HUOUE I" TÊTE d Ours
Prend le titre de vicomte du Vcxiu, dans un acte de 1015.
1015. Oalbram I*' ou Wa- LBRAX II. Fil^ d-^ Robert II, frère de Hugue 1»'.
1070. HueuB II. Témoin comme comte de Meulan, dons un acte de restitution de Philippe l"t à l'abbaye de dttDy, eo 1078.
1060. ROOBR DB BBAUIIOMT,
gendre de Huguc 11, par sa femme Adeline de Meulan.
1082. RoBKRTlll.dtdoDdeses droits, sur Mantes, à Saint - Wandrille, d'après Lévrier.
1104. Galeran II.
1166. Robert IV, dépossède du comté de Meulao»
en 1204.
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Voici ces deux suites : nous y Joignons quelques faits se rapportant à chacun des personnages. Les premières dates concernent seulement los chartes où il est mention de ces comtes (1). Quant aux comtes du Ycxin, nous ferons remarquer qu'ils ont pris, suivant les actes qu'ils ont si<jrn<'', à eauso des acquêts faits par héritages ou mariages, les titres de comtes d'Amiens, d«' Cr(^py. de Valois, de hrctix, de Pontoisc, t\v Mantes, etc. Les comtes de Meiilan, au contraire, ndnt jamais eu d'autres titres dans les actes fran(;ais ; mais en Angleterre, après la conquête, ils ont possédé diverses seigneuries dont nous n^avons pas à nous préoccuper.
Si Ton compare les dates exposées dans ces deux suites, il est évident que Mantes et Meulan ont eu. Jusqu'à Tannée 1074 ou 1076, des seigneurs distincts, mais unis à la vérité par des liens de familles très étroits. La prétention de Lévrier, de faire des
comtes de Meulan les seigneurs de Mantes, est donc inexplicable. « Depuis l'extinction des comtes de Vexin, dit-il (2), cette ville ayant passé sous la domination de ceux de Moulent, a fait partie des fiefs de leur mouvance et les vicomtes de Mantes sont devenus vassaux des comtes d(» Meulent. Nos rois y posséderait <iuelqu( s domaines particuliers en propriété, et entre autre un château qu'ils habitaient assez souvent. Louis le Gros le donna à Philippe, son frère naturel, fils de Bertrade, qui porta même quelques instants le nom de comte de Mante. Mais ce titre était sans réalité, et comme un simple brevet d'honneur, puisque Mante n'avait alors aucun district ni mouvance, et n'étidt point effectivement un comté et qu'il est même constant par les titres et les chartes dont on aura occasion de citer une partie dans peu, que tout le territoire, qui d«'puis Philippe-Aug'uste composa le chàtfll' iiir de Mante, faisait partie auparavant du comté de Meulent, en portait le nom avant que les géographes modernes eussent imaginé de créer de h'ur autorité privée, un pays particulier appelé Mantois, qui n'a jamais été connu des anciens. «
Tout cela ne tient pas devant les faits les plus patents. Nous ne voulons pas exposer toutes les chartes où l'on trouve les noms des comtes de Vexin et de Meulan; cependant, on obser^ vera que dans le Cartulaire de Saint-Père de Chartres où leurs
(1) Artdê ver. tes dotes. T. II. Lévrier s fonnii tonte cette partie aax
Bénédictins.
{2) Art de CCI'. Us (laies. T. II p. (168.
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MANTES ET MBULAN
noms rerienneiit àcbaque page, Oalenui, de 1015 à 1009, est le premier qui prenne le titre de comte de Meulan. Son ftpère atné, Huguo I*', se qualifio do rames et quelquefois de ricecomei, c'est-à-dire vicomte du conitr ilf V' xin. son parent. Noos en
citerons tout à l'heure un exemi)lo probant.
Maintenant, non seulement lo roi de Franco Philippo I", son fils Philippe do Mantes, et aprôs lui Louis lo (Iros, ont poyjsôdô Mantes, mais il existe encore, en dopit de Lévrier, des seigneurs, contemporains des comtes de Meulan et notoirement pins puissants qu'eux, qui ont pris dans quelques occasions, le titre de comtes de Mantes* Nous n*en voulons pas tirer cette conséquence que Mantes a eu. comme Meulan, une suite de soigneurs héréditaires ; loin de là. Nous savons que cela n'existo pa^ : mais cela prouvo au moins, que Mantes n'était pas la propri'-té des comtes do Meulan, ni do la mouvance de leur comté, et nous n"on voulons pas prouver davaiitaj^'o.
Ain*ii. nous lisons dans Y Art de rèrifirr les rfafrs [V, mais non plus «lans l œuvro do Lévrier, le passage suivant : « Kn 1041) OU environ, Bustaehe II, surnommé Orenon, parce qu'il portait de grandes moustaches, devint le successeur d'Bustache I*' son père, au comté de Boulogne. Il épousa. Tan 1060, Goda ou Godoia, fille d'Ethelred H, roi d'Anj^leterre et veuve de (jrat<MI«r, comte de Mantes, dont elle avait un fils qui était alors comte d'Herfort. » M. A. Thiorrj', de son côté, parle aussi de ce (iauthi<»r, sans hii donner ilt^ titre. « Kustaclio venait d'épouser la so'ur d'K<lNvard déjà veuve d'un autre Framjais. nommé Unutliicr de Manies. >» Et plus loin : <« Le roi (^Edward) donna le commandement de son armée à ses favoris d'outremer; et parmi les principaux chefs, figurait un jeune fils de sa sœur Goda et du Français Gauthier de Mantes (2) ».
Ce fait, pris dans GuUlaume de Malmesbury, contient une er^ reur de nom. Goda était la veuve de Drogon, mort à Bithynie en 1035, et non d'un Gauthier. Mais le point capital, c'est que son premier mari est appelé ici comte de Mantes.
Orderic Vital appelle encore positivement Raoul le f;rand. c»>mto de Mantes. « Quodam temporo, intor sa^i>e nominatum Uuguuem et Radulfum comitem Mendantentium, Philippi régis
(I) T. Il p. 180. Lévrier a été noins «fflimatif dut quelques notée de eee précédés.
(t) JiûL de Ut conq. de l'Angl. Uni. Vit l'api)«Ue autsi comte de Pontoise.
vitricum, o\c. En ce temps, il s'éleva •,'rands débats, entre Hugue de Grandniénil et Raoul, comte de Manies^ beau-père de Philippe, roi des français » (1).
Voici donc deux citations au moins, qui sont diamétralement opposées aux affirmations de Lévrier. Du reste, tant que les oomtes de Yezin existèrent, c'est^à- dire, Jusqu'à la mort de Simon de Grépy, vers 1080, la Tille de Mantes fit partie de leurs domaines et n*eut pas à reconnaître la suzeraineté des comtes de Meulan. A partir du jour où Philippe I" s'empara du Vexin et devint ainsi avoué de Saint-Denis, Mantes lut entièrement au pouvoir dos rois de France, et rien ne peut faire supposer qu'ils en aient partage- la possession avec les comtes de Meulan, dans lesquels ils eurent presque toujours des adversaires. L'examen attentif (les sources historiques le prouve; nous ne concevons pas que 1 opinion contraire ait été acceptée sans débat, par tous ceux qui se sont occupés de cette question : Millin, Cassan, M. Réaux (2) Tont partagée et malgré leur autorité, nous ne pouvons nous ranger à leur avis. M. Moutié lui-même ne dit pas autrement, et il en donne à l'appui des preuves qui semblent sans réplique. « Vers i03i, dit-il, le même comte Dreux (Drogon) et Hugues son vicomte du Vexin, se dessaisirent, entre les mains de l'abbé de Saint-Père de Chartres et sur l'autel de Juziers, de plusieurs terres que le vicomte IIugu<\s avait usuri)ées et retenait au détriment des religieux. L'acte solennel de ce désistement fut passé en la présence de plusieurs grands personnages, parmi . lesquels nous nous bornerons à citer Sanson, vicomte de Mantes, pour le comte Dreux. Parmi le grand nombre d'autres témoins, qui sont i^pelés : Medanienses de Mellento, ManioU de Meulent. c*estpà-dire sous la dépendance du comte de Moulent, figurent au premier rang, le vicomte de Moulent, Téduin, etc. (3). »
M. Moutié n*a pas connu une note de M. Le Prévost, qui fait
que le texte de cette charte dit justement tout le contraire de cette traduction ; c'est affaire de ponctuation. En effet, les témoins de cet acte sont de trois catégories : ceux de Mantes, ceux de Meulan et ceux de Tabbé de Saint-Père. Après les pre-
(1) T. II p. 113. Cette forme latiao est même remai'quAble, car Orderic dit positivement : Raoul, oomte dei Mantois.
(2) Hixtoirc de Meulan.
^3) Loc. ciL p. 11. Lévrier dans ses preuves a parfaitement fait la distioction importante que nom allons aignsler. Il alonte avec raison que Mante et Ifeniant avaient lenn oemtM partioalieee. CoUe^ion du Vexin, T. XI, n* 167.