PROCESSION
^ Ctl. Procession pour le fait de Contagion. — L*an
de notre salut mil deux cent ((uatre-ving-t-trois, le trente juin, environ neuf heures du matin, messieurs sont sortis processionnellement de leur éfjlise cathédrale, accompa^ni^s de tout le clerjn*» de cette ville et de tous les curés, vicaires et chap^M.iins des villages et lieux de leur appartenance ; tous avec leurs croix et lianniAres ainsi (pril leur avait été enjoint, et de toute la noblesse voisine et des Jusfici^Ms et praticiens, majors et anciens et de tous les nianans et hiibitans d'icelle ville, de l'un et l'autre sexe, tenant et portant à la main un ciergre de trois livrt^s ardant. ainsi (pie mesdits sieurs avaient ordonné : et ont l'ail le grand tour des murailles par dehors, chautiiut les litiinies des saints et eo cet ordre : Monsieur l'Oflflcial marchant à la téte de la procession, le sergent devant lui et M. Tancien, officiant revêtu d*une chape de toile d'argent, la mitre en tête et crosse abbatiale en main, comme quand ils font l'offices aux bonnes fêtes ; iceloi ayant jeûné trois jours auparavant au pain et à Teau. Et au retour de la procession a été célébrée solennellement et inpontificalibuSf la messe de la heUe dame, par mondit sieur Tancien. Le tout pour l'affliction et la nécessité commune. Ce qui Ait le jour précédent fàxi à savoir à son de trompe à tous les habitants d'iceUe ville, par le héraut de mesdits sieurs monté sur un cheval blanc, avec sa robe de velours violet semée de fleurs de lys d'or et les armes du chapitre devant et derrière, accompagné du sergent et de deux clercs à simple tonsure^ qui fut ainsi, par toutes h s nu's et carrefours d'icelle ville. Fait par moi soussigné le jour et an que dessus. Signé Noblet.^£t dessous : Par Messieurs (1).
Ce paragraphe manque dans Aulté ; il est si curieux que nous Tavons copié dans Chrestien et iniercallé dans notre Chronique. Il donne un idée du faste des chanoines et explique un acte faux que le chapitre disait émané de Philippe-Auguste. Chrestien a donné cet acte en latin et en français; en voici la
(1) Se trouve âiiz Preuves de Lévrier.
CHRONIQUE DË MANTES
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teneur esseutielie, que nous ne «aurions mettre à une meilleure place.
Piiilippt'-Auguste commence par déclarer que le Saint-Siège a fait ces chanoines, dont il est abbé, très puissants et indépendants. Il dit qulls sont libres de choisir tels juges qu'ils veulent, qu*ils lui en ont montré de nombreux titres, bulles et privilèges, qu'il a vu de ses propres yeux; qu*ils ont toiyours eu des abbés de sang rojral, dont ils tiennent leur dignité, pour en jouir paisiblement à perpétuité ; que quand ils officient, ils portent la crosse et la mitre abbatiale, comme les princes de son sang, dont ils sont les successeurs légitimes; qu'ils font tenir les ordres niajr'iirs pnr tel évéque qu'il leur plaît. Pour leur garantir leurs iiuinunit<'s, droit sur .ses gabelles, tant sur les villes, bourgades et villa^^es dont ils tirent annuellement plus de vingt mille pit^'ces d'ur, il veut qu'à toujours, ils soient les maîtres et souverains seigneurs dans la ville de Mantes, tant au temporel quau spirituel, qu'ils aient les premières places dans les assemblées et cérémonies. Ces prérogatives sont réservées aux chanoines et non aux vicaires et curés, sur lesquels ils ont toute autorité.
Le chapitre de Mantes était riche et puissant, mais il y a un peu d'exagération dans les prérogatives exorbitantes de cet acte. Plus d'une fois elles leur fbrent contestées par l'évèque de Chartres, par les maires de Mantes, et plus souvent encore par les vicaires.
Pendant quelque temps, Mantes ne se trouva plus mêlée à aucune grande action historique. Elle vécut pour elle-même et
s'occupa de son administration et de ses intérêts. Elle avait conquis bien des privilèges et ne demandait qu'à les conserver ou à les étendre.
En 1289, le prieur de Juziers possédait une maison à Mantes
dans laquelle, malgré les droits de la ville reconnus et confirmés, il faisait vendre du vin par un de ses mandataires. Le maire le lui fit défendre ; et comme le prieur, soutenu par le puissant abbé de Saint-Père de Chartres, résistait à toutes les défenses, pour trancher le différend, l'affaire fut évoquée au conseil du roi. Un commissaire fut nommé du consentement des parties : ce fut maître Jean Leduc (DucisJ, chanoine de Téglise de Saint-Quentin. Il vint à Mantes dans loctave de la Trinité et, les témoins entendus, il décida que la maison