MANTES AUX ANGLAIS
en effet et trouvèrent la porte Saint-Germain ouverte ptûc Perrinr t le Clerc. Le 4 juin, Tannegui rendit la Bastille aux Bourguignons.
La marche du roi d'Anî^'letciTc à travers la Normandie put seule exciter un sentiment plus noble dans ces masses livrées aux excès de toutes les passions politiques. La haine do l'ennemi se ranima dans le cœur des Parisiens, quand on sut que la ville de Rouen était assiégée. Quelques tentatiTes fùrent faites pour la secourir, mais elles échouèrent misérablement. Le siège commencé en juillet, se termina par une capitulation qui mit Rouen au pouvoir de HenriV, le 19 janvier 1 119. Les bords de la Seine, jusqu'à Mantes, eurent bientôt le même sort.
Le jour (111 Koiirn tinnhait aux mains anglaises, Charles VI écrivait aux habitants de Mantes pour les exhorter à lui garder la fidélité qu'ils lui devaient (1). Mais il étâit trop tard. « La première semaine de février oudit an, fut prinse Mante par les Engloys et plusieurs forteresses d*entcur, etn*estoit homme qui y meist aucun remède (2). »
§ 133. Mante priM par le roi d'Angleterre. — L'histoire nous apprend qu'aux plus fortes guerres civiles d'entre le dauphin et le duc de Bourgogne, vint d'un autre côté Henri cinq, roi d'An^^letorre. qui n'attendait que cette occasion. Lequel descendit et entra dans la Normandie avec une grosse armée, prit toute la basse Normandie jusqu'à Rouen, lequel il assiégea et prit en l'année 1419 Cî) ; ensuite tout le reste de la Normandie et une partie de rile-de-France, Mante y compris. En laquelle ville do Mante il séjourna longtemps, i)endant qu'il fut assiéger et battre la Roche-Guyon et plusieurs autres villes autour de Mante. Laquelle ville, il ût i'ortiiier et
(1) Inv, de t84S.
(t) Jùum. d'un Bourgeois de Paris.
(3) Aubé dit 1117. On trouve, dans les Lrttrrx des rnix et Rcinrs, une listo det capitaines, nomiiu-s par Honri pour commander dans ses villes de Normandie. Elle porte la date de 1417 «t on y voit figurer : Mantes, Vemon, Meulan : lo comt'! de la Marche commandait à Mantes, sir W illiam Porter à Vemon et John Fastolf à Meulan. Mantes et Vernon ne lurent prises cependant qu'en 1419| mais le due de Rourgo^ne, qui était d^à l'allié secret de Henri V. n'empara dés 1417 de Manies, Poissy et Vemon. « Ht partout, dit JuTénai des Urains, les nobles et spécialement les riches, estoicnt piliez, dérobes ourançoaiMS «t ancuns jdU dehors.» V. snasi Chronique de la pucette.
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y mit forte garnison et en cet état garda ladite ville l'espaee de 32 ans en son obéissance et y établit un bàilly et gouverneur anglais.
Mantes capitula le 5 février 1419, mais elle ne fut rendue au roi Henri que le 3 mars suivant il). Ce que le chroniqueur niantais ne dit pas, c'v>t que Mantes ne se rendit pas sans coup férir. Il semble, au contraire, qu'elle se défendit vaillamment, et qa*eUe n'ouvrit ses portes qu'après l'épuisement de ses forces et quand tout espoir de secours lui manqua. « Après la prinse de Rouen, se rendirent au roy d*Engleterre, les villes et forteresses de Mantes et de Yemon« par défaut de vitres. Et ce venoit par les divisions et guerres qui si longuement avoient duré et régné en France (2) ». C'est ce qui explique li s dates différentes de la capitulation et de la reddition de la ville.
Ce pauvre pays, tourmenté par la guerre civile, n'acceptait pas volontiers le joug du vainqueur. Henri Vcherclûîtpar d'habiles moyens à se faire des partisans ; il n'y parvint pas sans de longs efforts. <' Il eut de plus, dit Juvénai des Ursins, Mantes et Vernon, qui se rendirent en son obeyssance : peu do nobles s'y mirent; un nommé Guy le IJoutcilliT .3) luy fît le serment. Il y avoit une jeune dame, lille du sd^^neur de la Rivière, vefve de feumessire Guy, seigneur de la Rocheguyon, lequel mourut en la bataille d'Azincourt: elle avoit deux beaux fils et une ftlle dudit seigneur : laquelle estoit dedans le chastel de la Rocheguyon, bien garnie de biens meubles, autant que dame de ce royaume : et si avoit, t;int a cause d'elle que de ses enfants, plusieurs belles tt'vres et seigneuries, devers laquelle le roy d'Angleterre envoya (de Mantes?) luy faire sçavoir que si elle vouloit faire le serment pour elle et ses enfans, qui estoient Jeunes, qu'il estoit content que ses meubles, terres, seigneuries luy demeurassent et i sesdits enfans : sinon il auroit la place et tous ses biens. Laquelle, meuë d'un noble courage, aima mieux perdre tout, et s'en aller desnuée de tous bims et ses enfans, que de se mettre, ny ses enfans ès mains des anciens ennemis de ce royaume, et délaisser son souverain seigneur. » On aime à trouver de tels exemples d'héroïsme, au milieu d'une époque si avilie. Guy
(1) 7n«. de 1948.
(8) Cl'voji. (iiKin'jme.
(3) C'était uii traiu^ qui avait aidé à la défait* de« Rouennaia.
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