‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 15 sur 117 · Voir plus loin, p · texte numérisé non relu

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xxx INTRODUCTION

Si maintenant Ton se reporte au texte du chapitre xix, on s'aperçoit que Fauteur y formule les mêmes griefs en employant parfois les mêmes expressions: Nec mirum, quia, in illis Britannis nullus cultiis religionis, nullus timor christianitatis, nullus amor perfectae dilectionis videtur haheri : nec leges custodiunt, nec praeceptis obediunt, nec ullis decrctis intendant1 .

Les pères du concile de Soissons poursuivent leur réquisitoire en reprochant aux Bretons d'avoir envahi l'évêché de Nantes: Neque ullo pacto a coepto pravitatis suae repressi sunt itinere. Hinc fit quod hactenus parochiam Namnetieam a muro ejusdem urhis praesignato fratri nostro Actardo subreptam haheant: sed et res omnes ejusdem sedis ohstinata pervasione detineant.

Ce passage est ainsi paraphrasé au chapitre xix : Et in malitia sua persistentes, jus Turonicae metropolis violentia sua excissum, disruptum, atque parochiam Namnetieam cum sede Quiriacae aulaeusque modo retinuerunt, nunquam inde poenitentiam agentes. L'auteur a poussé l'imitation jusqu'à substituer à hactenus les mots usque modo, créant ainsi une confusion, puisque ce qui était vrai, en 866, pouvait ne plus l'être à l'époque où il écrivait. Il reconnaît d'ailleurs implicitement s'être inspiré de la lettre du concile de Soissons; car il ajoute: His itaque calumniis, sicut superius narratur, satis peractis et ad nullum finem protractis. Il ne s'est pas contenté cependantde reproduire contre les Bretons ces reproches déjà sévères; il leur a adressé de sa propre initiative un certain nombre d'injures bien plus violentes et il termine la série de ses invectives en les traitant d'hommes diaboliques, sicque illi diabolici viri, etc. Mais ici le doute n'est plus possible. Nous sommes en présence d'une phrase écrite par celuilà même, qui, vers le milieu du xie siècle, rédigea la Chronique de Nantes tout entière. C'est, en effet, avec une fréquence significative, que reviennent dans son récit, depuis le commencement jusqu'à la fin, les mots Me diabolicus vir, illi viri diabolici, expressions caractéristiques, dont il se sert pour désigner des hommes plus ou moins dépravés2.

Force est donc d'admettre qu'aux environs de l'an 1050 les Nantais, ou du moins une certaine classe de Nantais, professaient

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