DOYENNÉ DE NOTRE-DAME
Elle Alt érigée derrière le maître autel, en l'honneur des châsses de saint Marconi et de ses compagnons. Sut le même
autel se trouvaient aussi les reliques de sainte Agathe.
Cette chapelk' avait pour adiuinistrateur, un des 6chevins qui prenait le titre do Prccôl de la Chapse. Il en est souvent question dans les anciens comptes do l'Uôtel-de- Ville (1).
§ 05. Accord fait entre le Chapitre et les Maire et Pairs, pour la décoration des places devant le Château de cette ville et de celle devant TEglise collégiale. —
Il y avait une rangée de maisons devant le portail de Notre- Dame, lesquelles offusquaient et ôtaient la vue de co l>eaii bâtiment. Il yen avait aussi (luoljues-unes entre cette église et le Château, sur la place dite du Miroucr. Pour faire disparaître CCS maisons, les chanoines et le maire firent Taccord suivant: Les maisons du parvis avaient été données au chapitre par un nommé Parrocin, vicaire perpétuel, mais elles devaient censive au seigneur de Veit, aux religi^'uses de Haute-Brière (2) de l'ordre de Fontevrault et même au roi. Ils en obtinrent ramortissement et les maisons départ et d'autres furent abattues. Cuk.
La ville paya jnsqa*à la Révolution une petite rente aux religieuses du couvent de Haute-Bruyère ; cette cession de droits
de censives, qui n*a pas do date certaine dans Chrestien, on est sans doute l'origine. Quant aux maisons devant et derrièr** l'église, il semble aus.si qu'on les fit disparaître pour augmenter les travaux de défenses de l'église, dont nous parierons plus tard.
§ 60. Donation faite à Notre-Dame, pour établir la Trésorerie en doyenné. — Nous avons dit ci-devant (^ue la première dignité de l'église Notn^-Dame était celle d'abbé, de laquelle le roi Philippe 4' du nom, fut le dernier, après avoir retiié icelle de l'abbaye de Sâiut-Denis. Do sorte que
(1) V. Invent, de ts*5, f* Z>.
(8} Csntoii de lf6Btfoit4*Amanry.
Y. sumI Ffûmea à» Lsniar.
cette église demeura sans chef pour la gouverner ès-choses temporelles et spirituelles, assez longtemps ; jusqu'à ce que M* Nicolas Le Poix, chanoine et trésorier de cette même église et Esltère (1) épouse du roi Philippe le Hardy, émus de dévotion, désirant remédier au désordre qui arrivait tant au service divin qu'au maniement et administration du bien temporel, ledit M* Nicolas Le Poix donna et assigna, pour créer de nouveaux chefs à icelle église, un clos de vigne contenant huit arpens ou environ, situé en le hameau de la Baste et Villette (2) proche Villiers-en-Désœuvre; plus une maison située proche ledit clos, plus un jardin contenant trois arpens ou environ , proche Guainville. Ce que le roi Philippe le Bel agréa par ses patentes données à Vincennes, au mois de janvier 1304. Et parce que les trois arpens de jardin étaient siiués dans l'apanage de la trèsrenommée reino Marie, elle en donna ses patentes à Mante le samedi d'après l'Epiphanie, 1304(3); par lesquelles elle consent qu'ils (les doyens) les tiennent paisiblement, à condition néanmoins de lui payer et à ses successeurs, tous les ans le jour de Saint-Rémi, quatorze sols parisis de cens. Cette donation fut aussi reçue par le chapitre de Mante, suivant les lettres arrêtées au chapitre, en l'an 1304, scellées d'un grand sceau de cire jaune avec la représentation de l'Annonciation de la Vierge, avec lacs de soie rouge, en forme de charte, avec cette inscription : Sigillwn capituU béate Marie de Medunta.
Selon le désir dudit donateur, on arrêta que le premier doyen qui serait créé serait pris de leur corps et que la prébende qu'il possédait comme clianoine, il en recueillerait entièrement les distributions et le gros fruit comme doyen ; consentant qu'elle fut assignée pour dot au même
(1) Erreur des ms. Ce no peut être que Marie do Brabant, comme il est dit ]>liia loin.
(2) La Basse-Villctte, Chev. I.a Baste do Villette, Chr. «< De maistre Jehan Collart por les arrérages de xxv s. p. de rente qu'il devoit à cae de sa f. sur la maison ou ilz demeurent et sur une vigne a.s88. à la Baste, LXVJ s. » Froym. d'un Rcg. de UIG.
(3) 13(fe, comme pour toutes les autres dates.
DOYBNNË DR NOTRB-OAMB 118
doyen et qu'icelluy premier doyen mort, il en serait ponrvti on autre de leur chapitre ou d^autre lieu, à cette dignité et prébende comme chose à elle propre.
Ce même M' Nicolas Le Poix, bipn qu*fl eut contribué beaucoup à cette fondation, consent et accorde que Tofflce de Trésorier qu'il possédait en ladite église f\it, avec la cure de Saint-Maclou qui était son annexe et toutes les appar* tenances et dépendances d'icelle, annexé à celle du doyen. Ët, à cause que la présentation en appartenait au roi, lo chapitre favorisant le dessein de ce chanoine, Taccepte» 8008 le bon plaisir de Sa Majesté, pour dot du même doyen. Mais il ordonna que le mémo doyen venant à vaquer, Tabbaye de Saint-Victor recevrait rannée de la prébende (1), comme elle foisait auparavant son annexion seulement, et non pas des autres [biens] qui lui ont été donnés pour la fondation, lesquels seraient cautionnés au doyen fUtur.
L*on conclut aussi que le premier et tous les autres qui seraient pourvus par Marie, reine de France, pendant son ▼hrant, et après son décès par le roi de France, seront présentés à Févéque de Chartres, qui admettra cette présentation. Ce même chapitre, en considération des bienfoits do M* Nicolas Le Poix, pour la fondation et création du doyenné, ordonna que quiconque serait doyen, paierait tous les ans 40 sols pour être distribués aux présents qui célébreront son anniversaire.
Tout ce que dessus ftit accordé entre nos chanoines de Mante, en tant qu*à eux appartenait; et supplièrent Sa Ms^esté qu*U lui plût favoriser ce saint dessein et conconfirmer tout ce que M* Nicolas Le Poix avait donné pour dot au doyenné; et que les doyens qui seraient à Tavenir puissent les tenir paisiblement, sans être contraints de les mettre hors de leurs mains. Cela Ait arrêté en leur chapitre par acte du samedi, lendemain de la fête de Saint-Luc, Tan 1903. Le roi Philippe le Bel, favorisa en tout leur requête selon leur désir par ses patentes, données à Yincennes, le samedi diaprés la Saint-Barnabé 1304. Et riUustrissime
(1) Voy«s aw Cé si^et, p«£» ISô.
CHRONIQUE DB IfAKTES
évéque de Chartres, Jean, y contribua de son autorité 6pi&copale, par sa lettre de la même année 1304, datée du veiH dredi d*aprè8 la fête de llnvention de SaintrEtienne.
Cette relation sur l'ancienne administration do l'église de Mantes est complète; il est inutile d'y revenir et d'entrer dans de nouveaux développements (1\ Cependant avant de donner la liste des doyens (jui va .suivre, nous rapj)ell( r()ns ies noms de quelqui's-uns «les dignitaires qui les ont précédés.
Albéric était abbé de Notre-Dame, vers 1074. Il est nommé dans un acte de Simon de Crépy. L'abbé Samson est nommé dans un autre acte de 1 125. Pierre do Bois>;uillaume, comme on l'a vu, était peut-être abbê vers 1140. Après lui vinrent Henri, lils de Louis le Gros, vers 1145, puis Philippe de Courtena^^, son frère, qui était encore abbé en 1150.
Après eux, nous ne connaissons plus que Philippe-Auguste, et Philippe le Bel, puisqu'il est désigné ici corarae tel.
Los réunions de chanoines séculiers étaient souvent <hins le cas de l'église de Mantes. LesSaintes Chapelles de Paris, de Vincennes et de Bourges n'avaient qu'un trésorier. Dans d*autres, comme à Saint-Cloud,ce trésorier n'était pas même chanoine (2).
Le Nècf*ologe de Notre-Dame» contient les noms de plusieurs trésoriers prédécesseurs, pensons-nous, de Nicolas Le Poix. Nous donnons leurs noms sans aucun ordre, car la date de leur mort n*est Jamais indiquée.
Obit de Raoul d*Epône, trésoiier et chanoine de cette église.
André d'Orléans prêtre, autrefois trésorier de cette égli.se.
Obit de vénérable homme dom Odard dit Boylyauee, autrefois trésorier de la chapelle du roi à Paris, chanoine de cette église. Ce Boileau est peut-être bien de la famille d*£tienne Boileau, prévôt royal de saint Louis, auquel on doit un recueil d*Ordonnances sur les métiers de Paris.
Enfin Guillaume Milloto était trésorier en 1205 (3).
(1) M. Douet d'Arcq a publié un sceau qu ou s'explique difflcUement ; le voici : S. ODONIS DBCANI S. M ARIB MBDONTENSI. Il tient à une charte
«I 1?t; ! Quel est cet Oiioii ? Serait-ce Odon de Bay«ux7 Hais alors comment expliquer cette date de l^SH ? Comment y avait-il un doyen en 1237 ?
(2) MilUn, T. II.
(1) in«. de 4S43, mUoM on MUeto ou Hnrlet.
DOYENS DE iNOTRIi-DAME
§67. Noms des chefs qui ont été en l'église Notre- Dâme de Mante, depuis qu'ils sont sous le nom de Doyen. Premier doyen. — Le même M*' Nicolas Le Poix, chanoine et trésorier de ladite église dont nous avons parlé ci-devant, fùi pris et créé pour le premier doyen de ladite église, en Tannée 1305, dont il a Joui l'espace de quatre ans. H est inhumé au dedans du chœur, sous une tomhe plate, où sur iceUe il est représenté revêtu d*une chasuble, tenant un calice en main (1). Il décéda le jour de la Toussaint, en 1909.
§ 68. Second doyen» — Après le trépas de ce premier doyen, sa Mi^esté pourvut de cette dignité. M* Nicolas Richer, qui donna à ladite église des ornements et aubes qo*il avait aciiotés des exécuteurs du testament de Monseigneur révéque d'fivreux (2).
G9. Troisième doyen. — M" Jean Lo Houcher (3) fut lo troisième doyen et successeur dudit iiicher au même oûice.
§70. Quatrième doyen. — M' Jean Dam<n fut le quatrième doyen. Il fit couvrir d'ai geiit. les livres des Epitres t l Evan- «rih's donton se sert aux chants des fêtes solennelles. Il fonda .son anniversaire de cinq sols. Il y a mémoire de lui eu 1 an 1340.
§ 71. Ginquiàme doyen, — M* Âmaury Lefebvre fut le cinquième doyen. Il succéda son devancier par permutation, n excellait à bien chanter, et pour ce, il était assidu au service divin. 11 dépensait volontiers son bien, étant fort libéral.
^ 72. Sixième doyen. — M' Eustacho de Meulan, aumônier «lu roi, fut le sijùème doyen. Il aima beaucoup ladite église.
(1) Sans mitre, ni crosse, comme te remarqne Chresticn. Il ajoute : On no
-ail ce que i^oul devenus !cs bleus de Nicolas Lo rui\. Ils ne figurent fê» Uaos la Déclaration de tSil, mata sont connus en 1116.
(2; Il y avait un ObU fonde par lui au mois de juin. .Yecr. de y.-D.
(8^ Ltbocbe, d'aprèa Cauan.
n avait dessein d'exempter notre église de la Juridiction de toutarcfaevêque et évêque, afin que les chanoines ne dépendissent que du Saint-Siège ; ce qui lui avait été assuré par le roi Charles 5% lorsque Sa Miyesté visita ladite église (1). Mais la mort Fayant prévenu, ce dessein ne Ait pas exécaté. Pour Tanniversaire qu'il fonda» il laissa soixante écus d*or, dont Alt achetés cent sols de rente.
§ 73. Septième doyen. — M' Guillaume Culdoué, homme fort curieux et qui par excellence fut appelé le bon doyen^ et fut le septième en nombre. U fit faire inventaire de tout ce qui était au trésor de ladite église, par M* Jean Bullon, chanoine d'icelle, le jour de saint Luc 1383. Il était parisien de nation, fils de M' Jean Culdoué prévôt des marchands à Paris.
Jean Cnldoé fut prévôt des marchands en 1258. Ce fut le sac-
eesseur médiat d'Etienne Marcel. Appelé aux affaires dans une époque très troublée, il a été mélo à tous les différends de Charles le Mauvais et du fils de Jean le Bon. dont il était le partisan. A ce titre, il n'est pas étranger à l'histoire de Mantes. Un autre membre de cette famille, Charles Culdoué ou Culdoé, fut aussi prévôt des marchands, en 1404.
§ 74. — Huitième doyen. — M' Marin Gasset fut le huitième doyen, homme de lecture et snccesseur dudit Culdoué.
§ 75. Neuvième doyen. — M' Jean Denet (2), neuvième doyen, successeur dudit Gasset.
g 76. Dizième doyen. — M* Pierre Geneville Ait le dixième doyen. Il fonda à Téglise son anniversaire le 13 mai.
(1) Les chanoiaes n'avaient donc pas tous les droits énumérés dans l'acte supposé, attribni'à Fliilippe-Angiutto.
^ DuMt, d'après Casim, eomma le 4« doyen.