemt Meulan, Tandis qu'en 1030, Drogon, comte de Vexin et successeur de Gauthier II, la leur avait accordée pour le travers do Mantes : « Per castrum Medanium, » Ce point est important, et nous le signalons tout particulièrement (4).

Ces exemptions de péage, à Mantes, étaient du reste fort recherchées. Les OHm contiennent plusieurs sentences en faveur de la ville, contre des particuliers ou des conununautés, qui se les étaient arrogées sans aucun titre. L'abbaye de Koyaumont, en 126'i, prétendait, elle aussi, à l'exemption ; ses bateaux avaient éti' saisis par le maire et les pairs. L CiKiuétf ouverte à la diligence du bailli, Geolroi de Jouy {(Jaufridu^ de Joiaco)^

[W M. Cassan appelle Cumtliier II. cmiitc de Meulan; c'est une erreur.

(2) « E'fiO Waltcrius couics, qui inter cetera bona. C'istnim quod Madanla dieitur tenero videor. Moi, Gauthier, comte, qm |>a im d'autres biens, possède un chAtenti. (\\\\ rsit a]tp<'lt'' Mant'*s. >. Toile est !«; texte exnct de la charte de concession. Lévrier n'est done pa.s tldt-le copiste quand, dans Y Art de vérifier les dates, il appuie aur l'expression : Un certain petit château qui m'aj^partient entre autres biens. » En 1006, Mantes est appelle Castnun, et Cria n'a pa4 d'iniportance. puisqu'en 1037 et en 1058, Galeran et Ilugue de Meulan, a|i[M'llent leur château de Meulan uu CasteHum. V. Ci^lwt, du Vrarin, T. XI, n" W et suiv.

(3) CarU de Sainl-Pùre, T. I. Ici il y a bien caslclluin.

(4) Cart. de SainUWand., aux ArchiTCS de la Seine-Inférieure. « Eorum vina siMi alia aliqtia omnia ad se pcrtinentia, per rastrutu Medantum, abtque uUo debito transeant libéra. » Cullcct. du Vcxiu, n« 106.

CONFKKKiE AUX MAKCUANDS

prouva que les religieux de Royaumont n'avaient aucune raison d*étre dispensé; du péage des ponts de Mantes.

L'abbaye de Bonport éleva aussi cette prétention, en 1260. Elle obtint par composition arbitrale m que lesdiitz abbé et

couvent, par chacun an, pourront faire mener une navire en montant et par»'ill( in< nt en «loscendant par la rivière de Seyne, dont ilz ne payeront aucun itéai^e à lailict<' ville ( I\

l*ar un appointenient <le i'2i'>\, l'abha} e de 8ain(-I>eiiis avait déjà obtenu les mêmes faveurs. Elle payait cependant pour le

Sri et le Vin (2).

§ 23. La Confrérie de TAssomptioii et de la Distribution des fruité* — La Confrérie de la triompliante Assomption de la Vierge a été érigée en Téglise Notre-Dame de Mante en Tannée 1012 {Sj du règne de Robert, roi de France, et la ville mise en commune par le roi Louis le Gros, en Tannée 1110 (4). Les habitants supplièrent sa Idajesté de vouloir que le maire et les échevins de la ville fussent tirés et choisis à Tavenir entre les frères d*ieeUe confrérie, espérant que par telle élection les affaires publiques se porteraient mieux et que lasainte Vierge entreprendrait la défense de leur ville. Ce que sa Majesté leur accorda très volontiers. Et depuis ce temps, les maires et éclievins ont toigours entretenu dévotement le service de cette confrérie, auquel ils assistent tous les premiers mardis des mois avec leurs officiiTS. El font dresser tous les ans, en riionneur de la Vierjre, la veille de sa j^lorieusc Assomption, un feu de joie «levant le ]»rincipal portail do l'éirlise Notre-Dame, et distribuent le lendemain, eu la place publique, une grande quantité

<1 lurent, de f T-f.î. ' Matliiou clo Valuifi, comte de Boaumoiil, « t la « oiiit«ss« Kleonore, sa f.'iiuae. Simon, comte de Ifontrort, Guy de Mal\i>ysii», thullaumo do Garlan-le, Mathieu de Montmorency, Thibaut de Malle, et llj<'hurd do Voirtoii, à la prière du roy-duc (de Nonuanili •), fsciiiptorèiit l'abbaîd de Bonport du péage dos vins sur la rivière de S«-yne, aux ports tic BtaaiBOttt, Conflana, Poissy, Mante» et Vernon. Leur» iceaux sont attachés ans chartes et représentent des cbevaliers, l'épée k la main. Celui de Oajr de Mahoysin. a p..ur bordure : Mtihts vicinui et au revers : 3 bandes et 3 beaaas ea chef. ^Lebrasseur, Histoire d'Evrcux.)

(S) Invent, de ISêS.

(1) En 1011, suivant Chev. et Chr.

(4) kxhé et Manon disent U9S. C'est nne erreur.

(le fruits, pour symboliser la sigoiûcatioD (?) des anciennes

armes de la ville (1).

Il se fait aussi une belle cérémonie à rAssomi)tion, par une imapre que l'on fait descendre et monter le jour avant la messe et la veille, à Matines, le soir.

[Il se trouve encore aujourd'hui dans l<v^ archives de la ville un ancien re^nslre de fort difficile lecture, qui fait mention de cette confrérie qu'on nomme la Confrérir njf.r Marclicuuh. Cette confrérie avait certains droits et revenus (pli se mettaient dans un coffre qu'ils appelaient la Boctr cwx MarcJianth, dans laquelle ou mettait aussi les amendes auxquelles l(>s habitants se trouvaient et étiiient condamnés dans les cas de iiulice et autres où ils avaient prévariqué. Et de cette boîte on tirait ce (ju'il convenait payer pour les affaires publi([ues l.i ville (2).

Cet établissement se trouva tout fait en l'annt'e 1110, lorsque le roi Louis le Ciros mit notre ville en communauté, comme no«s le dirons en son lien, et la dilférence qu'il y donna, c'est qu'il nomma et (pialifia du nom de Pairs ces douze principaux halutants, choisis pour le e-ouvernementde la ville, qui se tiraient toujours de cette confrérie.] CiiR.

Tout ce que nuire Chronique rwooni^ de l'organisation de la

ville, au temps du roi Robert, ne repose que sur cette tradition locale et sur « un registre de difficile lecture » disparu, du reste, dr-s archives do la mairie. Tout cela, on le sait, est conforme à radiiiinisl ration intérieure des villes du moyen âge. « Les chartes d'aflVanchissenK^nt de communes, octroyées ou demandées et obtenues sous Louis le Gros et sous Louis le .Jeune, la création des milices communales, les cyaux des communes de rile-de-France, choisissant eux-mêmes leurs magistrats, s*emparant des tours et des murailles de leurs cités, possédant, dans la maison de ville, le sceau républicain destiné à sceller les actes municipaux, sont en quelque sorte la consécration de coutumes et d'habitudes sociales que les empiétements des seigneurs féodaux s'efforçaient de détruire (3). » On le voit,

(1) Ce passage manque de clarté et nous rononroriR à l'expliqiior.

(2) Dans un registre de lllC, cette lîoucUe a des charges particulières.

(3) Henri Uartin.

[1012] CONFRÉRIE AUX MARCUAI<iDS 85

cela peut s appliquer au texte de notre Chronique, et si Mantes aviit déjà un gouTernement propre, il ressemblait à toutes les associations de bourgeois et de gens de métier, de toutes les ▼illes françaises à la môme époque. Nous aurons occasion, du reste, de l'étudier plus tard, avec Ibute l'attention que mérite le sujet.

Que la municipalitr iiiaiitaise soit nt'o d une confn'Tio r«'ligieuso, il n'y a là rien qui doive ii<ius étonner. C'est le génie du temps et Ton peut dire qu'au moyeu âge, l'église était le lieu de réunion commun à tous ceux qui s'étaient groupés autour de son ombre. Il ne s'est rien passé à Mantes que nous ne retrou- Tîons partout ailleurs. Les corporations de métiers de Paris, comme les écoliers de TUniTorsité, se réunissaient presque toutes dans le cloître ou sur le parvis de quelque église. Sans multiplier inutilement ces exemples, il est certain que n»>s bourfieois ne firent (ju'cbéir aux ll^a.::es et aux tendances de leur temps. Si l'on consulte l'introduction dont M. Auj;. Thierry a fait précéder son histoire du Tiers-Etat (1), on verra que tout ce qui existait dans les grandes cités dont il a étudié le mouTOment communal, se trouvait également dans notre petite ville de Mantes. Parles traditions que nous transmet notre Chronique, nous devinons les mêmes souvenirs d'un* organisation urbaine, rappelant le municipe romain. Nous devinons encore, par les transactions passées avec tous les s. j^neur'^ des environs de Mantes, pour l'alTranchisscinent de droits multiples dont la ville était grevée. r<'nvahi.s>t'in< iit de la cité par la puissance féodale aux X' et XI' siècles. i*uis, peu à peu, l impatience du joug se maniTeste de toute part. La bourgeoisie mantaise cherche, une des premières, à se débarrasser des intrus qui s'imposent par la force. Pour y réussir, elle se voit dans la nécessité de remplacer tous ces tyrans seigneuriaux par un seul maître, le roi, qui se substituant à tous les autres, met ses baillis à la place des anciens juj^es locaux, en laissant cependant aux bourgeois, un semblant de la liberté •:allo-romaine, dont l'antique souvenir n'était pas encore absolument elTacé.

Le clergé, en général, et celui de Mantes en particulier, par son origine comme par son esprit, était intéressé à faire cause commune avec la bourgeoisie. Si donc la vie communale se révèle par cette confrérie de l'Assomption, c*est le signe d'une

(1) DoemHemtÊ inédits. IV voL T. h

entente qui ne s*est jamais démentie. Dans tout le cours de cet ouvrage, à part quelques légers débats sans importance et toujours arrangés, nous verrons les bourgeois associés dans tons les actes de Li vie publique, avec le clergé séculier de Notre- Dame.

§ 2.3. Famine et mortalité. — En Tan 1015 fut une grande famine et une mortalité universollo. Kt mourut tant de monde, que les vivants étaient si lassés d'ensevelir et enterrer, qu'ils ensevelissaient et enterraient les gensencore vivants; et mourut plus des deux tiers du monde.

Ce paragraphe est copié dans Raoul Glaber.

^ 24. L'endroit où était anciennement le Cimetière. —

Dans lo milieu de la ville, au lieu où est de présent \o Mitrchéaux-Ilarcngs et l'église Saint-Maclou, que je crois avoir été bâtie dans ce temps-là, était le cimetière. Et où est l'église Saint-Maclou, était l'Hôtel-Dieu qui depuis a été transféré où il est de présent; attendu «[ue toutes les maisons qHi sont proche ladite église, vers le Marché à lilo, doivent rentes et censives audit Hôtel-Dieu.

[L'Hôtel-Dieu fut dès ce temi»s-l;\ placé dans une grande salle, laquelle eUiit sur l'arcade de la porte qui fermait le Fort, du côté de l'Etape, et par la suite bâti dans le lieu où nous le voyonsprésentcment, près l'église Notre-Dame. J Chr.

Les titres les plus anciens do rinventaire de 1543, sur l'Hôtel- Dieu, sont de 1229 à 1231. Ils concernent dos aumônes et quelques règlements d'administration. Le maire do Mantes y agit de concert avec l'évêque de Chartres. La propriété de l'Ile de l'Aumône apparaît seulement par un titre de 1351, mais elle est antérieure.

Le sceau de l'Hùtel-Dieu était un Agnus Dei.

§ 25. Le Cimetière transféré où il est à présent. — Sous le règne de Robert, roi de France, le 2' avril 1027, JeaQ Siresme, Edouard du Temple, Jacques Uipernelle, Georges Double le jeune, Olivier Oger l'aîné, Jean Oger le

MANTES KT MEUL.\N

jeune, Guyon Double, Amaury, les cinq d'iceux et plusieurs antres bourgeois, achetèrent de Denis de Ghâuvincourt une pièce de terre proche la Porte Chantereine (1), que nous appelons ai]^ourd*hui Porte aux Saints, qu'ils firent bénir, pour en faire un cimetière, pour enterrer les morts. Le zèle de ce peuple mantais pour leurs ayeuz parut à Tomement de ce nouveau lieu, qu*ils firent clore tout autour avec des charniers, depuis le portail jusqu'à l'église. Laquelle église fat fiiite des aumônes des habitants de ladite ville et des blenfoits des maires et écbevins etla dédièrent en l'honneur de saiot Jacques le Msgeur, et s'est vu un des plus beaux cimetières de son temps, même le plus beau de France, sans en excepter. Mais les guerres civiles ont causé sa destruction et l'ont rendu comme champêtre. Et l'ancien cimetière fat donné à la ville, pour faire desEtails, couverts et non couverts, à vendre marchandise.

Ce cimetière, placé hors des murs, eut souvent à souffrir des opérations militaires dirigées contre la ville. Il Ait plusieurs fois détruit et rétabli. L'administration en était confiée à trois des éehevins de la ville. Il en sera mainte fois question parla suite.

§ 20. Meulan réuni à Bfante. — Il me som])Ie que Meulan fut réuni à la couronne en l'année 1042 [1041 Ciii :\ . , co que j'apprends par un état que j'ai en main, extrait de la Chauibre des Comptes de Paris, de tous los duchés, comtés, baronnies et cbatellenics du domaine de la couronne de France, par lequel il se voit que Meulan fut uni à la couronne du temps de Henri 1", fils de Robert, parce que Galerand, comte dudit lieu, fut rebelle et désobéissant au roi (2). Lequel alla contre lui et le déposséda et joignit sa terre à son domaine, attendu que ledit Galerand tenait le parti de Thibault, comte de Chartres, et d'Etienne, comte de Troye, qui entrèrent en querc^lle avec le roi Henri. Duquel Meulan, il est dit qu'il n'en dépendait aucun membre ou chatellenie; mais pour ce qui est de Mante, il n'est point parlé comment

(1) On Porte Chartraine.

(2) Si Mantes avait Tait partie du comté d6 MMlan, elle eut é(4 priée en même tempe et uuie alors à 1a couronne.

il a été uni audit domaine, y ayant seulement en ces termes : Mante est simple domaine, duquel ne déjiend aucun membre ou ciiatellenie, vrai est qui! a droit davantage sur villages circonvoisins.

Or, est-il (^ue depuis le décès de ladite' Lip:arde, comtesse de Mante et Meulan, il est croyable que les rois de France ont toujours possédé la ville de Mante avec celle de Meulan, qu'ils y ont réunie après la confiscalion susdite, et qu'en ladite ville de Mante, ils onl lait souvent leur séjour et demeure, soit pour la salubrité de l'air et l)eauté dudit lieu; soit pour y prendre les plaisirs de la chasse, étant pour lors la ville environnée de beaux et grands bois ; soit pour y tenir fwi et par leur présence empddier les courses (1) des Normands, nouvellementhabituésenlaNeustrie, que Ton appelle à présent de leur nom : Normandie, dont Mante était frontière et de conséquence pour le passage en France.

Cette dernière partie prouve combien les chroniqueurs maniais étaient peu au courant de l'histoire de Mantes. Letgarde n avait pu laisser Mantes à la couronne. Elle avait des fils, dont l'un fut comte de Chartres, et la ville vint au roi Philippe 1", qui s'en saisit sur Simon de Crépy. On voit que la tradition a trop de part dans cette chronique et qu*il faut se défier de tout ce qui concerne la partie ancienne de l'histoire de Mantes.

Abordons l'épineuse question du comté de Mantes et Meulan. Nous prétendons, comme nousTavons avancé, prouver au moyen des nombreux documents que nous avons étudiés, que jamais Mantes n'a été en la possession iiiunédiate des comtes de Meulan?

Le moment est venu de réaliser notre promesse.

Le président Lévrier n'écoutant que ses préférences et s'appuyant du reste, sur des titres dont certaines expressions flattaient ses préventions, est de tous les historiens de nos contrées, celui qui a le plus contribué à embrouiller cette question, déjà fort obscure par elle-même. Nous allons essayer de démêler 'inextricable écheveau ; pour cela nous faisons un appel à l'attention, et un peu n la patience de nos lecteurs.

Pour mieux éclairer la discussion, nous donnons en regard l'une de l'autre, les suites des comtes du Vexm et de Meulan,

(1) Les Ml. ^Mnt eorvie.

MANTBS ET MBULAN

telles qu'elles ont été fournies par le président Lévrier loiméme.

COMTES DE VEXIN (db VArois, DE Crkpy, ktc.)

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