INVASION ANGLAISE
quelle on tîr'taillait le vin à la pinte, et fut faite comme elle est de présent. Et pour ce faire, il coûta de gros deniers à la yille, pourle remboursement desquels lut faite levée de deniers sur tous les hôteliers et cabaretiers de ladite ville et tiUages drooiiToisiiis. Elle était plus grande que celle de Saint-Denis.
« L'Hostel-de-Ville de Mante est en possession de plus de six cens ans (lo la polico dans la ville et banlieue et de la justice criminelle de la polico. C'est à rfîôtel-dc-Villo que sont les poids et mesures ; c'est où se marque et s'étalonne (sic) toutes les mesures; c'est anx armes de la ville qu'elles se marques, et Ttfn y conserve encore pour le poids et mesures un ancien marc de cuivre gravé, de 120O et des pinte, cbopine et demy setier de fonte, gravez de la mesme année (1). » On voit que malgré son droit, la ville dut payer, pour en user librement.
Que devenait la France pendant que les bons bourgeois de Mantes consacraient des chapelles, construisaient des horloges ouréformaient leurs mesures? On a peine à prendre intérêt i de si minces événements, quand une nation pillée, ruinée, déshonorée par ses maîtres, est livrée à la plus horrible anarchie et voit ses destinées remises aux mains d'un pauvre roi insensé, instrument inconscient de princes dont le nom seul est une honte, et qui gouvernent ou plutôt préssurentet martyrisent ce peuple misérable, au gré des passions les plus désordonnées. Dédiirée jusqu'au cœur, supportant les plus effroyables dilapidations, témoins de tous les crimes, de vols, d'assassinats dont les auteurs sont des princes de la maison royale, la France devait succomber momentanément au sort que lui avaient préparé Louis d'Orléans, Philippe de Bourgogne et son fils Jean sans Peur. Le meurtre de Louis d'Orléans, la lutte des Bourguigons et des Armagnacs, dont les vrais chefs malgré ces noms princiers, étaient les bouchers Legoix et Saint-Yon, Técorcheur Caboche, Jean de Troies le chirurgien et Capeluche le bourreau, sont comme une tache de boue et de sang dans notre histoire nationale. Les sire,'} drs fleur?} de lis, débordés par leurs partisans, mirent le comble à leur boute en appelant les Anglais à leur secours.
;i) Archive*. Moyens foumU eonbrê les chargé» de JutUcê; ta dn xvu* lièGla. Feuille vol«ote.
Henri V, qui avait en lui le courage et le génie d'Edouanl III, se décida à ("'coûter de trop flatteuses propositions: le 14 août 1415 il débarquait à rcmbouchuro de la Seine. La ville (rHarfli'ur. place alors importante, fut assiégée, Charles VI était dans un de ses moments lucides ; aidé de son iils, le duc de Guyenne, il voulut tenter quelque chose pour Harfleur dont la population faisait des prodiges de valeur. Au lien d'aller à son secours, ils s'arrêtèrent à Rouen et revinrent sur leurs pas. Charles Yl resta à Mantes, tandis que le duc de Guyenne était à V'eriion, au milieu d'une petite armée inoccupée. Les gens de Harlleur envoyèrent auprès d'eux pour presser leur arrivéo : <t Le seigneur de Bacqucville et autres en sa compagnéo furent envoyez par ceux de Harfleur, qui encores estolent assiégea, par devers le roi i Mante, afin d'avoir secours et par devers monseigni ur de Guyenne, quiestoitàVernon, mais ils ne firent et gagnèrent rien ; car les gens d'armes de France n'estoiont pas assez forts pour lever le siège (1). » Ilarlleur capitula et tomba au pouvoir des Anglais. Ce fut la première étape de l'envahissement de la France.
Charles VI était demeuré à Mantes et il y apprit le sort de Harfleur qui s'était héroïquement défendu : «t Quand le roy, qui était à Mante, eut ouït la nouvelle, il en fut moult dolent. >» Il quitta Mantes seulement le 7 octobre pour aller à Vernon retrouver sou lils, et de là à Rouen, où était le maréchal de Boncicaut.
• C'était le prélude et comme la préface d'Âzincourt et de trente ans d'une occupation permanente.
Pendant ce temps, Paris livré aux mêmes horreurs, voyait " les deux factions se livrer des combats furieux pour conserver le pouvoir. Tannegui DuchAtel, l un des chefs Armagnacs, commandait la Bastille, en juin 1 il8. Il avait mandé à son secours tous les chefs Armagnacs qui rodaient autour do Paris. Quelques bourgeois écrivirent secrètement an baflli d'ilussanx et au sire de l'Ile-Adam, chefs bourguignons qui étaient en garnison à Mantes, à Vcmon, àMeulan et aux environs, de venir avec toutes leurs forces à une certaine heure de nuit qu'ils leur assignaient. Ils leur disaient qu'ils trouveraient les portes de Paris, par où ils viendraient, ouvertes devant eux (2). Ils vinrent
(r Ju vénal des Ursiiis.
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