‹ La chronique de MantesChapitre 57 sur 143 · ROGER JEHAN SIMON HUO'VE · texte numérisé non relu

ROGER JEHAN SIMON HUO'VE

dVTB PLb dtTEUPLB

GUERNlKll

Digilizeû by LiOUgle

BOUSB NOTR&DAMR

tenant son taureau d'airain, saint Georges et saint Maurice, en costumes militaires.

Le tympan est divisé en trois sônes. La première : VAmtonr

dation, la Visitation, la Naissance, le Réveil des Bergers, l'Adoration des Mages. La deuxième : la Résurrection des morts ; les f'ius à gauche sont guidés par les anges, tandis quo les réprouvés, adroite, sont poussés vers une prando gueule de monstre simulant Tenfer, et près de laquelle attendent les démons. Dans la troisième : deux groupes, l'un d*liommes l*aiitre de femmes, semblent rendre grflce à Dieu. Les figures centrales sont effacées.

Ce tympan a été copié pour la porte principale de l'église do Vomon. Les têtes et les petits détails des ornements ont été en partie détruits.

Nous ferons remarquer que ce nom de Du Temple, que nous retrouvons deux fois inscrit sous deux statues des échevins de i300, appartient à une vieille famille de Mantes qui compta parmi ses membres, en 1375, un des maîtres des œuvres do la ville 1). Devons nous voir dans l'un ou dans l'autre, l'artiste même auquel on doit cette œuvre de premier ordre ? La fréquence avec laquelle à cette époque, leslils adoptaient la profession paternelle, donne quelque probabilité à cette hypothèse hasardée.

On sait que tout ce portail fiit b&ti aux dépens de la ville. Cependant ce ne fut pas sans contestations de la part des chanoines, que le moire et les échevins purent .v mettre leurs figures. Dans cet acte, prétentieux nous en convenons, il faut voir surtout l'intention de bien préciser leurs droits sur le monument, dont Tadministration et Tentretien appartenaient en grande partie à la commune.

Jusque vers 1290, il n'y eut aucune chapelle à l'abside, ni dans les collatéraux. C'est alors que celle consacrée aujourd'hui à la Vierge, fut construite par les ordres de Marie de Brabant. Kile n'est pas dans l'axe de la nef. Les fenêtres sont divisées par un seul menceau, et le gable qui les surmonte à l'extérieur, s'arrête i la corniche en la pénétrant.

Les autres chapelles de l'abside sont d'une construction postérieure. On a vu que celle de Saint-Eutrope (§ 07) était dûe à Jeanne de France et à son mari Philippe d'Evreux, en 1320. Les

(1) V. iiandemenU de Charles n« 15:2.

antres furent construites après et saas doute par les priuces de la maison d*Bvreux.

La chapelle de Navarre, appelée ansti Chapelle Royale» ou da Rosaire, est dans Téglise de Mantes et dans lliistoire de Tart même, eomrae un monument à part. Nous ne pouvons mieux

faire que de rapporter ici le sentiment de M. Viollet-le-Duc : « On «^lova contre \o bas-côté sud du chœur une belle chapelle composée do quatre voûtes, retombant sur une pile centrale, mise en communication avec ce bas-côté par l'ouverture de deux areeanx pei:p68 entra les anciennes piles.... Cette adjonction Alt fiBtite avec adresse ; en conservant les voûtes du bas-e6té dont les arcs sont anciens, l'architecte du xiv* siècle remplaça la pile en sous-œuvre, accola les deux piles d'entrée aux piles du collatéral du xii* siècle, consei'va les anciens contreforts, et supprimant celui qui existait derrière la pile (intermédiaire), y substitua un arc aigu venant reporter le poids des constructions supérieures, sur la pile (du milieu de la chapelle). Une diarmanteareature décore l'appui des quatre grandes fenêtres, dont les menaux ollirentun dessin d*une pureté remarquable. • Avant 1792, la chapelle était fermée par une balustrade en pierre, semblable à colle qui est dans la grande saleric. Une porte s'ouvrait dans chaque arceau et donnait entrée près des autels de Saint-Louis et de Saint-Ive. Six statuettes d'environ ÔO centimètres de hauteur, ornaient le devant de cette balustrade. 'Voici la description de Chrestien, bien plus exacte que celle de Millin, qui n'a pas vu cette disposition : « On voit aussi ce Charles de Navarre et son épouse dans la balustrade de pierre à jour qui fait clôture.... Les deux qui sont aux côtés de l'une de ces portes, par en haut, représentent le roi Philippe de Navarre, sous les attributs de saint Philippe son patron, et Jeanne de France, fiUo de Louis le Hutin, son épouse. Et audessus, dans la balustrade, liarguerite d'Evreux, femme de Charlesle Bel et fille deLonis comte d*Evreux (1). Aux deux cbiés de l'autre porte, par le bas, on voit celle de ce roi, Charles de Navarre surnommé le Mauvais, la couronne en tète, et do.Ioanne de France sa femme, fille du roi Jean. Kt dans le milieu de cette balustrade, entre ces deux portes, est aussi la figure de Blanche de Navarre, 3* ferame du roi Philippe de "Valois, fille de Philippe comte d*£vroiix, roi de Navarre et sœur de Charles de Navarre.

(1) La lœsT d« PhUireo «TEneiut.

iOUSB MOTRB-OAHB

Les deux Jeanne tiennent chacune une chapelle dans leurs mains, d'où l'on doit être persuadé que ce furent elles qui firent bâtir cette chapelle du Rosaire. »

Les deta statuettes d'hommes sont perdues. Quant aux quatre itatuettes de femmes, après quatre vingt dix ans, elles Tont redevenir la propriété de lYglisc (1). Ce sont des moreeaux de sculpture du XIV» siècle, du plus haut intérêt, car elles sont traitées avec le plus grand talent, et sont peut-être les portraits de Jeanne de France, do Jeanne de Navarre, de Blanche de Navarre et de Marguerite d'Evreux.

Nons ne pensons pas que Charles le Mauvais ait fait constroire eette chapelle, où les armes de Navarre se retrouvent partout, sous le badigeon comme dans les fragments des vitraux. Ce doit être plutôt l'œuvre des femmes qui portent les petites chapelles dans leurs mains, et auxquelles, quoi qu'en disoChrestien, il est difficile d'assigner un nom certain. Cette construction, i>elon nous, est antérieure à i3ô0. Si l'on veut comparer avec attention le stjle et la manière des sculptures de cette ehapelle, avec le portail construit en 1300, on se convaincra que très peu d'années les séparent, et que ces deux œuvres int'^ressantes, s'otU de la môinc école.

Les autres chapelles des bas-côtés n'otîrent f,'uère d'intérêt architectural ; cependant les deux, premières à gauche étaient ornées extérieurement de trois dais élégants, portés par de minées colonnettes, sous lesquels étaient trois grandes statues, pent-ètre des fondateurs. Il ne reste plus que deux dais et une seule statue sans tôte.

Cependant toutes ces additions, n'avaient on quelque sortw rien ùté à l'ensemble des constructions primitives. Mais au XIV et au XV' siècle on sent le besoin d'introduire plus de lumière encore dans le vieil édifice. On donne une dimension prodigieuse en largeur, aux fenêtres des trois chapelles des bi»Hi6tés. On perce une large fenêtre à meneaux dans le haut de la nef, au droit de la chapelle de Navarre : il y a là comme un essai de Clercstorif, qui n'a pas été continué. On supprime dans le triforium, la plupart des roses ou ocuti : quatre à gauche et cinq à droite. Puis, comme conséquence, on détruit les voûtes en berceau, et on remplace cette disposition rare et

(1) Par «m tettensat IL A. Doniid, qui Im possédait, tes rsnd à leur destfoaUoaprsiaièra.

200 CHRONIQUE DE UAMTBS

int^^rossant^v. par des voûtos d'ar^'tos dont los arcs opivos sont soutPiHis par dos consoles feuillagécs ou des amortissciiK iii.s (jui sentent déjà le xv* siècle, au risque de troubler l'économie des poussées et de compromettre la solidité de Tédifice.

A Textérieur, même transformation imposée par la mode. On supprime les dalla<?es, on change le mode d*écoulenient des eaux ; on abaisse le bahut du tnur du bas-côtf'", en supprimant la corniche, et on masque le monument par d'affreux combles en charp<'U{e.

Lasacristie, dont nous n'avons pas parlé, lutbàtie en 1415. Elle est intéressante. Elle serrait autrefois, dans la salle haute, de salle de chapitre et de trésor. À l'intérieur son ornementation disparaît derrière le mobilier ou sous le badigeon.

Quant aux richesses artistiques qui remplissaient autrefois Téglise, il n'en reste plus rien, que le souvenir. Nous en avons déjà sijj^nalé quelques-unes; il sera question des autres par la suite.

Voici les différents noms des chapelles que nous avons pu retrouver, avec les dates de leur construction; les derniers noms

sont les vocables actuels :

1. Chapello de l'Abside, Saint-Pierre, et peut-être Saint-Paul et Saint-Louis, de la Vierge; après 1380.

2. 1" chapelle du chœur, à gauche; Saint-Ëutrope, Sacré- Cœur ; vers 1320.

3.2" chapelle, à la suite: Sainte-Barbe, Saintp^therine, Sainte^Anne (7), Saint-Joseph.

4. !• chapelle du chœur, à droite : Rosaire, Royale ou de Navarre, dans laquelle furent: Saint-Ive, Saint-Laurent, Saint* Louis, Rosaire; vers i'S^A).

5. 2" chapelle, à droite : Saint-Jean, Notre-Dame de Pitié ; 1412 (?}.

Page 1