MIRACLES DE L'ÉGLISE DE NANTES
I. — Ravages exercés par la flotte normande sur les cotes occidentales de la Gaule, dans les premiers temps du règne de Lothaire, fils de Louis d'Outremer. Invasion de cette flotte dans la Loire ; prise de Nantes ; captivité de l'évêque Gautier. Récit relatif à un habitant de la ville de Nantes échappé par miracle aux poursuites des Normands. Les pirates se retirent jusqu'à Guérande emmenant avec eux leurs prisonniers (960), pp. 143-145.
II. Peu de temps après, les mêmes Normands reviennent à Nantes; comme ils se disposaient à piller l'église de Saint-Donatien et Saint-Rogatien, ils sont tout d'un coup frappés de cécité. Guéris par miracle, ils se sauvent épouvantés et plus jamais on ne les revit à Nantes (960), pp. 145-146.
III. — Miracle arrivé dans le cimetière de Saint-Cyr de Nantes (xe ou xie siècle), pp. 146-147.
IV. — Autre miracle, survenu à Nantes le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, sous le gouvernement du comte Judicaël (1000 environ), pp. 147-148.
CHROMCON NAMNETENSE
Sciendum est1 quod altaria marmorea in ecclesia Namnetensi Félix2 episcopus talia constituit qualia usque Romani non invenitur. Columnas fecit plurimas eu m capitellis, exvario marmore sculptas, ad arcus sustinendos, et in utrisque parietibus muséum miro opère fabricatum, et in arcubus gipseos flores variis coloribus distinctos, et ante altaria coronas aureas cum phialis argenteis. In medio vero ecclesiae statuit columnam marmoream sustinentem crucifixum aureum,
[Et, jasoit que ledit Fortunat de la qualité de la devant dicte église de Nantes et de sa beaulté et mesmes à la loenge d'icelui débonnaire Félix maintes choses a descriptes, toutesfois en teut-il aucunes dignes de mémoire que dempuix autres acteurs recuillirent, ainsi comme ès anxiennes croniques d'elle est trouvé.]
Les aultiers marbrins en celle église constitua ledit Félix, évesque, telx et si sumptueux que jucques à Rome n'estoient trouvez les
1. Le chroniqueur de Saint-Brieuc, qui, seul avec Le Baud, nous a conservé ce premier chapitre de la Chronique de Nantes, fait suivre J s mots sciendum est du mot enim. Ce qui semhle prouver que ce premier chapitre était précédé d'une ou de plusieurs phrases dont le texte est perdu.
2. Félix, évêque de Nantes de 549 à 582. Cf. abhé Duchesne, Les anciens catalogues êpiscopaux de la province de Tours, p. 72.
2 CIIR0N1C0N [c. i, an. 570 circa]
habentem lumbare pretiosis semblables. Pluseurs col-
lapidibus intextum, cum catena argentea sursum a trabe ligata, et omne pavimentum ex vario marmore mirabiliter factum, vasa quoque aurea et a r g e n t e a e t m a g n a m o r n a m e n torum copiam. Carbunculus etiama erat ibi positus supra columnam marmoream, adlatus Alexandria, qui nocte illumina bat ecclesiam \ Sicque de talibus et de aliis pluribus, quae non sunt hic scripta, ecclesia Namnetica super omnes ecclesias Britanniae et totius Galliae exaltata fuit. Pridie Kalendas octobris fuit dedicata a praelatis subsequentibus, videlicet ab Eufronio, metropolitano Turonensi2, Domnolo Cenomannensi 3, Domitiano Andegavensi4, Fortunato Pic-
lompnes y fist avecques chappiteaux de divers marbres entaillez à soustenir les arcs, et es voultes fleurs plastrines de diverses coleurs ; et davant l'autier mist coronnes dorées avecques maintes fialles argentées. Ou milieu de l'église establit une collumpne de marbre soustenant ung crucifis d'argent, qui avoit le lumbare doré et de précieuses pierres couvert et tenoit au hault es trefs de l'église avecques une chayne d'argent, et fist tout le pavement de différent marbre merveilleusement ouvrer ; les riches vesseaux d'or et d'argent et grant habundance de ournemens précieux à laditte église donna. Une escarboucle aussi v estoit assise sus une col-