‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 102 sur 117 · EN SE · texte numérisé non relu

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Guérech, lequel pleignànt grandement sa destrueion despensoit en la réédifficacion d'elle toutes les choses qu'il povoit avoir et lever de l'évesché, et tant que icelle destruitte dempuix le superfice jucques au fundement, réforma du tout en tout et y restitua maintes autres choses qui jusques au jour de huy y appairent. Et après l'accomplissement de ces choses et de pluseurs autres s'en alla le comte Guérech à la court du roy Lotaire de France. Et, comme il en retournast par le païsd'Angeou, Geoffroy Grisgonelle, comte d'Angiers, qui en toutes manières contre

XLII. — a) pluraque etc. usque ad restituit desunt A ; addenda et sic restituenda esse videntur ex F.

1. Le chevet de la cathédrale de Nantes, reconstruit par Guérech, n'existe plus qu'en partie. Il avait été édifié au dessus d'une crypte que des fouilles récentes ont mise au jour. Cette crypte, dont le plan reproduit celui de 1 église supérieure aujourd'hui disparue, est un curieux spécimen de l'architecture religieuse à la fin du xe siècle. Elle offre un des plus anciens exemples de déambulatoire entourant l'abside d'une grande basilique.

2. Le roi Lothaire mourut le 2 mars 986. C'est pour prêter hommage au roi que Guérech dut faire ce voyage à la cour : la date du récit qui va suivre est donc de 983 environ (voir la note suivante).

3. Geoffroi Grisegonelle, comte d'Angers de 960 à 987. Comme en témoigne la suite de ce récit, c'est certainement, afin de se soustraire à la suzeraineté du comte d Angers, que Guérech voulut prêter directement hommage au roi de France pour le comté de Nantes. Quelques années plus tard, le comte de Rennes, Geoffroi-Bérenger, désireux d affirmer son indépendance vis-à-vis du comte de Chartres, vint de même à Paris se reconnaître vassal du roi Robert. Cf. R. Merlet, Origines du monastère de Saint- Magloire de Paris, Bibl. de V École des Chartes , t. LV1, 1895.

122 CHR0NIC03S [c. xlii, an. 981-987 circa]

Fulco Ruffus1 cornes tenuerat, lui avoit tendu ses espies, le

ab illopriusreciperet, timens ne unquam de captione illa evadere posset, fecit sicut ille Gosfridus postulavit. Sicque Guérech, per Medalgicum pagum rediens, Rainaldum, cognomine Turringum2, ibi ursos, apros et cervos cum canibus insequentem, reperit, acillum captum usque ad urbem Namneticam secum adduxit. Calumniansque illi, sui juris saltus invadenti, promisit jurejurando nuirquam illum a captione sua evasurum, nisi sibi fidem faceret ut non amplius, sine licentia ejus, in saltus totos Medalgici pagi pro venatione capienda intraret. Rainaldus hoc audiens cum eo taie pactum fecit ut de omni venatione, quam in illis saltibus capereposset, cornes Guérech medietatem haberet. Sicque inter eos hoc pacto, Rainal-

print sans ce qu'il s'en clonnast garde, et l'en emmena en la cité de Àngiers, lui certifiant qu'il ne povoit issir de ses mains, si tout premièrement il ne lui rendoit la cité de Nantes et celle partie de Bretaigne que Fulco le Roux, son père, avoit tenue et possidée. Si fut Guérech grandement triste et doloreux, quand il entendit ainsi parler ledit Geffroy, comte de Angiers, et, creignantquejamais il ne peust eschapper de la prison, fist serment de accomplir ce que Geffroy lui requéroit. Et ainsi fut délivré le comte Guérech, lequel en s'en retournant par le païs de Médalgie, trouva illecques Reinaldus, seurnommé Turignum, ensuivant avecques ses chiens les ours, les sengliers et les cerflfs. Si le print Guérech et l'amena jucques à

1. C'est Foulques le Bon, père de GeofTroi Grisegonelle, qui fut, pendant quelques années, suzerain d une partie de la Bretagne et du comté de Nantes (voir plus haut, ch. XXXY1I). Foulques le Roux, grand-père du même GeofTroi, n'eut jamais aucun droit sur la Bretagne ni sur Nantes.

2. Renaud Torench est connu par plusieurs chartes des cartulaires de Saint-Florent de Saumur et de Saint-Maurice d'Angers. Il était père de Renaud, qui fut évêque d'Angers de 974 à 1005. Renaud Torench mourut luimême avant son fils. Cf. Marchegay, Archives d'Anjou, I, 282 ; Mabille, Introduction aux chroniques des comtes d'Anjou, p. lxxvi, note 1, lxxix et LXXX.

[c. XLii, an. 981-987 circa] NAMNETENSE

dus ad domum suam liber rediit. Postea vero, ad ejus curiam veniens, petivit ut apud Castrum Celsum1 domum sibi propter commoditatem Ligeris ad hospitandum facere concederet. Qui vero, ei minime credens, omnino illa denegavit : ac tamen post mortem Fulconis filii, Gosfridi Grisonellae 2? concessionem eam firmam et omni praesidio munitam perfecit à.

Eo autem tempore quo cornes Guerech curiam régis Lothariib expetiit, uxor ejus Arem-

burgis castrum Ancenisii4 composuit, habens secum Alanum, filium suum, Puerums advocatum, quod, dum vixit, in dominicatu suo retinuit. Guerech vero, a régis curia rêver sus, acrius et fortins comitem Conaniim Redonensem quam antea cousue-

la cité de Nantes, et, en débatant le droit de son boays, promist Guerech audit Reinaldus par serment que jamais iln'eschapperoitde sa prison, s'il ne lui faisoit foy que nullement sans sa licence il n'entreroit en touz les boais de Médalgie pour prendre venaisons. Pour quoy Reinaldus fist avecques lui tel convenant, c'est assavoir que de toute la venaison qu'il pourroit prendre en iceulx boais, le comte Guérech en auroit la moitié. Et ce marchié ainsi fait entre eux, Reinaldus s'en retourna franc à sa maison.

Et dempuix retourna à la court du comte Guérech auquel il demanda qu'il lui ottriast licence de faire une maison h Chastoceaux pour soy herberger pour le proffit de Laire : mais certainement

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