XXXIII. AEF
1. L'Ironne se jette dans le Layon à Saint-Lambert-du-Lattay, Maine-et- Loire, arr. Angers, canton de Thouarcé. — Le Layon et l'Ironne formaient la limite orientale du pays de Mange, qu'ils séparaient de l'Anjou.
2. Petraficta, Pierrefitte, Deux-Sèvres, arr. Bressuire, canton de Saint- Varent; Ciriacum, Chiré, Deux-Sèvres, commune de Saint-Varent ; flumen Ledii, le Lay, qui se jette dans l'Océan et servait de frontière aux pays d'Herbauge et de Poitou.
3. La date de ce traité entre Alain Barbetorte et Guillaume Tête d'Etoupes doit être l'année 941 ou 942. On a une preuve de l'alliance, qui existait entre ces deux seigneurs en 942, dans le voyage simultané qu'ils firent auprès du roi pour l'assurer de leur fidélité : Willelmus Pictavensis et Brittones cum suis principibus adregem venerunt (Flodoard, Annales, ad ann. 942; cf. Richer, II, 28).
4. Le récit, contenu dans ce chapitre, a un caractère légendaire très accentué : on y remarque des faits erronés et confus, mêlés à des événements, qui ont l'apparence de la réalité. En 978, l'empereur Otton II, en guerre contre le roi Lothaire, fit le siège de Paris et en fut repoussé par les Francs. Pendant ce siège, il y eut un combat singulier entre l'un des seigneurs enfermés dans Paris et un guerrier allemand de l'armée d'Otton (cf. Lot, Les derniers Carolingiens, p. 101, note 1). Ce combat, qui frappa vivement l'imagination populaire, est certainement l'origine de la légende rapportée ici par le chroniqueur de Nantes. Mais alors, Alain Barbetorte était mort. Le siège de Paris, auquel il prit part, ne peut être que celui de 946. A cette date, Louis d'Outremer appela à son aide tous ses vassaux ainsi que le roi Otton Ier, afin de se venger des Normands et du duc de France, Hugues le Grand. L'armée des deux rois assiégea Paris et dévasta les environs (cf. Richer, II, 56-58). Il est hors de doute qu'Alain Barbetorte vint au secours
nio imperatori calumniam imponens de Lotharii regno, bella cum eo magna habere voluit. Adversus quem Othonius imperator, magnum moyens exercitum, venit usque urbem Parisius ad eam capiendam.UnderexLudovicus, valde iratus et adventum im~ peratoris timens, manda vit suis commilitibus ac omnibus fidelibus, et etiam iilustri principi Alano, duci Britanniae, eognomento Barbatorta, jam satis fama probitatis ejus etfortitudine audita1, verbis amicabilibus scripsit, ut omnes sibi potenti virtute subvenirent. Quum autem omnes a d p r a e f a t a m u r b e m d e f e n d e n dam congregati fuerunt, fuit unus ex Saxonibus, vir potentissimus, corpore validus, ex parte Othonis imperatoris, fratris a reginae 2, quae erat
ICON [c. xxxm, an. 946]
roy Loys transmarin imposa calumpnie à l'empereur Othon d u royaume Lothaire qu'on nomme Lorraine, et luy voulut faire guerre. A l'eneontre duquel ledit Othon empereur meut grand exercite, et vint jusques à la cité de Paris à la prendre. [Et dit après ledit acteur des chronicques de Nantes que] le roy Loys, pour résister à l'empereur Othon, manda tous ses comtes et ses féaux, et aussi Allain, duc de Bretagne, surnommé Barbetorte, dont il avoit jà assez oye la renommée, la proesse et la force, et les pria qu'ils luy allassent aider avecques leurs puissances. Et, quand ils furent tous assemblez à cleffendre la dessusdite cité, fut [selon ledit acteur] un des Saxons très puissant, homme