XXXIII. — b. percito A ; parato legendum est ex E
1. Dans le récit relatif à Geoffroi Grisegonelle, le comte d'Anjou, avant de traverser la Seine, pour aller combattre son antagoniste, passe la nuit dans la maison d'un meunier, qui le lendemain lui fournit une barque pour franchir le fleuve (Lot, livre cité, p. 378). Cette partie de la légende me semble avoir pour origine une tradition qui avait déjà cours à la fin du x° siècle. Richer (1. II, c. 57) raconte que, lors du siège de Paris par le roi Otton Ier en 946, le duc Hugues le Grand avait donné l'ordre de ne laisser aucune barque sur la Seine, pour empêcher l'armée ennemie de traverser le fleuve. Plusieurs soldats d'Otton parvinrent néanmoins à passer de l'autre côté de l'eau, et, s'étant mis à la recherche des barques, ils arrivèrent chez un meunier, qui leur donna l'hospitalité pendant la journée et une partie de la nuit, et leur fournit enfin le moyen de s'emparer d'un grand nombre de bateaux et de les transporter sur l'autre rive. Tous ces éléments légendaires ont donc leurs sources dans divers épisodes, peut-être réels, des deux sièges de Paris par les Allemands en 946 et en 978. Malgré les trente années qui les séparaient l'une de l'autre, les invasions d'Otton Ier et d'Otton II, notables chacune par l'apparition soudaine des Allemands et des Saxons en France et par un siège infructueux devant Paris, ne devaient pas tarder à se fondre l une avec l'autre dans la tradition.
[c. xxxiv, an. 946] NAMN
accepit ; exilientesque omnes de civitate nobiles et ignobles contra eu m, glorificaverunt Deum, qui superbos humiliât et exaltât humiles.
Alanus, superbo hoste devicto, victor gloriosus factus, ostendit régi Ludovico caput inimici sui amputatum. Quo facto, Othonius imperator valde perterritus in patriam suam cum suo exercitu rediit tristis. Sicque urbs Parisiorum ab infestatione inimicorum suorum per manum Alani liberata remansit.
Tencontre duquel saillirent tous ceux de celle cité de Paris, nobles et non nobles, glorifians Nostre Seigneur, qui humilie les orgueilleux et exauce les humbles. Et quant Allain eut ainsi vaincu son orgueilleux ennemy, il s'en alla glorieux victeur, et exaucé sur tous les habitans de France au royLoys, et luy en montra ledit chef tranché.
Après laquelle chose l'empereur s'en retourna en son païs; et ainsi fut la cité de Paris délivrée de l'infestation de ses ennemis par la main d' Allain le Breton [E, p. 134 etl35).
Regina vero, deplangens valde fratris sui opprobriuma, paravit Alanum ducem occidere furtive aut potionibus aut aliis insidiis. Quo audito , Alanus commeatum a rege requirens, deprecatus est eum, ut quicumque servus vel collibertus Britan-
[Et dient après les chronicques de Nantes que] la roine Gerberge , plaignant grandement la honte de son frère Othon, voulut faire occire Allain furtivement par poison ou par autres surprises. Pour quoy Allain, qui l'entendit, se partant du roy
XXXIV. A D E F. — a) mortem A ; corrigendum esse opprobrium pulo ex E.
ni a m, causa manendi ibi, petierit, liber ab omni servitute concessione sua omni tempore permaneret. Namque, timens semper ne iterum Normanni ad eam devastandam redirent, volebat patriam populare ut melius se a barbaris posset defendere *.
Ac etiam addidit ne amplius ad curiam ejus invitaretur, quandiu regina viveret. Cui rex gratiose eoncedens omnia, sicut ipse postulaverat, dédit ei licentiam ut ad suam regionem cum gratiarum actione rediret. His itaque pactis, a curia discessit Alanus duxb, habens Theobaldum, comitem Blesensem2, ductorem, qui in ipso itinere conventionem cum eo de sorore sua faciens, deduxit eum usque ad castrum Blesii ; manensque ibi tribus diebus
[c. xxxiv, an. 946]
Loys luy pria que si aucun serf ou affranchy de son royaume vendit en Bretagne pour y résider, il y peust demourer franc de toute servitude sans qu'il le vendicast :
car il craignoit tousjours que les Normands retournassent a la dégaster et la vouloit revestir, afin que, quand elle seroit habitée, elle se clefFendist d'eux. Si luy concéda le roy Loys lesdites choses, et luy donna licence aveeques action de grâces qu'il s'en retournastà sa région. Adonc se départit Allain, qui eut conducteur en son chemin Thibauld le comte de Blois.
Lequel Thibaud fit convention aveeques Allain du mariage de sa sœur, et la mena au chasteau de Blois, où Allain demoura par trois jours etl'espousa. Puis s'en retour-
sunt D.
b) Regina vero deplangens etc. usque ad Alanus dux de-
1. M. de la Borderie a montre que cette suppression du servage en Bretagne avait un fondement historique. Une étude attentive des actes du Cartulaire de Redon et des autres archives monastiques l'a conduit à reconnaître qu'il y avait au ixc siècle des serfs en Bretagne, tandis que toutes les chartes des xi°, xne et xnie siècles attestent l'abolition du servage en cette province. C'est donc, suivant tonte vraisemblance, au règne d'Alain Barbetorte que remonte l'origine de cette abolition (La Bretagne aux grands siècles du Moyen-Age, Rennes, 1892, in-12, p. 22-23).
2. Thibaut le. Tricheur, comte de Blois, de Chartres et de Chàteaudun, de 925 environ à 975.
[c. xxxv, an. 960 cïrca] NAMNL
afficlavit eam1. Qnam vero secum tune adducens usque ad nrbem Namneticam, comitibus et mathibernis suis mandavit ut ad ejus nuptias omnes convenirent ; quibus congregatis, eas eu m magna laetitîa et exaltationis gloria octo diebus Namnetis celebravit. Postea vero quilibet eorum ad propria rediit0.