XXI. ABBE F. — a) deest B
[Et rapportent les Chronicques de l'église de Nantes qu'Japrès que Salomon, roy de Bretagne, fut occis par ses Bretons, les clessusdits Norvégiens oyants sa mort, commencèrent à retourner par le fleuve de Loire jusques à la cité de Nantes, dégastants toutes choses. Pour la crainte desquels Landranus, qui avoit
1. Ce chapitre xxi est conçu en ternies différents dans l'édition de dom Lobineau. Le véritable texte est celui qui est fourni par le manuscrit de la Chartreuse du Val -Dieu (#), texte que la Chronique de Saint-Brieuc (A) reproduit mot à mot et que Le Baud (E et F) traduit presque littéralement.
2. Salomon fut assassiné par son gendre Pascwiten, comte de Vannes, et par Gurvand, comte de Rennes, le 25 juin 874 (A. de la Borderie, Méin. cité, Bibl. de l'Ecole des Chartes, XXV, p. 399).
3. Cette nouvelle invasion des Normands dans la Loire date de l'année 886. D'une part, en effet, Rai non était alors évêque d'Angers ; or, ce prélat fut consacré en 880: il en résulte que le roi Charles, dont il est ici question, ne peut être que Charles le Gros, qui devint roi en Gaule en 885 et mourut le 4 2 janvier 888. D'autre part, on sait qu'Hasting, chef des Normands établis sur la Loire, signa en 882 une trêve de quatre ans avec les Francs et fit reprendre la mer à ses compagnons (Annales de Saint-Vaast et Annales Bertiniennes, à l'année 882, et Dudon de Saint-Quentin, édition J. Lair, p. 136 et 137). Le renouvellement des hostilités sur les bords de la Loire est donc au plus tôt de 886. Mabille a prouvé de son coté que cette invasion des Normands est postérieure au 13 décembre 885 et antérieure au mois de juin 887 (Invasions normandes dans la Loire, Bibl. de l'Ec. des Chartes, XXX, p. 184, note 2, et 186, note 3). En résumé, on peut considérer comme à peu près certain que la fuite de Landran de Nantes à Angers date de Tété 886 (cf. plus loin, l'expression aestivis temporibus , qui paraît avoir été empruntée à un diplôme de Charles le Gros).
4. L'empereur Charles le Gros fut choisi comme roi par les Francs peu de temps après la mort du roi Carloman, arrivée le 6 décembre 884. Charles le Gros séjourna en France pendant l'été et l'automne de l'année 886. C'est alors que Landran dut avoir recours à lui.
[c. xxi, an. 874-889] NAM?
petivit ut aliquis locus sibi daretur, ubi pro illorum diabolorum feritate aestivis temporibus tutus quiescere posset. Qui in urbe Andegavinab dédit ei refugium et de regalibus proprietatibus, quas ibi habebat, sibi et clericis suis jussit clari stipendia, ibique honorifice0 cum domno Rainone, Andegavensiepiscopo1, permancns, exspectavit, douée AI a nu s Magnus Britanniae dux factus est2. Quo facto, minime Normanni temporibus suis ausi fuerunt intrare Ligerim3. Cujus curiam Landramnus repetens, que-
esté ordonné évesque de ladite cité de Nantes, s'enfuit à refuge au roy Charles de France, qui luy donna lieu et mansion en la cité d'Angers, et commanda que ses despenz luy fussent administrez, et aussi à ses clercs, des propriétez royalles qu'il avoit en ladite cité. [Et dit Facteur des Chronicques de l'église de Nantes que] l'évesque Landranus, qui s'en estoit fuy pour les péans, attendit à Angers avecques Caynon, évesque de celle cité, jusqnes à ce qu'Allain le Grand fut fait duc de Bre-