‹ La chronique de Nantes (570 environ-1049)Chapitre 93 sur 117 · XXXIII. — a. frater A ; Legendum esse fratris videtur ex E · texte numérisé non relu

XXXIII. — a. frater A ; Legendum esse fratris videtur ex E

de son suzerain; mais le rôle qu'il joua dans cette campagne n'est pas connu. Quant aux faveurs qu'il obtint alors du roi, ainsi que son alliance avec Thibaut le Tricheur et les événements qui en furent la conséquence, ce sont des faits qui rentrent dans le domaine de l'histoire.

1. Louis d'Outremer connaissait Alain Barbetorte autrement que par la renommée de ses exploits. Ils avaient vécu cinq ans ensemble à la cour d'Adelstan, roi d'Angleterre. Cette vie en commun sur la terre d'exil explique mieux que toute autre raison les bons rapports qui existèrent toujours entre le duc des Bretons et le roi des Francs.

2. Gerberge, femme de Louis d Outremer, était la sœur du roi de Germanie, Otton Ier.

[ç. xxxiii, an. 946] NAMS

uxor illius Ludovici régis, qui omni die comités et proceres Franciae solus provocabat, ut meliorem et fortiorem ex eis eligerent, quicum eopugnans defenderet melius et justius regnum Francorum Ludovico pertinere quam Othoni imperatori. Quo audito, omnes proceres et comités Franciae perspicientes staturam Saxonis et masfiiitudinem, nullam inde audaciam accipere praesumpserunt. Alan us vero, Britonum dux, pluribus diebus exspectans, ut aliquis ex tantis nobilibus, ibidem congregatis et existentibus, contra Saxonem ad jus regium defendendum exiret, magnam incle verecundiam habuit1. Quaclam autem die, dum ille furibundus Saxo, solus in prato consistens, omnibus Francis

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vaillant de corps, de la part de l'empereur Othon, frère de la roine, femme du roy Loys, qui chacun jour appelloit les comtes et les barons de France qu'ils esleussent le meilleur d'eux h combattre contre luy et deffendre que le royaume de France mieux et plus justement appartenist au roy Loys qu'à Othon. Laquelle chose oye par tous les comtes et barons françois, regardans sa stature et sa grandeur, ne présumèrent prendre aucune audace de ce faire. Mais, quand Allain le Breton eut attendu plusieurs jours, et eut cogneu que nul de tant de nobles hommes ne issoit contre luy à defFendre le droict royal, il fut tout honteux. Et un jour, comme celuy furieux Saxon demourast tout seul en la prée,

1.* M. F. Lot, dans un très intéressant article, intitule Geoffroi Grisegonelie dans V épopée (Romania, XIX, 377-393), a montré qu'au xic siècle on récitait dans l'ouest de la France des poèmes épiques, célébrant la part qu'avait prise le comte d'Anjou dans la lutte du roi Lothaire contre les Allemands en 978. Ces poèmes relataient entre autres épisodes le combat singulier de Geoffroi et d'un Danois sous les murs de Paris. Les circonstances du récit, analysé par M. Lot, offrent la plus grande analogie avec la narration du chroniqueur de Nantes. On peut en conclure que les Angevins attribuaient à leur comte Geoffroi l'honneur d'une victoire que les Bretons reportaient à leur duc Alain Barbetorte. Cette substitution d'un personnage à un autre s'observe fréquemment dans les chansons de geste. — Le récit de la Chronique de Nantes n'a pas été utilisé par M. Lot, qui, mieux que personne, en aurait su tirer parti.

100 CHRONICON [c. xxxiir, an. 9i6]

opprobria magna et convitia reprouchant les François ,

exprobraret, Alanus, hoc videns, armis latenter acceptis et equo paratob, fecit naviculam per fluvium Secanae ascendere longe ab urbe, ne iter demonstretur, et sic fluvium pertransivit1. Equitansque per pratum adversus Saxonem, pugnavit cum eo et caput ejusdem Saxonis, videntibus cunctis Francis et Saxonibus atque Teutonicis, amputavit. Quod autem ille dependens sellae suae corriges ligatum, venit ad ripam fluminis, ubi parva navis sibi parata erat, in qua iterum ascendens, navigando ad praefatam urbem portum

Àllain print secrètement ses armes, et fist appareiller son cheval, puis se fist monter par un petit navire sur le fleuve de Seine, loing de la cité, afin que sa voye ne fust cognûe : et ainsi le passa, et chevauchant par la prée contre le Saxon, combatit contre luy, véants tous les François, les Saxons et les Theutoniciens, et lui couppa le chef, lequel il pendit à sa celle, lié avecques des courroyes, et retourna à la rive du fleuve, où la nef luy estoit appareillée, en laquelle il entra derechef, et nageant vint prendre port à ladite cité. A

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